Transformation alimentaire: une industrie incontournable au Québec

Publié le 01/10/2023 à 00:00

Transformation alimentaire: une industrie incontournable au Québec

Publié le 01/10/2023 à 00:00

Par Sylvie Cloutier

En 2021, l'industrie alimentaire du Québec employait 200 000 personnes, ce qui représente environ 5% de la main-d'oeuvre totale. (Photo: 123RF)

EXPERTE INVITÉE. L’industrie de la transformation des aliments et des boissons du Québec joue un rôle essentiel dans l’économie de la province. Elle représente un secteur diversifié qui englobe plus de 2000 entreprises, dont 85% sont des PME. Cette industrie ne se contente pas de satisfaire nos besoins alimentaires. Étant le premier secteur manufacturier en importance au Québec, la transformation alimentaire contribue également de manière significative à la croissance économique, à la création d’emplois et à la vitalité des communautés locales.

 

Un pilier économique

L’industrie de la transformation des aliments et des boissons du Québec représente une part importante du produit intérieur brut (PIB) de la province et a généré 35 milliards de dollars (G$) de livraisons en 2022. En 2021, le secteur alimentaire au Québec a contribué pour 28,2 G$au PIB, ce qui équivaut à près de 5% du PIB total de la province.

Une des caractéristiques les plus remarquables de cette industrie est sa diversité. Elle englobe une grande variété de produits, biologiques ou non, des fromages artisanaux aux produits de la mer et aux jus, en passant par les produits de boulangeries et les viandes. Cette diversité permet à l’industrie alimentaire de s’adapter aux préférences changeantes des consommateurs et de répondre à la demande croissante de produits locaux et artisanaux.

 

Création d’emplois

Outre sa contribution au PIB, l’industrie de la transformation des aliments et des boissons du Québec est également un important pourvoyeur d’emplois. Elle offre des occasions d’emploi dans toutes les régions de la province, de la production agricole à la distribution, en passant par la transformation.

En 2021, l’industrie alimentaire du Québec employait 200 000 personnes (74 000 emplois directs, 125 000 emplois indirects, plus les emplois connexes), ce qui représente environ 5% de la main-d’oeuvre totale et 20% du secteur manufacturier de la province.

Les emplois dans cette industrie sont variés et couvrent un large éventail de compétences:entrepreneuriat, gestion de la chaîne d’approvisionnement, logistique, nutrition et marketing. De plus, l’industrie alimentaire offre des emplois stables et bien rémunérés, ce qui en fait un secteur attractif.

 

L’effet sur les communautés locales

L’industrie de la transformation des aliments et des boissons du Québec a une incidence profonde sur les communautés locales. Elle est souvent la première industrie d’une municipalité en région. Elle soutient aussi les producteurs locaux en leur fournissant un marché pour leurs produits, contribue au maintien de la vitalité des zones rurales et favorise la création de liens entre les producteurs et les consommateurs.

De plus, de nombreuses entreprises alimentaires du Québec sont fières de leur identité locale et s’efforcent de promouvoir les produits du terroir avec l’appellation d’Aliments du Québec ou une appellation géographique.

Cela renforce le sentiment d’appartenance des Québécois à leur culture alimentaire et stimule le tourisme culinaire, de plus en plus populaire.

 

Défis et occasions favorables

Malgré son importance économique, l’industrie de la transformation des aliments et des boissons du Québec est confrontée à plusieurs défis.

L’un des principaux défis est la pénurie de main-d’oeuvre. Malgré un relatif ralentissement économique, le taux de chômage du Québec demeure encore un des plus bas du Canada. Les travailleurs disponibles, à la suite de la fermeture d’usines, comme celle d’Olymel, sont relocalisés dans d’autres entreprises des régions concernées.

Les besoins en travailleurs étrangers temporaires sont toujours présents. Le seuil de 30 % dans les usines de fabrication des aliments permet de maintenir une production stable et viable. Il est primordial que ce seuil soit maintenu au-delà de la date limite du 30 octobre afin d’assurer l’approvisionnement en nourriture pour la population du Québec et du Canada. Un autre défi majeur est la mondialisation de l’industrie alimentaire, qui met une pression croissante sur les entreprises locales pour qu’elles restent compétitives sur le marché domestique et global. Les entreprises doivent constamment innover, investir dans la technologie et améliorer leur efficacité pour demeurer concurrentielles.

Les entreprises doivent améliorer leur productivité et leur profitabilité.

La robotisation, l’intégration de progiciels de gestion et l’intelligence artificielle permettront de compenser le manque de main-d’oeuvre et de valoriser les métiers.

Les usines doivent s’automatiser et accélérer leur virage 4.0 afin de combler le retard de productivité avec les États-Unis et certaines provinces canadiennes. Malheureusement, la faiblesse actuelle du dollar canadien ralentit la capacité des entreprises à investir dans les équipements technologiques de pointe.

Développement durable

Le développement durable est aussi un défi important. Les consommateurs sont de plus en plus préoccupés par l’impact environnemental de leur alimentation, ce qui pousse les entreprises à adopter des pratiques plus durables, de leur approvisionnement à la distribution de leurs produits. Cependant, ces initiatives de durabilité peuvent être coûteuses et nécessitent des investissements importants en nouvelles technologies et en R-D.

Malgré ces défis, l’industrie alimentaire du Québec dispose de nombreuses occasions. La demande croissante pour les produits locaux et artisanaux offre de nouvelles perspectives de croissance. De plus, la province a la chance de bénéficier d’une grande variété de produits agricoles de qualité, ce qui lui donne un avantage concurrentiel sur le marché mondial.

 

Rester compétitif

L’industrie de la transformation des aliments et des boissons du Québec contribue de manière significative à la croissance économique, à la création d’emplois et à la vitalité des communautés locales. Cependant, elle doit relever des défis importants pour rester compétitive sur le marché mondial et répondre aux préoccupations croissantes en matière de durabilité.

Il est essentiel que les acteurs de l’industrie, du gouvernement aux entreprises locales, collaborent pour soutenir la croissance de ce secteur vital tout en promouvant des pratiques durables.

Avec une approche stratégique et des investissements judicieux, l’industrie de la transformation des aliments et des boissons du Québec peut continuer à prospérer et à servir de modèle pour d’autres régions du monde.

Sylvie Cloutier est PDG au Conseil de la transformation alimentaire du Québec. Elle signe mensuellement «La face cachée de votre assiette» sur lesaffaires.com

Sur le même sujet

À la une

L’art d’être plus efficace

Il y a 18 minutes | Nicolas Duvernois

EXPERT INVITÉ. «J’ai décidé de ne plus subir la technologie et de l’utiliser, sous mes conditions.»

À surveiller: Loblaws, Northland Power et NFI Group

09:43 | Jean Gagnon

Que faire avec les titres de Loblaws, Northland Power et NFI Group? Voici quelques recommandations d’analystes.

Zone d'innovation en aérospatiale: investissements de 415M$

08:47 | LesAffaires.com et La Presse Canadienne

«Il s'agit du seul endroit au monde où Airbus et Boeing sont directement présents.»