Le Canada perd de son lustre aux yeux des travailleurs internationaux

Publié le 29/04/2024 à 07:52, mis à jour le 29/04/2024 à 07:52

Le Canada perd de son lustre aux yeux des travailleurs internationaux

Publié le 29/04/2024 à 07:52, mis à jour le 29/04/2024 à 07:52

Par Catherine Charron

Les pays où la baisse du taux de clics est la plus marquée sont pour la plupart en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, d'après l'analyse publiée par Indeed. (Photo: 123RF)

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RHÉVEIL-MATINCeux qui comptent sur les travailleurs venant de l’international pour pourvoir leurs postes à faibles salaires pourraient bien se mordre les doigts: entre le troisième trimestre de 2023 et la fin du premier de 2024, la part de travailleurs étrangers qui ont cliqué sur leurs offres d’emploi sur la plateforme numérique Indeed est passée de 14,4% à 8,6% selon Brendon Bernard, l'économiste principal d’Indeed.

C’est toujours mieux que les niveaux enregistrés avant 2021, concède-t-il le 24 avril 2024, soit au moment de diffuser son analyse. Cela représente néanmoins un recul «substantiel» par rapport aux niveaux observés ces deux dernières années.

La baisse de clics n’est pas anodine selon lui et pourrait se refléter dans les chiffres de la population active dès la moitié de 2024, rendant d’autant plus ardue la tâche de trouver des candidats, surtout pour les postes à faibles revenus.

Ce sont surtout les emplois en service de garde, en entreposage, en entretien ménager, dans le commerce de détail, dans les services de sécurité et dans les soins qui affichent la perte d’attrait la plus marquée, glissant d’au moins 45%. En d'autres termes, ce sont les emplois à faibles revenus difficiles à combler dont le lustre s’est le plus terni, résume l’économiste.

D’après les données collectées par la plateforme de recrutement, le taux de clics effectué par des travailleurs étrangers entre le premier trimestre de 2021 et le troisième de 2023 était pourtant passé en moyenne de 4% à 16%.

Là où la hausse n’avait pas été aussi importante, le déclin est plus mitigé, précise Brendon Bernard.

 

Un recul généralisé

Ce qui est d’autant plus frappant, c’est que cette baisse d’intérêt pour les emplois canadiens est généralisée, selon les chiffres collectés par Indeed.

En effet, outre l’Australie, tous les pays parmi les 29 qui ont par le passé été les plus intéressés par les postes disponibles ici affichent une diminution de leur taux de clics, ajoute l’économiste principal. Il s’est penché sur les endroits dans le monde où les citoyens représentaient au moins 0,1% des clics sur les emplois au Canada au troisième trimestre de 2023.

Les pays où la différence est la plus marquée sont pour la plupart en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, comme le Pakistan, le Bangladesh, la Tunisie, l’Algérie, le Ghana, le Qatar et le Kenya. Les candidats indiens et américains aussi ont été moins attirés par les postes canadiens, le taux de clics passant respectivement de 2,32% à 1,64%, et de 1% à 0,89%.

Le recul observé en Corée du Sud, en Amérique latine et dans les pays de l’Europe de l’Ouest est plus «modeste», précise l’auteur de l’analyse.

Plusieurs facteurs contribuent à cette baisse, d’après Brendon Bernard. D’abord, les marchés de l’emploi et de l’habitation canadien ne sont plus ce qu’ils étaient. La difficulté à se loger notamment rend donc le pays moins attrayant pour les candidats qui souhaitent immigrer.

À (re)lire: Recrutement au Mexique: le chemin de croix s'allonge

Ensuite, les changements législatifs déjà imposés — comme le retour du visa pour les ressortissants mexicains — et à venir ternissent aussi l’image du Canada.

L’économiste cite en exemple l’adoption de la mesure pour limiter le nombre d’heures travaillées par les étudiants étrangers, de même que la baisse du nombre de résidents non permanents envisagée par Ottawa. Cela laisse croire aux candidats internationaux que les permis de travail pourraient dorénavant être plus difficiles à obtenir.

 

 

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