Une synergie payée plus cher que prévu


Édition du 01 Mars 2014

Une synergie payée plus cher que prévu


Édition du 01 Mars 2014

«Dans notre secteur, on ne peut pas espérer que notre entreprise devienne plus profitable en augmentant nos prix, il faut plutôt diminuer nos coûts. Le fait que notre entreprise devienne plus imposante nous permet de profiter d'économies d'échelle intéres

En achetant Vitran en décembre dernier, TransForce, une entreprise montréalaise de transport et de logistique, a amélioré son positionnement dans le marché de la livraison intermodale. Mais l'entreprise a dû mettre la main à la poche et débourser plus qu'elle ne l'aurait souhaité.

«Dans notre secteur, on ne peut pas espérer que notre entreprise devienne plus profitable en augmentant nos prix, il faut plutôt diminuer nos coûts. Le fait que notre entreprise devienne plus imposante nous permet de profiter d'économies d'échelle intéressantes», soutient Alain Bédard, président et chef de la direction de TransForce pour expliquer l'achat de Vitran, une compagnie ontarienne spécialisée dans le transport intermodal (routier et par train).

Cet achat lui a toutefois demandé d'allonger plusieurs billets de plus que prévu. La concurrence de son rival Manitoulin, une entreprise du nord de l'Ontario, a fait grimper le prix. En 2013, l'offre non sollicitée de TransForce s'élevait à 4,50 $ l'action, ce qui aurait constitué un prix similaire à celui payé pour les deux filiales de Clarke (environ 88 millions de dollars).

Encore aujourd'hui, Alain Bédard croît que cette offre était fort raisonnable et représentait bien la valeur de l'entreprise. Toutefois, en décembre 2013, Manitoulin fait une offre beaucoup plus substantielle à Vitran, soit 6 $ l'action, une entente que les administrateurs acceptent, sous réserve de l'approbation de leurs actionnaires. Le tour n'était pas encore joué, mais Manitoulin se réservait tout de même le droit d'égaler une éventuelle offre d'un autre acheteur. L'entreprise capitulera toutefois quelques jours plus tard devant l'offre de TransForce, évaluée à un total d'environ 136 M$ US, dont 29 M$ de dettes.

«Le prix a grimpé, mais je ne pouvais pas laisser passer l'occasion d'acheter Vitran, conclut Alain Bédard. Les possibilités de synergie offertes par cette transaction étaient simplement trop intéressantes.»

Une consolidation nécessaire

La transaction s'est conclue en décembre dernier, mais il y avait un bon moment que TransForce convoitait Vitran. Déjà, en septembre 2013, TransForce avait fait une offre d'achat non sollicitée au conseil d'administration de cette entreprise. Puis, en novembre dernier, TransForce avait acquis les 10,44 % d'actions de Vitran que détenait Quinpool Holdings Partnership, ce qui portait à l'époque sa propre participation à 19,95 %. En décembre elle a racheté le reste des actions.

Pourquoi un intérêt aussi intense envers cette compagnie ? «Il y a beaucoup trop de joueurs présentement dans l'industrie du transport des lots brisés, c'est-à-dire les transports qui n'occupent qu'une partie de l'espace d'un camion, explique Alain Bédard. Le marché, lui, ne connaît pas de forte croissance. C'est donc dire que l'offre devient plus forte que la demande. Il devient crucial de consolider.»

Selon lui, cette réalité est encore plus vraie dans le cas du transport intermodal, en raison du quasi-monopole dont jouissent le CN et le CP au Canada. «Nous sommes pris entre l'arbre et l'écorce, dit-il. D'un côté, le prix du pétrole augmente ainsi que celui du transport par train. De l'autre, et notamment à cause de la force du dollar canadien qui a fait mal aux exportations, la demande n'augmente pas. Nos coûts grimpent, mais la concurrence très forte dans notre secteur nous empêche d'ajuster nos prix en conséquence. Il faut réagir.»

Cette acquisition se veut donc un jalon important dans la série de transactions récentes de TransForce, qui comprend l'achat de l'ontarienne Quik X Transportation (2012) et celui de Clarke Transport et de Clarke Road Transport, deux filiales de la société de Halifax Clarke (2013).

Avant ces transactions, TransForce ne faisait que du transport routier. L'achat de Quik X lui a permis de faire une première incursion dans l'intermodal, puisque cette entreprise fait 40 M de transports de ce type par année. À cela s'ajoutent les 125 M de transports annuels de Clarke, sans compter les derniers 200 M dus à Vitran.

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