Le taux de participation, je l'ai en travers de la gorge!

Publié le 09/11/2021 à 11:30

Le taux de participation, je l'ai en travers de la gorge!

Publié le 09/11/2021 à 11:30

(Photo: 123RF)

BLOGUE INVITÉ. Nous sommes pourris gâtés !

Le politologue en moi a mal en écrivant ses mots. Dimanche soir, au lieu de célébrer une soirée électorale qui, en temps normal, représente l’un des symboles les plus puissants de notre démocratie, j’ai plutôt été témoin du danger et du piège que de vivre dans une société où l’on a piétiné, sans aucun remords, l’un des droits de la personne les plus fondamentaux, le vote.

Effectivement, j’ai bien de la difficulté à comprendre les taux faméliques de participation aux dernières élections municipales. Je ne m’attendais pas à voir des lignes interminables au bureau de vote, mais je ne m’attendais pas non plus à n’y voir personne… ou presque.

Il est tout de même ironique de voir des foules de dizaines, voire de centaines de milliers s’offusquer, descendre dans les rues pour hurler tout et son contraire, mais quand vient véritablement le temps de s’exprimer, de prendre position, de faire une différence, d’avoir le luxe, car c’est un luxe, de choisir nos leaders et de participer à la vie démocratique de notre ville, province ou pays, la majorité ne font même pas l’effort de se déplacer afin, ne serait-ce, que d’annuler leur vote ou de voter blanc. Dans une société qui se définit par l’image superficielle, faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Les différentes plateformes sociales sont inondées de gérants d’estrade à l’opinion facile qui, le moment venu, choisissent de se taire plutôt que d’avoir le courage de leurs convictions. Dimanche, aux quatre coins de la province, des citoyens ont abandonné leur droit de parole.

À Montréal, pourtant aux prises avec des défis de relance post-Covid, de centre-ville en détresse, de mobilité urbaine, d’insécurité, de malpropreté, d’exode des familles, de coût de vie, et j’en passe, la campagne, proposant pourtant une chaude lutte entre deux candidats ayant des visions et des manières aux antipodes l’un de l’autre, n’a guère fait mieux que les autres villes avec à peine 38 % de taux de participation. Les autres citoyens avaient certainement des choses plus importantes à faire…

C’est bien mal connaître l’histoire que de choisir de ne pas voter, pire, c’est une insulte envers ceux et celles qui ont luttés pour en avoir le droit, lutter jusqu’à la mort pour certains. Savez-vous qu’au Canada, le droit de vote a été accordé qu’en 1940 aux femmes et qu’en 1960 aux Autochtones. Les suffragettes doivent se retourner dans leur tombe ! 

En votant, on ne profite pas seulement de notre liberté d’expression, on remercie ceux et celles qui ont lutté, pendant plus d’un siècle, afin d’obtenir ce droit dont nous avons hérité sans aucun effort de notre part.

C’est le 10 décembre 1948, au magnifique Palais de Chaillot à Paris, que l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ayant comme objectif de préciser les droits fondamentaux de tout homme, femme ou enfant vivant sur notre planète, c’est à l’article 21 que le droit de vote est abordé.

« Déclaration universelle des droits de l’homme — Article 21 »

1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l’intermédiaire de représentants librement choisis. 

2. Toute personne a droit d’accéder, dans des conditions d’égalité, aux fonctions publiques de son pays.

3. La volonté du peuple est le fondement de l’autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s’exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote. »

Aujourd’hui, en 2021, des centaines de millions d’êtres humains, aux quatre coins de la planète, n’ont toujours pas le droit de voter afin de choisir librement leurs dirigeants. Des centaines de millions d’autres « votent » sans aucune influence sur le résultat final, le processus étant sabordé d’avance par quelques soi-disant politiciens sans scrupule.

Pire, combien de personnes sont tuées, torturées, emprisonnées chaque année pour le simple fait d’oser vouloir voter lors d’élections libres et transparentes ?

Pour tout vous dire, je suis déçu de nous. Déçu que l’on cache notre décision derrière des excuses de pacotilles, déçu que nous ne prenions pas notre rôle de citoyen à cœur, déçu du « je m’en foutisme » généralisé qui fragilise la société démocratique dans laquelle nous vivons. Ne pas voter est un geste irresponsable et égoïste, c’est un acte de soumission.

Alexis Le Gall, héros de la Seconde Guerre mondiale et combattant de la France Libre, disait que voter c’était écrire l’Histoire, et bien en écrivant cette chronique, j’espère sincèrement que lors des prochains scrutins, l’histoire ne se répètera pas !

À propos de ce blogue

Je me suis lancé en affaires quelques jours après avoir gradué de l’Université de Montréal en science politique. Un peu par hasard, beaucoup par folie, je suis devenu entrepreneur sans trop savoir ce qui m’attendait. Bien que ma première expérience en affaires fut catastrophique, je suis tombé en amour avec l’entrepreneuriat. Aujourd’hui, je suis à la tête d’un des plus grand producteurs de spiritueux et prêt-à-boire en Amérique du Nord et ce ne sont pas les projets qui manquent! Depuis novembre 2015, je partage chaque semaine ici mes idées, mes opinions et ma vision sur le monde des affaires et les sujets de société qui m’interpellent. Bienvenu dans mon monde!

Nicolas Duvernois

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