Le Québec est à l’avant-garde en matière d’alimentation

Publié le 12/06/2023 à 10:30

Le Québec est à l’avant-garde en matière d’alimentation

Publié le 12/06/2023 à 10:30

Tous les produits qui passent par plusieurs étapes de fabrication ne sont pas nécessairement des aliments ultra transformés. (Photo: Stephan Johnson pour Unsplash)

EXPERTE INVITÉE. L’été est à nos portes, période où les nouvelles (actualités politiques et autres) se font plus rares. C’est souvent durant cette période que l'aliment et l’alimentation occupent le plus d’espace dans nos médias. Vous l’aurez certainement remarqué!

Par exemple, les offres de produits et de recettes pour la saison des barbecues se multiplient, et on nous propose les meilleures terrasses de restaurants.

À l’autre extrémité du spectre, l’inflation et l’impact sur le coût des aliments occupent – avec raison ¬– beaucoup de place. Plus récemment, nous sommes assaillis d'informations sur les aliments transformés ou ultra transformés, qui nous font douter et qui rendent plus ardue la prise de décision au niveau alimentaire.

On démonise aussi les termes aliments « industriels » et « transformés ».

Il faut commencer par la base; qu’est-ce qu’un aliment transformé? Définition simple : tout aliment qui n’est plus dans sa forme originale a subi une transformation.

Presque tous les aliments et boissons qui ne sont pas dans les allées de fruits et légumes frais ont subi une ou plusieurs transformations. Plus on retrouve une liste d'ingrédients importante, ou une complexité dans la composition de l’aliment, plus le produit a subi d’étapes de transformation.

En effet, un lien évident lie la santé et l’alimentation.

 

Comment l’alimentation favorise la santé

Certaines catégories de produits alimentaires sont à consommer avec modération, particulièrement les produits trop sucrés, trop gras ou trop salés. Le plus important est d’adopter une diète équilibrée et de saines habitudes de vie.

Le tableau de valeur nutritive (TVN) est un outil utile même s’il peut sembler difficile à lire et à comprendre. Il faut savoir que dans les deux prochaines années, il sera modifié pour être plus complet et descriptif.

De plus, un symbole supplémentaire apparaîtra sur le devant des emballages des produits alimentaires qui contiennent plus de 15 % de l’apport quotidien en sodium, en sucre ou en gras.

Il sera ainsi plus facile d’identifier les produits à consommer avec modération.

Tous les produits qui passent par plusieurs étapes de fabrication ne sont pas nécessairement des aliments ultra transformés.

Par exemple, et sans vouloir pointer du doigt un produit en particulier, prenons le tofu biologique. Ce produit, qu’on associe généralement à une diète santé, est souvent industrialisé, subit plusieurs étapes de transformation, en plus d’y ajouter du sel, avant de se rendre chez votre épicier.

Est-ce que ça suppose que cet aliment ultra transformé est donc mauvais pour la santé? Non!

Et c’est la même situation pour plusieurs produits consommés tous les jours tels les produits laitiers, les légumes surgelés ou en conserve, la farine, les huiles, les jus de fruits, les produits de boulangerie, la volaille, etc.

Ce sont tous, par définition, des produits transformés.

 

Une industrie dynamique et innovante

Il faut faire la part des choses, bien s’informer et arrêter de dévaloriser le terme « transformé » qui s'applique pour l’ensemble des produits issus du secteur alimentaire.

Cette industrie, dynamique et innovante, travaille constamment pour développer l’offre alimentaire de demain.

C’est toute la chaîne d’approvisionnement alimentaire – de la terre à la table – qui assure un approvisionnement continu et un accès à tous vos aliments préférés, des produits de cuisson de base jusqu’aux plats prêts à manger.

L’amélioration alimentaire, qui est par définition innovante, est une constante pour un transformateur alimentaire.

Sans innovation, pas de nouveaux marchés!

Depuis quelques années, il existe un grand mouvement au Québec, une mobilisation initiée par l'industrie alimentaire nommée Amélioration alimentaire Québec (AAQ).

Cette initiative mobilise universités, experts en alimentation, centres d’innovation, chercheurs, etc., en plus d’être appuyé par le gouvernement grâce à la Politique bioalimentaire et ses nombreuses initiatives « santé ».

Je veux souligner que plusieurs entreprises alimentaires québécoises innovent en proposant des solutions pour améliorer leur offre alimentaire.

On réduit les sucres, le sodium et les gras. On simplifie les listes d’ingrédients et on intègre plus de fibres, d’intrants frais ou encore des vitamines et minéraux.

Le Québec est à l’avant-garde.

Afin d’appuyer les entreprises dans leur innovation, AAQ a développé un parcours ainsi qu’un outil d’aide à la prise de décision unique pour répondre aux besoins des entreprises qui veulent entreprendre une démarche d’amélioration de leurs produits alimentaires.

AAQ a d’ailleurs créé un portail sur ce parcours que vous pouvez consulter ici.

Ces démarches s'intègrent dans une vision stratégique plus large de santé et de développement durable qui est aussi au cœur de la vision du secteur alimentaire.

Je vous souhaite donc de bien manger – des produits d’ici.

Bon début d’été!

 

 

À propos de ce blogue

La face cachée de votre assiette est le blogue de Sylvie Cloutier, présidente-directrice générale du Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ) depuis 2010. Nommée Leader d’influence par le Réseau des Femmes d’affaires du Québec, Sylvie a récemment obtenu la certification GCB.D (ESG Global Competent Boards Designation). Sylvie Cloutier est une incontournable du secteur bioalimentaire au Québec. Elle participe activement à l’élaboration de plusieurs décisions gouvernementales et réglementaires qui touchent le secteur alimentaire québécois. Reconnue pour son dynamisme et son leadership, Sylvie assure la représentation, la promotion et la défense des intérêts de l’industrie de la transformation alimentaire du Québec. Sylvie est co-présidente du Conseil consultatif de la politique alimentaire du Canada, co-fondatrice de Aliments et boissons Canada, et siège sur plusieurs conseils d’administration dont ceux Moisson Montréal, de Banques alimentaires Canada, de Financement agricole Canada et de l'Institut canadien des politiques agroalimentaires. Elle s’implique également auprès du comité de financement de La Tablée des Chefs.

Sylvie Cloutier

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