Un acte d'accusation accablant déposé contre le républicain Donald Trump

Publié le 02/08/2023 à 13:41

Un acte d'accusation accablant déposé contre le républicain Donald Trump

Publié le 02/08/2023 à 13:41

Par La Presse Canadienne

Ce compte-rendu de Mike Pence n’est qu’une des révélations qui se retrouve dans la troisième mise en accusation de Donald Trump à tomber au cours des quatre derniers mois seulement. (Photo: La Presse Canadienne)

Washington — «Vous êtes trop honnête», aurait déclaré Donald Trump à Mike Pence le premier jour de 2021, six jours avant que les partisans d’un président vaincu ne prennent d’assaut le Capitole et tentent de renverser le résultat d’une élection présidentielle libre et équitable.

Ce compte-rendu de l’ancien vice-président n’est qu’une des révélations qui se retrouve dans la troisième, mais peut-être la plus explosive mise en accusation de Donald Trump à tomber au cours des quatre derniers mois seulement.

Pourtant, l’ancien commandant en chef n’est pas en reste: des sondages continuent de lui créditer une avance considérable dans l’investiture républicaine en vue de la course à la Maison-Blanche.

«L’accusé a perdu l’élection présidentielle de 2020», a écrit le procureur spécial Jack Smith dans le premier paragraphe de l’acte d’accusation tant attendu de 45 pages publié mardi soir.

«Déterminé à rester au pouvoir», Donald Trump a passé les deux mois suivants à tester systématiquement et à ignorer les limites de la république constitutionnelle américaine, tout en prétendant être victime d’une vaste arnaque électorale.

«Ces affirmations étaient fausses et l’accusé savait qu’elles étaient fausses», peut-on lire dans l’acte d’accusation.

Mais Donald Trump les aurait quand même répétées «pour faire apparaître légitimes ses affirmations sciemment fausses, créer une atmosphère nationale intense de méfiance et de colère et éroder la confiance du public dans l’administration des élections».

Des accusations accablantes

Les accusations sont impressionnantes, et pas seulement parce qu’elles sont portées contre un ancien président.

Il y en a quatre: complot pour frauder les États-Unis, complot pour faire obstruction à une procédure officielle, obstruction à une procédure officielle et la dernière, mais non la moindre, «un complot contre le droit de voter et de faire compter son vote».

Ces complots «s’appuyaient sur la méfiance généralisée que l’accusé créait par des mensonges omniprésents et déstabilisateurs sur la fraude électorale», selon l’acte d’accusation.

Ils «ciblaient une fonction fondamentale du gouvernement fédéral des États-Unis: le processus national de collecte, de décompte et de certification des résultats de l’élection présidentielle».

C’est ce dernier processus qui se déroulait au Capitole le 6 janvier 2021, le jour où des légions de partisans de Donald Trump ont assisté à son discours provocateur devant la Maison-Blanche avant de prendre d’assaut le siège du Congrès dans le but d’entraver la procédure.

Ils se sont rapidement retournés contre Mike Pence lorsqu’ils ont appris que le vice-président, qui présidait le processus de certification au Sénat, n’accéderait pas aux demandes de Donald Trump de rejeter les votes du collège électoral de six États clés.

Dans une brève déclaration mardi à Washington, le procureur Smith a déclaré qu’il avait l’intention de demander un procès rapide et a rendu hommage aux personnes qui ont tenté de repousser les émeutiers.

«Les hommes et les femmes des forces de l’ordre qui ont défendu le Capitole américain le 6 janvier sont des héros, ce sont des patriotes et ce sont les meilleurs d’entre nous», a-t-il soutenu.

«Ils ne se sont pas contentés de défendre un bâtiment ou les personnes qui s’y réfugiaient. Ils ont mis leur vie en jeu pour défendre qui nous sommes en tant que pays et en tant que peuple. Ils ont défendu les institutions et les principes mêmes qui définissent les États-Unis.»

Les proches de Donald Trump prévenus

L’acte d’accusation du procureur Smith allègue également que Donald Trump et ses responsables avaient été avertis du risque de violence. Un conseiller principal aurait déclaré à l’avocat constitutionnel John Eastman, l’un des architectes du plan: «Vous allez provoquer des émeutes dans les rues.»

John Eastman, identifié dans l’acte d’accusation uniquement comme «Co-Conspirateur 2», aurait répondu «qu’il y avait déjà eu des moments dans l’histoire de la nation où la violence était nécessaire pour protéger la république».

Le lendemain, l’avocat de Mike Pence aurait averti John Eastman que son stratagème entraînerait une «situation désastreuse» où l’élection pourrait «être décidée dans la rue».

Ciblage politique honteux

Donald Trump, fidèle à lui-même, a divulgué l’acte d’accusation imminent sur sa plateforme de médias sociaux Truth Social, démontrant comment il allait tirer parti de ses problèmes juridiques croissants pour aider sa candidature à la réélection.

Il a souligné le fait qu’il avait fallu 30 mois aux procureurs pour porter des accusations, qui sont selon lui déposées pour des motifs politiques.

«Pourquoi ont-ils attendu si longtemps? Parce qu’ils voulaient le mettre en plein milieu de ma campagne», a-t-il pesté.

Une déclaration de sa campagne a décrit l’acte d’accusation comme «un ciblage politique honteux et sans précédent».

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