La tension monte entre les moins de 40 ans et leur employeur

Publié le 17/08/2022 à 07:34

La tension monte entre les moins de 40 ans et leur employeur

Publié le 17/08/2022 à 07:34

Par Catherine Charron

Les employés de moins de 40 ans ont 80% plus de chance d’avoir des différends au travail que ceux de plus de 50 ans, surtout avec leur gestionnaire. (Photo: 123RF)

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RHÉVEIL-MATIN. La hausse des querelles au travail n'a rien d'anecdotique: le quart des travailleurs canadiens sondés ont observé en juillet une hausse des tensions, et ça a plombé leur moral, si l’on se fie au plus récent Indice de santé mentale mieux-être dévoilé mercredi par Solutions Mieux-être LifeWorks. 

En effet, ceux qui vivent des conflits ont un score de 51,8 points, tandis que les répondants qui n'en vivent pas (59%) en affichent un de 72,9 points. Rappelons qu’un score inférieur à 49 points indique que la santé mentale d’un groupe est à risque.

«Avec le niveau d’instabilité qui perdure, la pandémie — même si l’on est tanné d’en entendre parler — l’inflation, le retour à l’école qui s’en vient, ce n’est pas surprenant qu’il y ait des tensions accrues au travail», constate la directrice de recherche, Marilyn Grandmaison.

Les employés de moins de 40 ans ont 80% plus de chance d’avoir des différends au travail que ceux de plus de 50 ans, surtout avec leur gestionnaire. Soit dit en passant, eux aussi sont plus susceptibles d'observer une hausse du nombre de situations conflictuelles.

«On voit un peu plus certains conflits générationnels, des façons de travailler différentes, souligne Marilyn GrandMaison. En termes d’élément de vie, quand on a moins de 40 ans, on est plus sujet à avoir des enfants en bas âge, on a moins d’expérience, et ça ajoute du stress, ce qui peut amener un état d’esprit qui augmente la perception de conflit.»

D’ailleurs, même s’il s’est amélioré, le niveau de bien-être général des moins de 40 ans est inférieur à la moyenne nationale, qui s'est établie à 65 points en juillet. Chez les 20 à 29 ans, il frôle carrément la barre de la catégorie «santé mentale à risque».

En général, ces conflits concernent un collègue (42%), le soutien au bien-être (30%) et la rémunération (29%). Les moins de 40 ans, eux, ont deux fois plus de chance d’avoir un différend, à cet égard, ce qui n’est pas surprenant dans un contexte inflationniste, note la directrice de recherche.

Or, bien que les tensions soient en hausse, n’en demeure pas moins que près de 70% des répondants au sondage sont d’avis que leurs collègues pourraient leur venir en aide s'ils se retrouvaient dans le besoin.

Un nombre presque identique pense que leur gestionnaire «agit dans l’intérêt de ses employés», précise-t-on dans le rapport sur ce coup de sonde mensuel. Les travailleurs de moins de 40 ans sont toutefois moins enclins à accorder une grande confiance, à la fois envers leur organisation et leurs collègues.

À (re)lire: Le conflit, votre prochain outil pour mieux collaborer

«Les conflits ont souvent une connotation négative, mais ça peut être une source de créativité et d’innovation. Il faut ouvrir sa définition du conflit, tout en faisant preuve de compassion, dit celle qui conseille de mieux outiller les gestionnaires et les employés pour gérer les querelles. Si on ne prend pas de recul, ça ne va pas aller en s'améliorant. On va avoir des problèmes récurrent au niveau de la productivité, mais aussi d'absentéisme et de présentéisme.»

 

Les parents s’inquiètent pour leurs enfants

Solutions Mieux-être LifeWorks fait aussi remarquer que les parents s’inquiètent des effets de la pandémie sur le développement de leurs enfants, plus de la moitié étant d’avis que «les deux dernières années ont eu un impact négatif sur [eux]». Et, sans surprise, plus importantes ont été ses conséquences sur sa progéniture, plus malheureux est le travailleur.

Leurs gestionnaires ont plus d'un tour dans leur sac afin de les appuyer dans cette épreuve, à l'instar de canaux de communication bien huilés.

«Tous ne sont pas à l’aise de partager ce genre de chose avec leur patron, souligne la chercheuse. C’est d’avoir une relation saine et forte avec ses employés. Parfois, ce sont les modalités de travail flexible qui vont aider les parents, afin de s’asseoir et aider les enfants avec les devoirs par exemple. […] C’était plus commun avant la pandémie, mais on peut aussi organiser des journées d’activités où les familles sont invitées, ce qui permet de tisser des liens», recommande la chercheuse.

De plus, les programmes d’aide aux employés et les autres mesures de bien-être s’appliquent, bien souvent à l’entourage immédiat du travailleur. «C’est important de mieux communiquer à cet égard».

 

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