Le développement durable attire de nombreux talents

Publié le 13/04/2022 à 15:00

Le développement durable attire de nombreux talents

Publié le 13/04/2022 à 15:00

Par Léa Villalba

Selon une étude publiée en 2020 par la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), Léger et Aviseo Conseil, 71% de la main-d’œuvre accorde de l’importance au bilan environnemental d’une entreprise. (Photo: 123RF)

DÉVELOPPEMENT DURABLE. De plus en plus d’employés sont sensibles à la place que fait l’entreprise pour laquelle ils travaillent au développement durable. Pour certains, il s’agit d’un argument aussi fort (ou même plus) que le salaire. Une tendance qui s’affirme davantage avec les nouvelles générations.

«On travaille fort, mais on est heureux et on sait pourquoi on se lève le matin», témoigne Johanne Dubois, employée depuis près de huit ans chez Tred’si, une entreprise de récupération du bois traité située à Westbury, en Estrie. Pour elle, il s’agit d’un endroit «où faire une différence» en matière environnementale.

Avec les années, l’entreprise familiale a en effet développé une mission de plus en plus écoresponsable. «De 1984 à 1997, on était une scierie classique, explique Mohika Tremblay, à la tête de l’entreprise depuis 2015. Ensuite, mon père, Jean-Yves Tremblay, s’est rendu compte de l’importance des matières résiduelles et a voulu changer la donne.»

Aujourd’hui, Tred’si donne une deuxième vie utile au bois traité, des poteaux électriques et téléphoniques aux glissières de sécurité en passant par les dormants de chemin de fer. «Soit on revend du matériel encore beau, soit on le transforme [en d’autres pièces de bois], soit on en fait des copeaux qui peuvent être valorisés en matière ou en énergie», énumère la directrice générale. 

Ses valeurs écologiques permettent à Tred’si de compter sur une équipe d’une vingtaine d’employés présents depuis de nombreuses années. «Quand ils comprennent qu’ils font une différence dans le monde grâce à leur travail, ça leur donne le goût de rester, croit-elle. Les gens veulent donner un sens à ce qu’ils font au quotidien».

 

Une tendance à la hausse 

«Les entreprises, et en particulier les PME, sont très mobilisées pour l’élaboration de pratiques en développement durable», explique Hélène Lauzon, PDG du Conseil patronal de l’environnement du Québec (CPEQ). Au Québec, ce sont plus de 92% des entreprises de cinq employés et plus ont mis en œuvre une ou des pratiques d’affaires écoresponsables ou ont adopté au moins une technologie propre en 2021, selon l’Institut de la statistique du Québec. Une proportion qui tournait autour de 60-70% en 2019. 

«Aujourd’hui, c’est un incontournable. Une entreprise qui ne se préoccupe pas de cet aspect peut perdre des membres de son équipe», constate Hélène Lauzon. En effet, en plus de favoriser une bonne image de marque et d’augmenter sa performance environnementale, les pratiques en développement durable permettent de fidéliser la clientèle, mais aussi d’attirer et de fidéliser des employés. Selon une étude publiée en 2020 par la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), Léger et Aviseo Conseil, 71% de la main-d’œuvre accorde de l’importance au bilan environnemental d’une entreprise. 

Selon la PDG du CPEQ, les questions d’environnement ont pris de l’importance dans les dernières années au sein des entreprises québécoises. La pandémie a aussi accéléré l’évolution des mentalités. «La nouvelle génération recherche et s’engage vraiment davantage dans ce genre d’industries, mais c’est un aspect qui devient important quel que soit l’âge», poursuit-elle. Tred’si l’a remarqué. Chaque année, la PME emploie plusieurs jeunes et étudiants pour du travail saisonnier. «On constate que l’environnement est une préoccupation très importante pour eux», avance Mohika Tremblay. 

Du côté de la PME Mannanova, la tendance se confirme également depuis son lancement, en 2014. «Dans notre équipe, tout le monde pense à l’environnement, les gens ont à cœur une consommation plus responsable et veulent avoir un effet positif dans le monde», raconte Eduardo Fonseca Arraes, vice-président de l’entreprise d’une dizaine d’employés. Celle-ci offre des services de consultation et de formation à ceux qui souhaitent développer leur marque de kombucha et fabrique aussi son propre breuvage, Kombucha MaBrasserie. Par la nature même de son produit, Mannanova attire des personnes sensibilisées aux questions environnementales, car il s’agit d’«un produit santé, biologique et naturel».

Depuis 2018, l’entreprise a mis en place, avec l’aide du CPEQ, de nouvelles pratiques afin de réduire ses déchets. «On paye un fermier pour qu’il vienne récupérer nos déchets de thé vert et il s’en sert pour nourrir ses chèvres», explique Eduardo Fonseca Arraes. Les méthodes de travail ont aussi été revues. «On a un système de gestion horizontale qu’on appelle la sociocratie», ajoute-t-il. Ce mode de gouvernance partagée par l’ensemble des acteurs impliqués vise «l’évolution d’organisations agiles et résilientes». 

De plus, le nombre de jours de travail a été diminué à quatre par semaine, un «plan dentaire» ainsi qu’un REER collectif ont été mis en place pour tout le personnel et cinq semaines de vacances sont désormais accordées à tous. Des conditions de travail qui attirent, et retiennent, les talents à Mannanova. «L’année dernière, quelqu’un nous a approchés parce qu’il voulait quitter son emploi dans une multinationale. Il a perdu en termes de salaires, mais préférait privilégier l’impact environnemental et les bénéfices de travailler avec nous», illustre le vice-président. 

De plus en plus d’employés sont sensibles à la place que fait l’entreprise pour laquelle ils travaillent au développement durable. Pour certains, il s’agit d’un argument aussi fort (ou même plus) que le salaire. Une tendance qui s’affirme davantage avec les nouvelles générations.
«On travaille fort, mais on est heureux et on sait pourquoi on se lève le matin», témoigne Johanne Dubois, employée depuis près de huit ans chez Tred’si, une entreprise de récupération du bois traité située à Westbury, en Estrie. Pour elle, il s’agit d’un endroit «où faire une différence» en matière environnementale.
Avec les années, l’entreprise familiale a en effet développé une mission de plus en plus écoresponsable. «De 1984 à 1997, on était une scierie classique, explique Mohika Tremblay, à la tête de l’entreprise depuis 2015. Ensuite, mon père, Jean-Yves Tremblay, s’est rendu compte de l’importance des matières résiduelles et a voulu changer la donne.»
Aujourd’hui, Tred’si donne une deuxième vie utile au bois traité, des poteaux électriques et téléphoniques aux glissières de sécurité en passant par les dormants de chemin de fer. «Soit on revend du matériel encore beau, soit on le transforme [en d’autres pièces de bois], soit on en fait des copeaux qui peuvent être valorisés en matière ou en énergie», énumère la directrice générale. 
Ses valeurs écologiques permettent à Tred’si de compter sur une équipe d’une vingtaine d’employés présents depuis de nombreuses années. «Quand ils comprennent qu’ils font une différence dans le monde grâce à leur travail, ça leur donne le goût de rester, croit-elle. Les gens veulent donner un sens à ce qu’ils font au quotidien».
Une tendance à la hausse 
«Les entreprises, et en particulier les PME, sont très mobilisées pour l’élaboration de pratiques en développement durable», explique Hélène Lauzon, PDG du Conseil patronal de l’environnement du Québec (CPEQ). Au Québec, ce sont plus de 92% des entreprises de cinq employés et plus ont mis en œuvre une ou des pratiques d’affaires écoresponsables ou ont adopté au moins une technologie propre en 2021, selon l’Institut de la statistique du Québec. Une proportion qui tournait autour de 60-70% en 2019. 
«Aujourd’hui, c’est un incontournable. Une entreprise qui ne se préoccupe pas de cet aspect peut perdre des membres de son équipe», constate Hélène Lauzon. En effet, en plus de favoriser une bonne image de marque et d’augmenter sa performance environnementale, les pratiques en développement durable permettent de fidéliser la clientèle, mais aussi d’attirer et de fidéliser des employés. Selon une étude publiée en 2020 par la Commission des partenaires du marché du travail (CPMT), Léger et Aviseo Conseil, 71% de la main-d’œuvre accorde de l’importance au bilan environnemental d’une entreprise. 
Selon la PDG du CPEQ, les questions d’environnement ont pris de l’importance dans les dernières années au sein des entreprises québécoises. La pandémie a aussi accéléré l’évolution des mentalités. «La nouvelle génération recherche et s’engage vraiment davantage dans ce genre d’industries, mais c’est un aspect qui devient important quel que soit l’âge», poursuit-elle. Tred’si l’a remarqué. Chaque année, la PME emploie plusieurs jeunes et étudiants pour du travail saisonnier. «On constate que l’environnement est une préoccupation très importante pour eux», avance Mohika Tremblay. 
Du côté de la PME Mannanova, la tendance se confirme également depuis son lancement, en 2014. «Dans notre équipe, tout le monde pense à l’environnement, les gens ont à cœur une consommation plus responsable et veulent avoir un effet positif dans le monde», raconte Eduardo Fonseca Arraes, vice-président de l’entreprise d’une dizaine d’employés. Celle-ci offre des services de consultation et de formation à ceux qui souhaitent développer leur marque de kombucha et fabrique aussi son propre breuvage, Kombucha MaBrasserie. Par la nature même de son produit, Mannanova attire des personnes sensibilisées aux questions environnementales, car il s’agit d’«un produit santé, biologique et naturel».
Depuis 2018, l’entreprise a mis en place, avec l’aide du CPEQ, de nouvelles pratiques afin de réduire ses déchets. «On paye un fermier pour qu’il vienne récupérer nos déchets de thé vert et il s’en sert pour nourrir ses chèvres», explique Eduardo Fonseca Arraes. Les méthodes de travail ont aussi été revues. «On a un système de gestion horizontale qu’on appelle la sociocratie», ajoute-t-il. Ce mode de gouvernance partagée par l’ensemble des acteurs impliqués vise «l’évolution d’organisations agiles et résilientes». 
De plus, le nombre de jours de travail a été diminué à quatre par semaine, un «plan dentaire» ainsi qu’un REER collectif ont été mis en place pour tout le personnel et cinq semaines de vacances sont désormais accordées à tous. Des conditions de travail qui attirent, et retiennent, les talents à Mannanova. «L’année dernière, quelqu’un nous a approchés parce qu’il voulait quitter son emploi dans une multinationale. Il a perdu en termes de salaires, mais préférait privilégier l’impact environnemental et les bénéfices de travailler avec nous», illustre le vice-président. 

 


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