Le «dollar numérique» devrait venir de la Banque du Canada, dit un de ses dirigeants

Publié le 11/02/2021 à 09:27

Le «dollar numérique» devrait venir de la Banque du Canada, dit un de ses dirigeants

Publié le 11/02/2021 à 09:27

Par La Presse Canadienne
Des cryptomonnaies

La Banque du Canada développe déjà sa propre monnaie numérique, comme plusieurs autres de ses consoeurs dans le monde, dans l'éventualité où l'émission d'une telle devise deviendrait nécessaire. (Photo: Getty images)

La Banque du Canada devrait être l'émetteur d'un éventuel «dollar numérique» plutôt que d'en céder le contrôle à des groupes privés et leurs cryptomonnaies, a fait valoir mercredi un sous-gouverneur de la banque centrale dans un plaidoyer détaillé.

La banque centrale développe déjà sa propre monnaie numérique, comme plusieurs autres de ses consoeurs dans le monde, dans l'éventualité où l'émission d'une telle devise deviendrait nécessaire. 

Dans le texte d'un discours qu'il devait livrer mercredi, le sous-gouverneur de la Banque du Canada Timothy Lane a indiqué que son institution ne voyait toujours pas de besoin pour une cryptomonnaie, même si la pandémie a accéléré le passage à une économie plus numérique.

Mais cela pourrait changer si la baisse de l'acceptation de l'argent comptant atteignait un point de basculement au pays, a-t-il ajouté. 

Selon M. Lane, toute monnaie numérique devrait provenir d'une banque centrale pour assurer que l'intérêt du public demeure en tête des priorités, plutôt que les profits du secteur privé. 

Seule une banque centrale peut garantir le respect des droits de la vie privée, le soutien de la concurrence et un accès universel pour les communautés éloignées ou marginalisées, a fait valoir M. Lane. 

De nombreuses entreprises technologiques récoltent les données des utilisateurs dans le cadre de leur modèle d'affaires afin de mieux cibler les produits et services, créant un cycle qui leur apporte plus d'utilisateurs, ce qui génère encore plus de données.

«Si le principal mode de paiement de l'économie reposait sur ce modèle d'affaires, son émetteur aurait le contrôle d'une énorme quantité de données. Imaginez alors son pouvoir de marché», a observé M. Lane. 

«Une entreprise technologique pourrait donc avoir les clés de toute l'économie? ce qui serait inquiétant pour la protection de la vie privée, la concurrence et l'inclusion.»

La Banque du Canada n'a pas l'autorité législative du Parlement pour offrir une monnaie numérique, mais uniquement pour concevoir, émettre et distribuer les billets bancaires physiques, qui s'insèrent dans des portefeuilles et sont remis au comptoir.

Depuis la première vague de COVID-19 il y a près d'un an, la banque centrale a observé ce que M. Lane a décrit comme une hésitation croissante à utiliser des espèces dans ce pays. Les enquêtes auprès des consommateurs menées par la banque centrale suggèrent que les commerçants préfèrent les paiements sans contact, et d'autres magasins refusent les espèces en raison des craintes de transmission du virus. 

Même dans cette économie de plus en plus numérique, les cryptomonnaies comme le Bitcoin «ont peu de chances de devenir l'argent du futur», a estimé M. Lane dans son discours destiné à l'Institut de valorisation des données de Montréal. Il a évoqué des méthodes de vérification coûteuses et leur valeur extrêmement instable, soulignant qu'«il suffit d'un tweet populaire pour que les prix explosent».

M. Lane a fait valoir qu'une grande quantité de travail réglementaire restait à faire avant que les cryptomonnaies stables, dont la valeur est adossée à des actifs sûrs, puissent être utilisées au Canada ou ailleurs.

 

Des virements plus rapides dès 2022

En attendant, la banque centrale vise l'été 2022 pour apporter des modifications aux systèmes de paiements électroniques du pays, qui traitera les paiements numériques en temps réel, qui ira «au-delà de ce qui est déjà possible» avec des virements comme ceux d'Interac. 

M. Lane a précisé que ce «système de paiement en temps réel» pourrait permettre aux entreprises de payer les travailleurs à temps partiel immédiatement après un quart de travail, ou laisser les acheteurs faire un dépôt numériquement, au lieu d'apporter physiquement une traite bancaire au bureau de leur avocat.

Il a également indiqué que le système pourrait permettre aux gouvernements de distribuer une aide d'urgence, comme les dizaines de milliards de dollars qui ont été versés pendant la pandémie, directement dans les comptes bancaires des citoyens, en quelques secondes.

De même, a poursuivi M. Lane, la banque centrale s'efforce de faciliter le transfert d'argent pour les personnes à l'étranger - un problème pour de nombreux nouveaux arrivants qui envoient de l'argent à leur famille dans leur pays d'origine, ou pour les snowbirds qui vont passer l'hiver au chaud, dans des pays au climat plus tempéré.

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