Le vent a-t-il tourné pour Bombardier?

Publié le 01/09/2023 à 10:06

Le vent a-t-il tourné pour Bombardier?

Publié le 01/09/2023 à 10:06

Par Jean Gagnon
Un appareil Global 7500 de Bombardier

Depuis avril, le titre de Bombardier a effectué un important repli. (Photo: courtoisie)

La BOUSSOLE BOURSIÈRE est une rubrique qui traite d’un événement marquant et de son effet sur le marché boursier en s’appuyant sur l’analyse d’experts. Cette analyse pourra être autant fondamentale que technique.


(Illustration: Camille Charbonneau)

Le cours de l’action du manufacturier d’avions d’affaires Bombardier (BBD.B, 54,15 $) a réalisé une poussée remarquable entre octobre 2022 et avril 2023 passant de 25 $ à 75 $. L’enthousiasme de la direction était palpable et se répercutait sans doute sur les investisseurs qui se réjouissaient des succès de ce qui reste de cette entreprise qui fut jadis la fierté du Québec Inc.

S’amorça ensuite à partir d’avril une correction, prévisible après une telle poussée, qui ramena le cours de l’action à 50 $. L’ampleur du recul suggère-t-il toutefois que le vent a tourné pour Bombardier. 

Les plus récents résultats trimestriels divulgués le 4 août ont certes eu l’heur de déplaire aux investisseurs qui ont fait tomber le titre de 68 $ à 52 $ en quelques séances de négociations, ce qui le ramenait tout près de la borne inférieur du corridor de fluctuations baissier clairement identifié sur le graphique (lignes pointillées).

Pourtant, ces résultats étaient plutôt neutres aux dires de Benoit Poirier, analyste chez Valeurs mobilières Desjardins. Les revenus totaux de 1,675 milliards $ US (G$US) étaient légèrement inférieurs aux prévisions du consensus des analystes qui étaient de 1,727 G$US. Mais les bénéfices avant intérêts, impôts et amortissement ajustés (BAIIA) de 275 millions $ US (M$US) excédaient de près de 10% la prévision de 252 M$US des analystes.

Le point sombre était les flux de trésorerie libre qui montrent un résultat négatif de 222 M$US alors que le consensus des analystes tablait plutôt sur 138 M$US.

À la suite de ces résultats, la direction maintenait son discours, affirmant que le marché des jets d’affaires demeurait positif et réitérant ses objectifs pour l’ensemble de l’année. Pour sa part, Benoit Poirier disait croire que la réaction négative du titre à la suite de ces résultats créait une occasion d’achat intéressante.

Jusqu’où nous conduira la correction

Depuis que le cours de l’action de Bombardier a touché son sommet tout près de 75 $, il a perdu 50% de ce qu’ii avait gagné entre octobre 2022 et avril 2023. Une correction de cet ampleur n’est pas anormale après une telle poussée, explique Monica Rizk, analyste technique senior pour les publications Phases & Cycles. Le fait que le titre se retrouve dans un corridor baissier depuis son sommet d’avril n’est pas non plus nécessairement grave, selon elle. C’est la suite qui pourrait l’être.

Le titre se retrouve aujourd’hui sous ses moyennes mobiles de 50 jours (ligne noire) et de 200 jours (ligne grise). De plus, la moyenne de 50 jours s’apprête à passer sous celle de 200 jours. Ces deux facteurs constituent certes une toile de fond inquiétante.

Monica Rizk identifie un niveau de support important à 50 $. Septembre étant souvent un mois difficile en Bourse, il est fort possible que le titre teste à nouveau ce support au cours des prochaines semaines. S’il devait être enfoncé, la situation deviendrait alors beaucoup plus inconfortable pour le titre du fabricant, croit-elle.

Dennis Mark, analyste technique à la Financière Banque Nationale est même un peu plus pessimiste. Pour lui, le niveau de support important se situe à 55 $, et il a déjà été enfoncé récemment. Il craint que le titre tombe jusqu’à 40 $.

 

 

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