Les délégués à l'APN votent pour un audit pour «établir la vérité»

Publié le 07/07/2022 à 08:04, mis à jour le 07/07/2022 à 18:11

Les délégués à l'APN votent pour un audit pour «établir la vérité»

Publié le 07/07/2022 à 08:04, mis à jour le 07/07/2022 à 18:11

Par La Presse Canadienne

La cheffe nationale RosAnne Archibald a été suspendue de ses fonctions le mois dernier par le conseil exécutif le temps de mener une enquête sur quatre plaintes portées contre elle par des membres du personnel de l’APN.

VANCOUVER — Les délégués à l’Assemblée des Premières Nations (APN) ont convenu d’un examen juridique des finances de l’organisation remontant à au moins une décennie, dans une résolution qui indique qu’il existe un grave problème au sein de l’APN qui cause «une atteinte à sa réputation».

Cela survient après que la cheffe nationale RoseAnne Archibald a affirmé qu’elle avait été suspendue le mois dernier pour avoir tenté d’enquêter sur la corruption au sein de l’organisation.

Le comité exécutif a souligné que Mme Archibald avait été suspendue pendant qu’une enquête sur quatre plaintes contre elle par son personnel était en cours.

Les chefs ont voté pour sa réintégration mardi et un vote de non-confiance dans le leadership de Mme Archibald a été retiré sans vote de l’assemblée mercredi.

Certains chefs ont exprimé des inquiétudes quant au coût de l’audit, tandis que d’autres l’ont qualifié de processus nécessaire pour «établir la vérité».

Le chef Lance Haymond de la première nation Kebaowek au Québec a secondé la proposition pour appuyer la résolution. Il a déclaré que le moment était venu pour un nouveau modèle de gouvernance pour que l’assemblée puisse se rapprocher de ses membres.

«C’est bien que vous sachiez que nous utilisons ce modèle depuis 40 ans, mais il est cassé. Faisons le travail. Obtenons les réponses que les chefs demandent, et travaillons à une APN renouvelée et meilleure qui répond vraiment aux réalités que nous devons vivre aujourd’hui.»

La résolution demande également à la cheffe nationale et au comité exécutif de l’APN de se réunir pour rétablir leurs relations, participer à l’enquête sur les ressources humaines pour résoudre les plaintes du personnel et cesser de parler aux médias jusqu’à ce que l’enquête soit terminée.

Byron Louis, le chef de l’Okanagan Indian Band, qui fait partie de la nation Syilx, a déclaré aux délégués que la vérification et les autres mesures approuvées dans la résolution permettront de fournir des preuves.

«Lorsque vous portez des accusations de corruption, de discriminations sexistes, vous savez, de favoritisme et tout cela, vous portez ces accusations contre nous parce que nous sommes l’assemblée et c’est quelque chose qui doit être très clair», a-t-il affirmé.

Après le vote, le chef de la première nation Serpent River, Brent Bisaillon, s’est approché du microphone et a exprimé sa déception «face aux actions de l’assemblée» et a annoncé qu’il quitterait la réunion plus tôt.

«Ce n’est pas du leadership. Ce n’est pas ce que notre peuple attend de nous en tant que dirigeants, a-t-il dit. Nos jeunes ont critiqué l’inaction de cette assemblée, et les derniers jours ont été marqués par le drame et l’ego.»

M. Bisaillon a affirmé que sa nation suspendrait sa participation au reste de l’assemblée en «ces temps d’incertitude, de distractions et de manque de leadership au sein de l’APN».

La coprésidente du conseil des jeunes de l’APN, Rosalie LaBillois, a déclaré mercredi que la politique et les désaccords autour du leadership lors du rassemblement ont fait obstacle à des sujets autochtones plus importants.

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