Effet d'annonce ou vrai soulagement? Biden veut suspendre une taxe sur l'essence

Publié le 22/06/2022 à 10:06

Effet d'annonce ou vrai soulagement? Biden veut suspendre une taxe sur l'essence

Publié le 22/06/2022 à 10:06

Par AFP

Joe Biden doit formaliser l’annonce mercredi à 14h00, heure du Québec, à la Maison-Blanche. (Photo: Getty Images)

Washington — Vrai soulagement pour les automobilistes ou mesure «gadget»? Joe Biden va demander mercredi au Congrès américain de suspendre pour trois mois une taxe fédérale sur les prix de l'essence, mais la mesure rencontre un net scepticisme.

La Maison-Blanche veut supprimer jusqu'en septembre une taxe fédérale de 18 cents par gallon (3,78 litres) et appelle les États à alléger ou supprimer leurs propres taxes, afin «de soulager directement les consommateurs américains», ont indiqué de hauts responsables de l'administration.

Joe Biden doit formaliser l’annonce mercredi à 14h00, heure du Québec, à la Maison-Blanche.

Le prix moyen du gallon d'essence atteint désormais le niveau record de 5 dollars américains aux États-Unis (4 968 $ US mercredi), contre quelque 3 $ US il y a un an.

Cette flambée domine l'espace médiatique et pèse sur la cote de popularité du président américain, à moins de 40% d'opinions favorables.

«Le président a conscience du défi considérable que posent les hauts prix de l'essence aux familles de travailleurs», alors que les coûts de l'essence «grimpent de façon dramatique à travers le monde, de presque 2 $ US le gallon depuis que Poutine a massé ses troupes aux frontières de l'Ukraine», ont affirmé ces responsables lors d'un entretien avec des journalistes.

«Le président comprend que cette suspension de la taxe sur l'essence ne va pas à elle seule compenser la hausse des coûts à laquelle nous assistons», ont-ils admis. 

«Mais il pense (que) le Congrès devrait faire ce qu'il peut pour soulager ces familles», ont-ils ajouté.

La suspension de cette taxe fédérale de 18 cents, ainsi que celle de 24 cents par gallon de gazole, devrait coûter quelque 10 milliards de $ US au fonds d'infrastructures des autoroutes, habituellement financé par ces prélèvements. 

L'administration assure pouvoir compenser le manque à gagner.

Joe Biden avait, lui, reconnu mardi qu'une suspension de taxe aurait «un certain impact» sur ce financement des autoroutes, mais que «les travaux majeurs de construction ou de réparation» ne seraient pas affectés.

La Maison-Blanche appelle également les États, qui en moyenne prélèvent 30 cents de taxes par gallon d'essence, à supprimer temporairement leurs taxes ou à fournir des compensations. 

Certains l'ont déjà fait, comme le Connecticut ou l’État de New York. 

Mais selon des analystes, quelque 46 États n'ont pas encore agi, dont la Californie, où l'essence est la plus imposée et la plus chère.

 

«Gadget»

Cette suspension de taxe fédérale combinée à un effort des États et à d'autres mesures pourrait, selon la Maison-Blanche, alléger le prix de l'essence à la pompe d'un dollar par gallon.

«Ce n'est pas un décompte tout à fait précis, mais il s'agit de donner une idée de l'amplitude de réduction qui peut être apportée si on suit les appels à l'action du président», a assuré une responsable lors d'une conférence téléphonique. 

La secrétaire à l’Énergie Jennifer Granholm doit rencontrer jeudi les raffineurs, pour tenter de les convaincre d'augmenter leurs capacités.

Le président démocrate prend un risque politique avec sa suspension de taxe, une mesure critiquée avant même son annonce, y compris dans sa propre famille politique.

L'influente patronne du camp démocrate à la Chambre des représentants Nancy Pelosi, avait rejeté la semaine dernière une telle idée, qui relève selon elle du «show biz».

Les médias ont aussi exhumé des déclarations en 2008 de Barack Obama: le futur président, sur fond déjà de hausse des prix du carburant, s'était publiquement opposé à une suspension de taxe, parlant d'une mesure «gadget».

Un certain nombre d'experts ont également exprimé leur scepticisme, face à une annonce qui ne règle en rien le problème de fond: celui d'une très forte demande face à une offre contrainte, sans compter que rien n'assure que ce geste fiscal sera entièrement répercuté sur les automobilistes.

Quant au dialogue avec les entreprises pétrolières, il s'annonce difficile, comme en témoigne un échange acide, à distance, entre Joe Biden et le patron du groupe Chevron.

Ce dernier, Michael Wirth, a adressé mardi une lettre au président, lui reprochant de «vilipender» le secteur.

Le démocrate de 79 ans, qui s'en prend aussi régulièrement aux gigantesques profits réalisés par les géants des hydrocarbures, lui a reproché quelques heures plus tard, devant la presse, d'être «légèrement susceptible».

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