Actions et obligations: c'est le monde à l'envers

Publié le 08/04/2022 à 13:10

Actions et obligations: c'est le monde à l'envers

Publié le 08/04/2022 à 13:10

Par Jean Gagnon
Une personne qui consulte des cotes boursières sur son téléphone intelligent.

Les fonds reproduisant le rendement de l’indice des obligations canadiennes ont connu un dur premier trimestre. (Photo: 123RF)

La BOUSSOLE BOURSIÈRE est une rubrique qui traite d’un événement marquant et de son effet sur le marché boursier en s’appuyant sur l’analyse d’experts. Cette analyse pourra être autant fondamentale que technique.


(Illustration: Camille Charbonneau)

 

Si durant le premier trimestre vous déteniez un fonds d’actions qui tentait de reproduire le rendement de l’indice S&P/TSX de la Bourse de Toronto, vous avez probablement réalisé un rendement d’environ 3% pour cette période de trois mois. Pas mauvais du tout si l’on compare aux indices américains où le S&P500 et le Nasdaq ont perdu respectivement 5% et 9,1%. 

Toutefois, si vous déteniez également un fonds d’obligations qui visait à reproduire le rendement de l’indice des obligations canadiennes, le rendement aurait beaucoup moins intéressant, car vous auriez perdu environ 7%. C’est vraiment le monde à l’envers, direz-vous.

En effet, les obligations sont généralement reconnues comme une classe d’actif plus conservatrice que les actions, donc moins risquée. Que s’est-il donc passé durant ce trimestre, et risque-t-on de revivre la même situation au cours des prochains trimestres?

 

 

Le spectre de l’inflation

Bien que les épargnants seront nombreux à s’étonner de ces résultats, les experts, eux, n’ont pas été surpris. « Nous avions une cible de rendement négatif pour les obligations depuis le début de l’année », dit Jimmy Jean, économiste en chef chez Desjardins.

Les prix des obligations baissent lorsque les taux d’intérêt montent. Et pour combattre l’inflation qui explose depuis quelques mois, les banques centrales, autant canadienne qu’américaine, ont amorcé une hausse de leurs taux directeurs. Et les économistes s’entendent à dire que cette stratégie des banques centrales va s’accélérer au cours des prochains mois.

Les négociants sur les marchés obligataires ont certes vu venir la chose, et ils ont pris les devants en larguant les obligations. On a n’a qu’à jeter un coup d’oeil sur le graphique montrant les variations du taux de rendement des obligations de 10 ans du gouvernement du Canada depuis un an pour constater l’ampleur et la rapidité de la hausse, surtout lors du mois de mars.

 

La hausse des taux va-t-elle se poursuivre ?

Le risque est grand que les taux continueront de monter tant que l’inflation ne montrera pas de signe de ralentissement, explique Guy Liébart, Président de Gestion Sodagep.

Le taux d’inflation au Canada se situe entre 5% et 6%, alors que le rendement des obligations à long terme est encore en bas de 3%, et ce, malgré la hausse importante du dernier mois. Le taux d’intérêt réel, soit le taux nominal moins l’inflation est donc fortement négatif. « Un des plus négatifs depuis de nombreuses années », note Guy Liébart.

Un taux d’intérêt réel négatif a comme effet de stimuler l’économie, et en même temps l’inflation. Les experts ne s’attendent donc pas à ce que le cycle de hausses de taux d’intérêt ne s’estompe bientôt.

 

 

Comment se prémunir

« Ce n’est certainement pas le moment de défier cette tendance à la hausse des taux d’intérêt », suggère Jimmy Jean. Les investisseurs doivent privilégier les obligations à court terme, selon lui.

L’impact d’une hausse de taux sur le prix d’une obligation à court terme est beaucoup moins grande que sur le prix d’une obligation à long terme. De plus, à l’échéance de l’obligation, l’investisseur récupère le montant total de son capital investi. Rester dans des titres à court terme semble donc être le mot d’ordre pour les investisseurs en obligations, du moins pour l’instant.

 

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