La Banque centrale russe relève son taux directeur pour contrer la chute du rouble et l’inflation

Publié le 15/08/2023 à 08:05

La Banque centrale russe relève son taux directeur pour contrer la chute du rouble et l’inflation

Publié le 15/08/2023 à 08:05

Par AFP

La Russie souffre notamment de la baisse considérable des revenus liés à la vente de ses hydrocarbures, sous l’effet des sanctions et de la détermination des Européens à sortir de leur dépendance énergétique. (Photo: 123RF)

Moscou — La Banque centrale russe (BCR) a relevé mardi son taux directeur de 8,5% à 12% pour contrer la chute du rouble et freiner l’inflation, jugeant «possible» une nouvelle augmentation en cas d’accélération de la hausse des prix.

 «Cette décision a été prise afin de limiter les risques pesant sur la stabilité des prix», a justifié la BCR dans un communiqué à l’issue d’une réunion d’urgence, alors que le rouble est au plus bas par rapport à l’euro et au dollar américain ($US) depuis mars 2022.

Face à «la pression inflationniste (qui) continue d’augmenter» (4,4% au 7 août sur un an), la BCR a ainsi dit considérer nécessaire le relèvement de son taux directeur de 3,5 points de pourcentage afin de viser «un retour de l’inflation à 4% en 2024».

Elle a également affirmé se réserver le droit de prendre «de nouvelles décisions» dans les prochaines semaines. «En cas de renforcement des risques inflationnistes, une augmentation supplémentaire du taux directeur est possible», a averti la BCR, citée par les agences de presse russes.

Ses dirigeants, qui se refusaient jusqu’à ces derniers jours à toute intervention, se sont ainsi résolus à une hausse du taux directeur, la deuxième en moins d’un mois, après l’avoir relevé de 7,5% à 8,5% le 21 juillet dernier.

Cette décision intervient au lendemain de critiques venues directement du Kremlin.

Lundi, Maxime Orechkine, le conseiller économique de Vladimir Poutine, avait fustigé «la politique monétaire souple» de la BCR dans une tribune publiée par l’agence de presse d’Etat TASS. Avant de rappeler, comme un avertissement: «Un rouble fort est dans l’intérêt de l’économie russe».

Depuis plusieurs semaines, la chute libre du rouble s’est inexorablement accompagnée d’un retour de l’inflation, qui s’ajoute au coût croissant du conflit ukrainien, faisant craindre à de nombreux Russes pour leur niveau de vie, déjà entamé par une importante hausse des prix l’an passé, liée à l’impact des sanctions en réponse à l’assaut en Ukraine.

Une des causes principales de la chute de la monnaie nationale est l’état du commerce extérieur. La Russie souffre notamment de la baisse considérable des revenus liés à la vente de ses hydrocarbures, sous l’effet des sanctions et de la détermination des Européens à sortir de leur dépendance énergétique.

 

«Rouble volatile»

Depuis le début de l’année, la devise russe a en effet dévissé de près de 25% face au billet vert et à l’euro.

Dmitri Polevoï, directeur des investissements de Loko Invest à Moscou, dit lui penser que malgré la décision de la BCR, «le rouble peut rester volatile» dans les prochaines semaines, évoquant également sur Telegram «l’aspect politique du dollar à plus de 100 roubles», un seuil psychologique important pour la population russe.

A la Bourse de Moscou, rassurée par l’annonce de la BCR, il fallait débourser 98,2 roubles pour obtenir un dollar américain et 107,3 roubles pour un euro à 06 h 16, après que les seuils de 100 et 110 ont été dépassés respectivement lundi.

Pour faire face à la situation qui se dégradait rapidement, la BCR avait déjà annoncé la semaine dernière la suspension jusqu’à la fin de l’année de ses achats de devises étrangères sur le marché national des changes, une mesure toutefois jugée insuffisante par plusieurs observateurs.

L’affaiblissement du rouble permet toutefois à l’Etat russe de renflouer ses caisses, car pour chaque dollar ou euro acquis actuellement, le gouvernement dispose de facto de plus de roubles pour couvrir ses dépenses, en forte hausse du fait du conflit en Ukraine.

Poussée à trouver des alternatives au marché financier mondial duquel ses banques ont été largement bannies depuis plus d’un an, la Russie lance par ailleurs mardi un rouble numérique. Un moyen, veut-t-elle croire, de limiter à terme l’impact des restrictions internationales.

S’il ne s’agit à ce stade que d’une phase d’essai, cette monnaie dématérialisée émise directement par la banque centrale, qui s’appuie sur la technologie du blockchain (permettant des transactions directes sur un registre décentralisé), devrait être étendue à tous les Russes volontaires à partir de 2025.

 

 

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