De nouveau les retraites, encore des récriminations

Publié le 27/04/2013 à 00:00, mis à jour le 25/04/2013 à 09:50

De nouveau les retraites, encore des récriminations

Publié le 27/04/2013 à 00:00, mis à jour le 25/04/2013 à 09:50

Ceux qui n'en ont pas parlent avec amertume de ceux qui en ont. Et ceux qui en ont parlent avec amertume de ce qu'ils auraient dû avoir de plus.

C'est ainsi qu'on pourrait résumer les discussions qui surgissent inévitablement dès qu'il est question des régimes de retraite.

Le seul fait d'avoir rappelé qu'à cet égard le Québec roule à deux vitesses, puisqu'un citoyen sur deux ne dispose pas d'un régime de retraite d'employeur, déclenche les passions et les commentaires.

Quelques retraités de la fonction publique m'ont d'ailleurs signalé une imprécision dans mon texte de la semaine dernière. J'écrivais : «La rente (indexée) sera versée régulièrement jusqu'à ce que mort s'ensuive.» Dans les faits, l'indexation est partielle, puisque l'ajustement ne commence qu'à partir d'une inflation de 3 %. En deçà de ce taux, il n'y a pas d'indexation. Et cette formule irrite manifestement bon nombre de retraités, qui ne voient pas de majoration de leur rente année après année.

Oui, mais l'autre moitié de la population, elle, n'a droit à aucune indexation, pour la bonne raison qu'elle ne possède même pas de régime. Des millions de gens doivent donc accumuler tout seuls un capital suffisant pour la retraite. Avec les taux d'intérêt faméliques que l'on connaît depuis maintenant plusieurs années, c'est de moins en moins facile.

Ils haussent donc les épaules lorsqu'on ramène sur le tapis cette question d'indexation incomplète. «Problème de bien nantis», ai-je entendu. Dans un sens, on ne peut les blâmer. Mais on ne peut blâmer non plus les salariés maintenant à la retraite à qui on avait laissé miroiter davantage, et qui estiment avoir été dupés par des promesses non tenues.

Dans ce débat, à peu près personne n'est satisfait. Et cette rancoeur est mauvaise conseillère.

Par exemple : une dame (retraitée de la fonction publique) m'écrit que, si elle avait connu les limites de cette formule d'indexation, elle aurait volontiers géré elle-même son fonds de retraite. Heureusement pour elle que c'était impossible ! Pour recevoir l'équivalent de la rente qu'elle reçoit aujourd'hui (tout à fait légitimement), elle aurait dû mettre de côté des centaines de milliers de dollars, voire au-delà d'un million, et espérer qu'un rendement, même modeste, joue le même rôle qu'un mécanisme d'indexation. Croyez-en ceux qui sont contraints de se débrouiller ainsi : c'est une très lourde commande.

Il existe un danger réel de dérapage lorsqu'on s'aventure sur le terrain des comparaisons. De là l'importance de garder la tête froide, autant que faire se peut, et de rappeler que l'objectif ne devrait pas être de rétrécir la couverture au moment de la retraite, mais bien de l'élargir pour qu'elle protège encore plus de monde.

Comment ? Le rapport D'Amours y va de certaines suggestions qui devront être étudiées au mérite, comme l'instauration de cette rente de longévité qui serait versée à compter de 75 ans. C'est déjà un point de départ pour une discussion fondamentale à laquelle nous ne pouvons plus échapper.

Et l'empreinte démocratique, elle ?

Impayables, ces Québécois. Dans un texte récemment publié sur lapresse.ca, on présentait les résultats d'un sondage Nanos Research sur le sentiment de la population canadienne et américaine à l'égard du pétrole importé.

Il en ressort que les Québécois font une nouvelle fois bande à part. «Les Québécois sont en effet les seuls, et de loin, à exprimer majoritairement (53,4 %) une préférence à continuer de consommer du pétrole produit dans des pays comme l'Algérie ou le Nigeria si cela permet de réduire l'empreinte sur l'environnement», écrivait-on.

Les chiffres ne mentent pas. Mais il faut se pincer pour les croire.

Autrement dit, mieux vaut continuer à soutenir par ces achats des régimes controversés, voire corrompus, dans des conditions d'exploitation de la ressource souvent douteuses, puis accepter de voir des superpétroliers naviguer à travers l'océan jusque dans le Saint-Laurent. Peu importe l'empreinte morale, politique ou environnementale, dans ce cas-ci. C'est loin de chez nous et on ne cherche pas trop à savoir ce qui est en cause.

Mais le pétrole de l'Alberta, quelle horreur ! Dire qu'on parle de nous en envoyer jusqu'ici par pipeline ! Plus qu'une empreinte, ce serait l'équivalent d'un cratère dans notre conscience. Vade retro ! Mais le diable ne se cache pas toujours là où l'on pense...

DE MON BLOGUE

École et économie

Au Québec, peu d'intérêt à enseigner l'économie aux jeunes

Dans tout le Canada, c'est au Québec que les parents croient le moins à l'utilité des notions d'économie à l'école [...] Il n'y a plus de cours d'éducation économique au programme du secondaire [...] Une société consciente de l'urgence de former des citoyens responsables devrait être beaucoup plus active à cet égard.

Vos réactions

«Du moins, de mon côté, ces notions apprises en secondaire 5 il y a une dizaine d'années m'ont servi à devenir un citoyen et un consommateur plus averti et éclairé.»

- Anastasis

«Le problème, au Québec, est que nous avons été élevés dans un environnement judéo-chrétien ou l'argent était nécessairement perçu comme mauvais. Certains peuples ont compris que nous pouvons utiliser l'argent comme instrument de levier qui engendre une richesse qui peut ensuite être redistribuée de façon équitable.»

- sblouin

L'objectif ne devrait pas être de rétrécir la couverture au moment de la retraite, mais bien de l'élargir pour qu'elle protège encore plus de monde.

rene.vezina@tc.tc

blogue > www.lesaffaires.com/rene-vezina

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