Absence de francophones au CA: le Canadien National refuse de s'excuser

Publié le 02/06/2022 à 08:31

Absence de francophones au CA: le Canadien National refuse de s'excuser

Publié le 02/06/2022 à 08:31

Par La Presse Canadienne

Le CN a été plongé dans une tempête linguistique lorsqu’il a été rendu public que le transporteur n’avait retenu aucun candidat francophone pour son CA. (Photo: La Presse Canadienne)

Ottawa — La grande patronne du Canadien National (CN) refuse de s’excuser au nom de son entreprise pour la situation ayant mené à une absence de francophones sur son conseil d’administration.

«Ce que j’offre, c’est un engagement à nommer très bientôt un administrateur francophone du Québec», a plutôt répondu Tracy Robinson au député néo-démocrate Alexandre Boulerice qui la questionnait lors d’une comparution mercredi devant le comité permanent des langues officielles.

Le CN a été plongé dans une tempête linguistique lorsqu’il a été rendu public que le transporteur, ayant son siège social à Montréal et qui est assujetti à la Loi sur les langues officielles, n’avait retenu aucun candidat francophone pour son conseil d’administration après la démission de l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest.

Le premier ministre Justin Trudeau avait dit être «époustouflé» par la situation et l’entreprise avait annoncé le jour même qu’elle corrigerait la situation grâce à la fin des mandats d’administrateurs «dans les prochains mois».

Dans une réponse au premier vice-président du comité, le conservateur Joël Godin, Tracy Robinson semblait être agréablement surprise mercredi de souligner que le processus a «révélé un grand nombre de candidats francophones qualifiés situés au Québec».

La nomination du candidat retenu est «une question de mois et non d’années», a précisé la présidente-directrice générale dans son témoignage partiellement en français, une langue qu’elle apprend depuis son arrivée à la tête de l’organisation il y a trois mois.

Mme Robinson a évité de répondre à une pléiade de questions des élus, malgré qu’elle ait soutenu que son entreprise «mène par l’exemple».

Trouve-t-elle qu’un seul francophone sur le c.a. est suffisant? Croit-elle qu’il devrait y en avoir un minimum dans le cas des entreprises assujetties à la Loi sur les langues officielles? Des cours de français sont-ils obligatoires pour les membres du c.a.? Le bilinguisme devrait-il être une exigence lors de l’embauche de cadres supérieurs? Croit-elle que la maîtrise du français devrait faire partie de l’évaluation du rendement des cadres supérieurs? Chaque fois, elle a esquivé.

La grande patronne a indiqué à plusieurs reprises que les deux tiers des cadres supérieurs du CN à l’échelle nord-américaine et 90% des cadres de l’entreprise travaillant au Québec parlent français.

Tracy Robinson est la seconde patronne à comparaître devant ce comité en quelques mois. Le chef de la direction d’Air Canada, Michael Rousseau, avait été mis sur la sellette dans la foulée d’un tollé qu’avait suscité un discours qu’il avait livré essentiellement en anglais à Montréal à l’automne.

Une question de culture

«Plus ça change, plus c’est pareil, a résumé le conservateur Joël Godin à la suite du témoignage. Il y a soixante ans, ils passaient en comité. Ils repassent encore en comité.»

L’étonnement de la patronne par la présence de candidats qualifiés démontre selon lui le problème dans «la culture de l’entreprise» et que les gestes actuels ne visent qu’à mettre «des “plasters” pour avoir bonne presse».

«Je suis convaincu qu’au conseil d’administration il n’y a pas un mot français qui est dit, a déclaré M. Godin. Alors, si à la tête ça se passe comme ça, comment on peut le redescendre dans la machine?»

Le président du comité, le libéral René Arseneault, avait une opinion un peu plus positive du témoignage ayant constaté «le langage de quelqu’un qui arrive dans la grosse machine» et qui prend des engagements.

«Je pense qu’on ne les y reprendra plus, a-t-il dit. J’ai l’impression que la leçon a été entendue.»

M. Arseneault a cependant été «déçu» de ne pas «entendre un mea culpa», ce qui aurait pourtant «été simple».

L’opinion était partagée par Alexandre Boulerice. «Ça aurait envoyé un message fort aux francophones et aux Québécois. Malheureusement, on l’a pas eu, donc ça teinte tout le reste de son témoignage, selon moi.»

Le député s’explique toujours mal comment un tel conseil d’administration n’a plus de francophones dès qu’il perd un de ses membres.

Le vice-président bloquiste du comité, Mario Beaulieu, ne mâchait pas ses mots à sa sortie de la salle.

«J’ai l’impression de m’être fait niaiser», a-t-il lancé, les réponses étant «inacceptables» puisque Mme Robinson «n’admet pratiquement rien».

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