Lithium en territoire cri: une mine qui divise et ravive de vieilles blessures

Publié le 05/02/2023 à 10:30

Lithium en territoire cri: une mine qui divise et ravive de vieilles blessures

Publié le 05/02/2023 à 10:30

Par La Presse Canadienne

Site de la mine Wabouchi

Un outil de développement économique  

La mine cause beaucoup d’inquiétude chez une part importante de la population, mais elle suscite également l’espoir chez ceux qui y voient un outil important de développement économique. 

Lors de l’audience de mars 2015, l’ancien chef Matthew Wapachee avait d’ailleurs présenté une pétition qui comportait une centaine de signatures en faveur du projet. 

À la même époque, le grand chef du Grand Conseil des Cris, la plus haute instance crie, avait louangé les promoteurs de la mine: «Nemaska Lithium mérite des éloges pour avoir reconnu la nécessité que ce partenariat soit fondé sur la confiance mutuelle, la protection de l'environnement ainsi que le respect des droits des Cris et de leur mode de vie traditionnel, et doit être saluée pour avoir pris les mesures requises en ce sens», avait écrit Matthew Coon Come dans un communiqué de presse. 

 

Des bénéfices économiques 

Si certains membres de la population de Nemaska jugent ne pas avoir été suffisamment consultés par rapport au projet de mine, la porte-parole du Conseil de bande, Laurence Gagnon, soutient que «la communauté fut consultée durant les assemblées générales annuelles en 2011, 2012, 2013, 2014», notamment. 

Dans une entrevue avec La Presse Canadienne, elle indique que la raison pour laquelle le conseil de bande de Nemaska a accepté ce projet, «c'est à 100% pour les bénéfices économiques». 

La porte-parole précise qu’il est prévu que la communauté reçoive des redevances chaque année : « on parle de plusieurs millions de dollars sur 30 ans pour la communauté ». 

Cette somme « retourne à nos citoyens pour avoir de meilleures infrastructures, de meilleurs services ». 

Laurence Gagnon s’occupe des communications pour le conseil de bande, mais aussi pour le chef actuel Clarence Jolly. 

Ce dernier faisait partie des élus qui, en 2014, ont voté en faveur de la ratification de l’entente avec la mine. 

Sur une période de plusieurs mois, La Presse Canadienne a mainte fois tenté de s’entretenir avec lui pour discuter des impacts de la mine et de son acceptation sociale, mais il a décliné toutes les demandes. 

Lors de la dernière demande, Laurence Gagnon a justifié le refus du chef en expliquant que la mine de lithium était « un sujet délicat », qu’il préférait «ne pas aborder en période électorale ». 

Étonnamment, le chef a proposé de répondre aux questions de La Presse Canadienne après les élections de la communauté, qui auront lieu au mois de février. 

 

Le journaliste Stéphane Blais a été soutenu par la Fondation Michener, qui lui a attribué la bourse Michener-Deacon pour le journalisme d’enquête en 2022, afin de documenter les répercussions possibles de l’extraction du lithium dans le nord du Québec. Cet article est le premier d’une série de quatre reportages. 

 

 

À la une

OBNL: le sentiment d’imposture bien plus présent chez les femmes que les hommes

28/05/2024 | Emmanuel Martinez

Le sentiment d’imposture est plus présent chez les femmes que chez les hommes qui siègent sur les CA d’OBNL québécoises.

Adaptation au climat: les entreprises doivent se préparer au pire

28/05/2024 | François Normand

Le Groupe d’experts en adaptation aux changements climatiques (GEA) a publié un rapport crucial pour le Québec.

Climat: le GEA recommande de la «cohérence gouvernementale»

Mis à jour le 28/05/2024 | La Presse Canadienne

Les membres du GEA ont publié une liste de 20 recommandations, soutenues par plus de 90 moyens.