La bataille de Québec

Offert par Les Affaires

Publié le 11/04/2001 à 15:09

La bataille de Québec

Offert par Les Affaires

Publié le 11/04/2001 à 15:09

Par Les Affaires
cloture Québec

(Photo: Gates of Ale / CC)

Un texte de Pierre Duhamel

IL Y A 20 ANS, LE SOMMET DES AMÉRIQUES. Dans quelques jours, Québec aura l’honneur de recevoir 34 chefs d’État et de gouvernement des Amériques. Québec aura l’honneur, mais bien peu de plaisir à recevoir les participants à ce sommet.

Québec aura l’honneur, mais bien peu de plaisir à recevoir les participants à ce sommet. Car toute conférence digne de ce nom attire dorénavant tous les casseurs et protestataires patentés qui font de l’anti-mondialisation leur gagne-pain. Pour protéger la conférence, les parcs, les monuments et les immeubles de Québec, il faudra ajouter de nouveaux murs entre les citoyens et les élus du continent.

Pourquoi ce tohu-bohu? Parce que ces gens masqués, pierres à la main, qui se réjouissent à l’idée d’en découdre avec une police sur une barricade, se considèrent comme les légitimes représentants du peuple, contre les infâmes machinations que les dirigeants élus trameraient à l’insu de tous.

Soyons juste: ce ne sont pas tous les manifestants rassemblés à Québec qui ne rêvent que d’ajouter une arrestation à leur tableau de chasse. Il n’empêche qu’on y retrouvera un curieux amalgame. D’abord, il y aura les centrales syndicales qui ne veulent pas que des emplois soient créés dans les pays les moins riches. Ils marcheront main dans la main avec les tiers-mondistes qui veulent le contraire. On trouvera sans doute Françoise David qui a eu le génie d’attribuer à la mondialisation l’oppression des femmes. Et, bien sûr, ceux qui voient dans la mondialisation le plus grand fléau de l’humanité depuis la peste.

Leurs prétextes sont risibles Le sommet serait antidémocratique. Mais depuis quand une négociation commerciale internationale est-elle télédiffusée en direct? C’est dans l’intérêt de chaque pays de cacher ses cartes le plus longtemps possible. Du reste, on connaît tous les grands principes du gouvernement canadien en matière de commerce (libéralisation des échanges et mesures de protection particulières pour l’agriculture et la culture), et nous venons tout juste de réélire Jean Chrétien. Où est le complot?

Deuxième argument: la mondialisation serait contre le peuple. La belle affaire, dans une économie qui dépend à plus de 50% de l’exportation! Un emploi sur deux dépend en fin de compte de nos débouchés commerciaux. Et il faudrait être contre?

Troisième argument: la mondialisation serait contre les peuples. Observons seulement que 19 pays du continent ont vécu au cours des dernières années un retour à la démocratie, une transformation appuyée et rendue nécessaire par la libéralisation des marchés.

La bataille de Nortel Un jour vous vous croyez riche parce que vos actions de Nortel valent presque 125 dollars chacune. Un autre jour, vous retombez sur terre parce qu’elles en valent 100 dollars de moins.

Ne parlons plus du marché boursier: c’est du bungee! De savants commentateurs dissertent aujourd’hui sur l’explosion de la bulle spéculative ou sur la récession réelle, potentielle, ou anticipée aux États-Unis. C’est une belle excuse, mais elle demeure un peu courte.

Que vend Nortel au juste? De l’équipement à des entreprises téléphoniques qui voient leurs revenus d’interurbains fondre plus vite que la neige au Québec. De l’équipement aussi pour les réseaux de téléphonie sans fil, particulièrement celui de la troisième génération, dite 3G, qui permettra d’échanger données et images de téléphone à téléphone. En Europe, les entreprises ont investi 200 millions de dollars pour obtenir les licences 3G.

Ce pari est basé sur deux prémisses. Premièrement, après être passé de l’analogique au numérique, nous n’attendons qu’un prétexte pour nous acheter un troisième sans fil en dix ans. Deuxièmement, les défenseurs du 3G supposent que nous utiliserons notre téléphone, plutôt que notre ordinateur, pour écrire à notre mère, faire nos déclarations de revenus ou organiser nos prochaines vacances. Comprenez-vous maintenant pourquoi votre action ne vaut plus 125 dollars?

La bataille des airs D’un côté, il y a le Bureau de la concurrence qui lui dit: « Tes prix sont trop bas! » De l’autre, l’Office des transports du Canada qui le semonce: « Tes prix sont trop hauts! » À la place de Robert Milton, le président d’Air Canada, je sombrerais dans un profond délire schizophrénique. Car enfin, comment peut-on à la fois ne pas imposer les tarifs prohibitifs que lui reprochent nombre de ses clients, et ne pas trop les baisser pour éviter de nuire à ses concurrents potentiels?

La situation d’Air Canada est inextricable. Au fond, on l’accuse de s’être imposée comme le transporteur dominant au Canada. Les Canadiens, et en premier lieu le gouvernement central, ont pris acte de la nouvelle situation, mais font depuis du Air Canada bashing un passe-temps national.

Remarquez qu’ils n’ont pas complètement tort: retards, annulations de vols, service de moindre qualité, la liste des griefs s’allonge contre un transporteur aérien que l’on trouve un brin arrogant. Soit. Mais avez-vous eu le « plaisir » de voyager à bord d’un avion des grandes lignes américaines? D’avoir eu le « bonheur » de payer votre Coke, car votre ticket de 500 dollars ne comprend que trois pinottes et un siège quand le vol n’a pas été survendu!

 

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