L'entreprise montréalaise Zea réinvente le catalogue de pièces

Publié le 25/03/2024 à 09:58

L'entreprise montréalaise Zea réinvente le catalogue de pièces

Publié le 25/03/2024 à 09:58

Par Maxime Johnson

Le fabricant québécois de motoneiges et motomarines électriques Taiga est l’un des premiers clients de Zea. (Photo: Zea)

TECHNO SANS ANGLES MORTS décortique les technologies du moment, rencontre les cerveaux derrière ces innovations et explore les outils numériques offerts aux entreprises du Québec. Cette rubrique permet de comprendre les tendances d’aujourd’hui afin d’être prêt pour celles de demain.

TECHNO SANS ANGLES MORTS. Terminé les dessins techniques avec vue éclatée pour afficher les différentes parties d’un appareil: l’entreprise montréalaise Zea souhaite aider les entreprises québécoises à moderniser les catalogues de pièces en les présentant directement sur un modèle 3D accessible sur le Web. Et ce n’est que le début.

Devant mes yeux, Michael Smith fait tourner le plan 3D d’une motoneige électrique Taiga de tous les angles possibles. En agrandissant, on peut voir chacun des morceaux qui la composent, d’une barre de torsion à une simple vis. En tout, des centaines de pièces peuvent être sélectionnées, et ajoutées à son panier d’achats.

«Un catalogue de pièces, habituellement, c’est quelque chose qui enlève de la valeur. Nous, on en ajoute», résume le directeur général de Zea, une jeune entreprise montréalaise de six employés.

Les techniciens qui effectuent les dessins techniques doivent en effet habituellement transformer un modèle 3D complexe en une série de dessins 2D souvent difficiles à comprendre. Ici, les entreprises peuvent transformer leurs documents 3D internes (CAD ou BIM, notamment) en plans 3D accessibles aux clients, qui permettent à l’utilisateur de retrouver facilement ce qu’il cherche, et au fabricant d’avoir un catalogue interactif pouvant être mis à jour au besoin.

«Une fois que les données sont bien structurées, créer un catalogue ne prend que quelques heures», note Michael Smith. Ceux-ci peuvent en plus être modifiés par la suite, que ce soit pour afficher une configuration différente d’un produit, ou pour modifier certaines pièces de rechange après le lancement. Un fabricant vendant des appareils conçus sur mesure peut même avoir un plan 3D spécifique pour chaque produit vendu.

La plateforme 3D en ligne de Zea est déjà utilisée notamment par le fabricant de motoneiges et motomarines électriques Taiga, le fabricant de véhicules industriels Motrec et le fabricant de drones Parrot.

 

Un moteur graphique unique

L’idée derrière Zea peut sembler simple. Après tout, de nombreuses boutiques d’achat en ligne permettent déjà d’afficher des modèles 3D de leurs produits. «Notre technologie permet toutefois de le faire avec des modèles plus complexes, qui comprennent beaucoup plus de pièces», note Michael Smith.

«Les moteurs de rendus viennent habituellement du jeu vidéo, et ils sont conçus pour maximiser la qualité de l’image. Mais ces outils ne seraient pas capables d’afficher un avion de 250 000 pièces dans un navigateur web. Nous, on est optimisés pour ça», résume le directeur général.

Cette technologie a été développée par le fondateur et directeur technologique de Zea Philip Taylor (dont l’entreprise précédente, Fabric Engine, a été vendue à Apple en 2017) dans le cadre d’un projet de recherche avec le Centre de développement et de recherche en intelligence numérique (CDRIN). C’est, en quelque sorte, la recette secrète de l’entreprise.

 

Le catalogue n’est qu’un début

Zea vise pour l’instant les jeunes entreprises qui se dotent pour la première fois de catalogues de pièces, ou encore celles qui œuvrent dans des milieux de bas volumes (high-mix, low- volume), où il n’est pas possible de créer de dessins techniques pour chaque modèle vendu, ni de concevoir de catalogue générique. «À plus long terme, nous visons aussi les grandes entreprises», note toutefois Michael Smith.

Zea compte aussi ajouter des fonctionnalités à sa plateforme pour permettre à ses clients de tirer profit des données qui y sont téléversées. Zea offre d’ailleurs déjà un outil d’illustrations sur sa plateforme, pour ceux qui ont besoin d’un guide papier, par exemple.

«Nous développons aussi en ce moment les outils pour permettre aux entreprises de créer leurs propres microservices à l’interne, avec de petites équipes», ajoute le directeur général. Un fabricant qui utilise la réalité augmentée pour faciliter la maintenance de ses appareils, par exemple, pourrait grandement simplifier la création de nouveaux scénarios de réparation en profitant des plans 3D déjà existants sur Zea.

«On a commencé par les catalogues de pièce, car tous les fabricants en ont. Mais une fois que les données sont là, ça ouvre la porte à plein d’autres utilisations», résume Michael Smith.

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