Profits: pas d'euphorie possible

Publié le 23/02/2015 à 09:26

Profits: pas d'euphorie possible

Publié le 23/02/2015 à 09:26

Les principaux indices boursiers, malgré des vents contraires, continuent de réaliser de nouveaux sommets historiques. Or, ce ne sont pas les résultats financiers récents, ni les perspectives à court terme qui expliquent l’enthousiasme des investisseurs. Car de ce côté, il n’y a pas de place pour l’euphorie.

Jusqu’à maintenant, environ 80% des sociétés du S&P 500 ont publié leurs résultats du quatrième trimestre 2014. Elles ont réalisé une progression de 6,5% de leurs bénéfices avec une hausse de 1,2% des revenus. Selon Zacks Investment Survey, 69% des sociétés ont battu les attentes concernant les profits et 56% ont fait de même avec les revenus.

On parle donc d’un trimestre potable, même si c’est en baisse par rapport à la croissance des bénéfices de 6,9% du troisième trimestre. Ce qui est moins intéressant, c’est que les sociétés ont profité de leurs résultats annuels pour diminuer les attentes pour le trimestre en cours et aussi 2015 dans son ensemble.

Les analystes financiers n’ont pas eu d’autre choix que de réduire leurs prévisions, au point où maintenant ils s’attendent à une baisse des bénéfices pour le premier trimestre.

Par exemple, en octobre, les analystes prévoyaient en moyenne une croissance de 10,8% des bénéfices pour le premier trimestre qui se terminera le 31 mars. Le 19 février, ce n’est pas une croissance, mais bien un recul de 3,6% qu’on prévoit. Évidemment, la réplique facile, c’est de dire que la dégringolade s’explique par l’effondrement des prix pétroliers. C’est vrai, mais seulement en partie.

En effet, si on exclut les sociétés pétrolières du S&P 500, les analystes prévoient une croissance de seulement 4,3% des bénéfices pour le premier trimestre. En octobre, c’était une croissance de 12,3% qu’on prévoyait pour le S&P 500, ex-pétrole. C’est tout un recul en quelques semaines.

Ce qui fait que l’année 2015 pourrait bien en être une de surplace quant aux bénéfices du S&P 500. Actuellement, les prévisions sont de 121$US pour le S&P 500, soit une croisssance d’un peu plus de 3% par rapport à la prévision de 117$US pour 2014. Il faut attendre 2016 pour retrouver un rythme de croissance appréciable alors que les analystes prévoient 136$US, soit plus de 12% par rapport aux attentes de cette année.

On voit qu’on s’attend à un certain rattrapage l’an prochain.

On s’entend pour dire que tout cela est très embryonnaire dans le sens qu’avec la tendance actuelle aux révisions sensibles à la baisse, il faut un peu de foi pour y croire vraiment.

Tout cela n’est pas si effrayant avec un marché boursier dont l’évaluation reste raisonnable, à environ 17 fois les profits de cette année (15,4 fois ceux de 2016). C’est justement mon point, avec des résultats financiers ordinaires, il n’y a pas de place pour l’euphorie chez les investisseurs.

C’est d’ailleurs une bonne chose!

Bernard Mooney

 

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