Les défis environnementaux : au-delà d’une question d’écologie

Publié le 14/06/2021 à 00:01

Par Institut Mallet

Entrevue avec Lucile Schmid

« Le graduel n’est pas un renoncement. C’est la bonne manière d’associer l’écologie et la démocratie dans le respect du compromis entre le social et l’ économie. (…) Entrer dans un processus c’est le moyen de donner un sens aux choses et cela conduit à une implication plus exigeante sur le long terme : il faut intensifier l’engagement (…) Il faut adosser le don à l’implication citoyenne.», Lucile Schmid.


Enjeux modernes qui mobilisent l’engagement et le don philanthropiques, les défis environnementaux dévoilent les vulnérabilités de notre société. Pour autant, de nombreux citoyens souhaitent en faire une priorité collective. Mais, malgré la diversité des initiatives et formes d’action, notamment dans le secteur de l’engagement et de la philanthropie, le changement se heurte à une grande inertie ou à une certaine incapacité pour les institutions à imaginer une réponse globale à ces défis. Ceux-ci sont en fait bien plus larges et complexes qu’une question environnementale et touchent bien d’autres domaines qui vont de la justice sociale à notre démocratie. Il ne s’agit pas de simples ajustements, mais de lancer un processus de transformation sociale et écologique, où le secteur de la philanthropie et de l’engagement aura un rôle de leader à jouer.

Le besoin : un plan d’action, des priorités et des échelles

Lucile Schmid, co-fondatrice de La Fabrique écologique, et future conférencière au Sommet 2022 de l’Institut Mallet, résume l’une des problématiques: « La prise de conscience est plus forte, mais elle ne semble pas être au centre des enjeux politiques. (…) L’interrogation est sur l’opérationnel à la fois au niveau gouvernemental, mais aussi dans les façons de travailler. Il y a une difficulté à passer d’un constat à des modalités d’action. Or la philanthropie est au service de l’action, c’est un terrain à expérimenter. »

Selon la femme politique et essayiste française, au-delà des actions et des innovations locales, le secteur de l’engagement et de la philanthropie peut jouer un rôle de leader en aidant à structurer l’action : « Il faut identifier deux ou trois secteurs structurants et y associer un projet et une méthode : par exemple sur les questions de l’alimentation, de l’agriculture ou de l’énergie ». Édicter des étapes lui paraît également essentiel, afin de définir des objectifs réalistes et atteignables, pour éviter le découragement et sortir du catastrophisme.

Les initiatives locales foisonnent et montrent les voies à suivre, mais demeure le problème des échelles d’intervention. « Il faut réfléchir aux échelles, à leur effet levier et leur effet d’entraînement. (…) Il y a la nécessité d’organiser la relation entre l’institutionnel et la société. », ajoute Mme Schmid. L’un des moyens de monter en puissance au niveau de la société est, selon elle, de mettre en œuvre un processus qui permette notamment de « mettre à disposition les connaissances et les expertises ».

« Le graduel n’est pas un renoncement. C’est la bonne manière d’associer l’écologie et la démocratie dans le respect du compromis entre le social et l’économie. (…) Entrer dans un processus c’est le moyen de donner un sens aux choses et cela conduit à une implication plus exigeante sur le long terme : il faut intensifier l’engagement. (…) Il faut adosser le don à l’implication citoyenne.», souligne-t-elle encore.

Des citoyens éduqués, responsables et mobilisés

« Comme l’a montré la pandémie, l’ignorance nous rend vulnérables », explique Lucile Schmid, et en matière de lutte contre les défis environnementaux, les connaissances sont grandes, mais disparates.

Cette exigence d’engagement de chacun interpelle deux autres domaines par lesquels l’action philanthropique aidera au changement graduel : l’éducation et la démocratie.

La première voie est donc de rendre disponible les connaissances et d’organiser les formations et l’éducation sur ces enjeux. En la matière, les expertises sont diverses et l’un des premiers défis est de les mettre en relation, qu’elles viennent des chercheurs, des institutions ou du terrain. C’est une avenue à suivre pour les organisations qui travaillent au bien commun. « L’engagement philanthropique doit être favorisé car il permet de s’approprier les enjeux, mais permet aussi de se réunir, de se concerter et de s’instruire mutuellement. », insiste Mme Schmid.

L’autre champ d’action pour l’engagement et l’action philanthropique est de travailler à plus de démocratie, notamment en sortant de l’idée que certains sujets sont réservés aux institutions « Remettre de la démocratie partout c’est à l’opposé de l’idée que certains enjeux sont réservés aux experts. C’est une remise en cause des relations de pouvoir. », renchérit Lucile Schmid.

Des enjeux et des vulnérabilités intereliés

Les dix dernières années nous ont fortement démontré que les défis liés à l’environnement, au changement climatique ou à notre relation au vivant, sont irréversibles et constituent des dangers immédiats et futurs pour nos sociétés, ainsi que pour les humains en général.

Ces changements affectent plus durement les populations défavorisées. Il y a un lien entre les inégalités sociales, la santé et les changements climatiques . Ils donneront lieu à de nouveaux phénomènes : les réfugiés climatiques et des déplacements massifs de population dans les prochaines décennies. Dès maintenant, la justice sociale ne peut plus être séparée de la justice environnementale. Les acteurs engagés et philanthropes auront à faire preuve d’un grand leadership dans cette mutation nécessaire de notre société.

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