Le prix des firmes canadiennes en hausse


Édition du 01 Mars 2014

Le prix des firmes canadiennes en hausse


Édition du 01 Mars 2014

Patrick Boucher

En novembre 2013, Atrium Innovations, une entreprise de Québec spécialisée dans la fabrication de produits de santé naturels, est rachetée par la société de capital-investissement européenne Permira. Pour Patrick Boucher, associé chez McCarthy Tétrault, le retour des acquisitions par des fonds d'investissement pourrait s'avérer l'une des tendances marquantes de 2014. «Difficile pendant quelques années après 2007-2008, l'accès au crédit se fait aujourd'hui à de bien meilleures conditions, ce qui devrait rendre les fonds d'investissement plus actifs, souligne l'avocat. Aux États-Unis seulement, à la fin de 2013, les fonds d'investissement détenaient 482 milliards de dollars disponibles. Cela pourrait devenir une force de frappe incroyable.»

Toutefois, une telle masse de capital à la recherche d'occasions pourrait créer une surenchère dans les offres d'achat et ainsi faire grimper les prix, prévient Louis Hébert, professeur de stratégie à HEC Montréal. «Le défi sera, pour ces fonds, de déterminer le juste prix de leurs acquisitions», dit-il.

En 2013, le nombre de fusions-acquisitions au pays a augmenté de 7 %, et la valeur de ces 1 800 transactions s'est établie à 139 G$. Avec le réveil des fonds d'investissement et la baisse du dollar, on pourrait en voir encore plus en 2014.

L'accès plus avantageux au crédit pourrait imposer une autre tendance : la hausse des offres de privatisation des sociétés publiques, croit M. Boucher. «Certaines entreprises ont peu intérêt à rester en Bourse, car elles n'ont pas besoin d'accéder à des capitaux. En contrepartie, être en Bourse complique la gestion.» Il donne l'exemple du Groupe Opmedic, qui a privatisé son réseau de cliniques de fertilité en 2013, afin de diminuer ses frais et de se concentrer sur sa mission.

La baisse du dollar est susceptible de rendre des entreprises plus vulnérables aux offres de sociétés étrangères et de freiner leur propre volonté d'acquisition. Louis Hébert est d'avis que, si le dollar descend sous les 90 cents américains, il y aura de réelles conséquences.

Chose certaine, il ne faut pas s'attendre à voir le marché des fusions et acquisitions ralentir en 2014, soutient M. Hébert. «La croissance organique ne suffira pas à faire progresser les entreprises, car l'économie tourne trop au ralenti. Pour grandir, il faudra miser sur des acquisitions.»

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