Les défis des chefs (2): Dominique Anglade doit sauver les meubles

Publié le 30/08/2022 à 10:30

Les défis des chefs (2): Dominique Anglade doit sauver les meubles

Publié le 30/08/2022 à 10:30

La cheffe libérale Dominique Anglade (Photo: La Presse Canadienne)

Le coup de départ est officiellement donné: le Québec vibrera au rythme des élections pour les cinq prochaines semaines. Avec cinq principaux partis sur les rangs, la dynamique de cette campagne risque d’être radicalement différente par rapport aux années précédentes. Au cours des prochains jours, à raison d’un chef par jour, nous vous présentons un tour d’horizon des forces en place et des principaux défis qui attendent les chefs de partis d’ici le scrutin du 3 octobre.
BLOGUE INVITÉ. Sur le plan purement statistique, ça semble bien mal parti pour les libéraux, qui apparaissent plus éloignés que jamais tant des francophones… que des anglophones jadis si fidèles au PLQ. 
Cela dit, tout peut arriver en campagne électorale. On se souviendra de Justin Trudeau en 2015, parti en troisième position, loin derrière le Parti conservateur et le NPD, pour finalement décrocher une majorité à Ottawa. Il n’est donc pas exclu que Dominique Anglade puisse obtenir une seconde chance auprès des électeurs, si elle joue bien ses cartes en début de course.
Elle devra d’abord recoller les pots cassés avec la communauté anglophone dans la dernière année en raison de la position tergiversante de son parti sur le projet de loi 96 sur la langue française. Les cicatrices de cette « trahison » sont encore profondes et on a depuis vu émerger de nouveaux partis venus concurrencer le PLQ dans ses propres bastions. Du jamais vu depuis la création du Parti Égalité il y a plus de 30 ans.
Il faut dire que conjuguer l’électorat francophone et anglophone sur les questions linguistiques n’est pas une mince tâche. La cheffe libérale se retrouve ainsi coincée entre l’arbre et l’écorce, écartelée entre le besoin de sauver les meubles dans l’Ouest de l’île de Montréal, où se situe sa base traditionnelle la plus solide, et le désir de faire des gains dans le reste du Québec en séduisant le vote francophone.
Une campagne électorale est toujours une occasion de se faire connaître. Pour Dominique Anglade, c’est une opportunité pour regagner le cœur des Québécois en mettant de l’avant sa personnalité et sa vaste expérience du monde des affaires et de la politique. Son parti a évolué sous sa gouverne, tant sur le plan des idées que de l’image et des visages qui le composent. Elle devra être en mesure, d’ici le 3 octobre, de faire la démonstration que sa formation n’est plus le vieux PLQ de Jean Charest et de Philippe Couillard.
Enfin, la conjoncture économique pourrait aussi jouer en faveur des libéraux; alors que beaucoup de Québécois peinent de plus en plus à faire face à la hausse drastique du coût de la vie, son discours économique pourrait aider Dominique Anglade à gagner des appuis alors que son parti reste encore vu par un grand nombre d’électeurs comme étant crédible sur les enjeux économiques.

Le coup de départ est officiellement donné: le Québec vibrera au rythme des élections pour les cinq prochaines semaines. Avec cinq principaux partis sur les rangs, la dynamique de cette campagne risque d’être radicalement différente par rapport aux années précédentes. Au cours des prochains jours, à raison d’un chef par jour, nous vous présentons un tour d’horizon des forces en place et des principaux défis qui attendent les chefs de partis d’ici le scrutin du 3 octobre.

BLOGUE INVITÉ. Sur le plan purement statistique, ça semble bien mal parti pour les libéraux, qui apparaissent plus éloignés que jamais tant des francophones… que des anglophones jadis si fidèles au PLQ. 

Cela dit, tout peut arriver en campagne électorale. On se souviendra de Justin Trudeau en 2015, parti en troisième position, loin derrière le Parti conservateur et le NPD, pour finalement décrocher une majorité à Ottawa. Il n’est donc pas exclu que Dominique Anglade puisse obtenir une seconde chance auprès des électeurs, si elle joue bien ses cartes en début de course.

Elle devra d’abord recoller les pots cassés avec la communauté anglophone dans la dernière année en raison de la position tergiversante de son parti sur le projet de loi 96 sur la langue française. Les cicatrices de cette « trahison » sont encore profondes et on a depuis vu émerger de nouveaux partis venus concurrencer le PLQ dans ses propres bastions. Du jamais vu depuis la création du Parti Égalité il y a plus de 30 ans.

Il faut dire que conjuguer l’électorat francophone et anglophone sur les questions linguistiques n’est pas une mince tâche. La cheffe libérale se retrouve ainsi coincée entre l’arbre et l’écorce, écartelée entre le besoin de sauver les meubles dans l’Ouest de l’île de Montréal, où se situe sa base traditionnelle la plus solide, et le désir de faire des gains dans le reste du Québec en séduisant le vote francophone.

Une campagne électorale est toujours une occasion de se faire connaître. Pour Dominique Anglade, c’est une opportunité pour regagner le cœur des Québécois en mettant de l’avant sa personnalité et sa vaste expérience du monde des affaires et de la politique. Son parti a évolué sous sa gouverne, tant sur le plan des idées que de l’image et des visages qui le composent. Elle devra être en mesure, d’ici le 3 octobre, de faire la démonstration que sa formation n’est plus le vieux PLQ de Jean Charest et de Philippe Couillard.

Enfin, la conjoncture économique pourrait aussi jouer en faveur des libéraux; alors que beaucoup de Québécois peinent de plus en plus à faire face à la hausse drastique du coût de la vie, son discours économique pourrait aider Dominique Anglade à gagner des appuis alors que son parti reste encore vu par un grand nombre d’électeurs comme étant crédible sur les enjeux économiques.

À lire mercredi: les défis de Paul St-Pierre-Plamondon

Consultez notre dossier sur les Élections provinciales 2022.

À propos de ce blogue

Cumulant plus de 15 années d'expérience dans les domaines des médias, des relations publiques et de la politique fédérale, provinciale et municipale, Raphaël Melançon est consultant en affaires publiques et président-fondateur de Trafalgar Stratégies. Diplômé de l’Université de Montréal en communication et science politique et titulaire d’un MBA de HEC Montréal, il analyse à travers ce blogue les décisions politiques qui ont des impacts sur le monde des affaires québécois et canadien.

Raphaël Melançon

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