Premier post-mortem d'un Sommet

Offert par Les Affaires

Publié le 28/04/2001 à 16:27

Premier post-mortem d'un Sommet

Offert par Les Affaires

Publié le 28/04/2001 à 16:27

Par Les Affaires
manifestations

(Photo: Gates of Ale / CC)

Un éditorial de Jean Lapierre


IL Y A 20 ANS, LE SOMMET DES AMÉRIQUES. Après avoir fait une profession de foi en signant un accord de libre-échange avec les États-Unis, les Canadiens ont moins à paniquer devant les conséquences d’une entente éventuelle avec les Amériques. Après tout, cette négociation ne concerne que 2 % à 3 % du commerce extérieur du Canada.

Celle-ci fournit toutefois une occasion de défendre des positions de principe sur la transparence, la démocratie, la promotion des identités culturelles, les droits de la personne et l’environnement. 

Le Canada peut enfin trouver des alliés dans la poursuite d’objectifs qui dépassent le strict cadre commercial d’une entente de libre-échange. La déclaration finale de Québec est un pas dans cette direction. La tenue du Sommet des Peuples fut aussi une occasion de rappeler les inquiétudes légitimes de la population devant les conséquences de la mondialisation. 

Faisons le post-mortem de certains acteurs de cet événement: 

La Ville de Québec ne s’est pas particulièrement illustrée dans la tenue d’un « happening » d’envergure internationale. Le maire Jean-Paul L’Allier a démontré qu’il n’avait pas le flegme pour accueillir ce genre de visite. Ses états d’âme médiatisés se prêtent plus à un carnaval local qu’à une rencontre internationale. Des commerçants et une frange de la population ont été inhospitaliers durant la période de préparation. Il sera difficile pour les autorités de considérer favorablement la candidature de la Ville de Québec à l’avenir pour ce genre d’événement. 

Les relations Ottawa-Québec ont donné lieu à des empoignes juvéniles. Les prétentions de « presque pays » du Québec et le traitement « bottes à cap d’acier » des représentants fédéraux n’ont plu qu’aux vendeurs de drapeaux et de publicité. La population sait bien que ces « guéguerres » futiles se font à ses frais. Heureusement, le premier ministre Bernard Landry a fait preuve de classe et de sensibilité en décrétant une trêve dès l’arrivée des premiers dignitaires étrangers en sol canadien. 

La presse canadienne ne s’est pas grandie par son intérêt pour la chose internationale. Elle s’est plutôt transformée en spécialiste du fait divers. Sensationnalistes au maximum, certains réseaux de télévision ont sombré dans le spectacle et semblaient regretter le manque d’images sanglantes. Masqués et surexcités, certains journalistes ont perdu tout sens de la mesure. D’autres voulaient tellement des chicanes fédérales-provinciales qu’ils ont perdu tout intérêt pour l’événement à partir du moment où Bernard Landry a refusé de faire des déclarations assassines. 

Les manifestants légitimes ont fait preuve de responsabilité et de civisme. Tout en passant fortement leurs messages, les syndicats ont contribué au caractère populaire et pacifique de la manifestation. 

Les voyous professionnels ont trouvé chaussure à leur pied. Les forces policières ont démontré une compétence et un professionnalisme qui leur font honneur. Malgré des provocations et des gestes inacceptables de « petits baveux » et l’omniprésence des caméras, les forces policières ont fait preuve d’un sang-froid et d’une discipline remarquables dans des circonstances difficiles. 

En général, le Canada s’est bien acquitté de son rôle d’hôte de ce grand événement et il faut espérer que le phénomène de la mondialisation sera mieux saisi et mieux compris par l’ensemble de la population.

 

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