Une entreprise québécoise contribue à assurer la conformité des F1

Publié le 15/06/2022 à 10:55

Une entreprise québécoise contribue à assurer la conformité des F1

Publié le 15/06/2022 à 10:55

Par La Presse Canadienne

(Photo: La Presse Canadienne)

La Formule 1, catégorie reine du sport automobile, est depuis toujours un laboratoire d’innovations technologiques où les ingénieurs déploient des trésors d’ingéniosité pour améliorer la performance des monoplaces. Et souvent, ils n’hésitent pas à flirter avec les limites du règlement sportif pour tenter de prendre l’avantage sur la concurrence.

La Fédération internationale automobile (FIA), le chien de garde de l’application des règlements, s’est tournée vers une entreprise québécoise, InnovMetric, pour l’aider à s’assurer que toutes les écuries respectent bel et bien les règles du jeu lors des courses de F1.

L’entreprise cofondée en 1994 à Québec par Marc Soucy et Esther Bouliane profite donc de la présentation du Grand Prix du Canada ce week-end pour sortir de l’ombre et détailler la façon dont ses solutions logicielles contribuent, entre autres applications, à la sécurité et l’équité du sport automobile.

Grâce à la plateforme PolyWorks/Inspector, le fer de lance d’InnovMetric, la FIA a fait un grand pas en avant pour vérifier la conformité des voitures cette saison.

«Auparavant, la FIA effectuait ses vérifications à l’aide de gabarits 2D pour valider les formes aérodynamiques ou de calibres à limites pour évaluer les dimensions à respecter, explique Jean-Sébastien Blais, ingénieur et expert en déploiement de la solution d’entreprise chez InnovMetric. Bien que simples d’utilisation, ces méthodes sont coûteuses à entretenir et il faut les refaire chaque fois qu’une modification aux spécifications survient.

«À l’aide de notre logiciel, il suffit d’un ordinateur portable, d’une petite valise qui contient un traqueur laser et d’une personne qui peut faire à lui seul l’inspection. Il permet d’obtenir un rapport d’inspection imprimable et disponible tout de suite après avoir pris la mesure.»

Dans le concret, le logiciel permet de mesurer en trois dimensions des points prédéterminés de la monoplace. Un opérateur positionne un réflecteur sphérique sur des points précis qui sont captés par un traqueur laser. Ces mesures sont ensuite envoyées en temps réel dans la base de données et elles sont comparées à un modèle ou jumeau numérique de la voiture.

«C’est presque comme un architecte qui aurait fait un plan et, une fois le bâtiment terminé, quelqu’un sort son galon pour prendre les mesures pour vérifier s’il est conforme au plan numérique», illustre M. Blais.

Cet outil permet un gain de temps très appréciable puisque la FIA dispose de seulement cinq minutes pour inspecter chaque voiture avant ou après une course.

 

Technologie reconnue

Ce n’est pas par hasard si la FIA s’est tournée vers InnovMetric et sa plateforme logicielle pour assurer la conformité des véhicules sur les circuits partout sur la planète. Il y a déjà belle lurette que la plupart des écuries de F1 ont adopté cette application de mesure universelle de la compagnie québécoise.

«Tous les grands constructeurs automobiles utilisent notre logiciel dans la fabrication de leurs véhicules de production, souligne M. Blais. Et en maîtrisant cette technologie, quand ils ont une écurie de course comme Ferrari, ils peuvent l’appliquer de différentes façons.

«La FIA s’est rendue à l’évidence que pour être efficace, il leur fallait ce genre de technologie et nous sommes contents de collaborer avec eux.»

Quand un client comme la FIA achète le logiciel, il devient utilisateur de la licence pour une période indéfinie et, comme pour tous les autres logiciels, des mises à jour sont disponibles à chaque année. Grâce à son réseau de filiales, les spécialistes d’applications d’InnovMetric sont en mesure d’offrir un soutien technique sur le champ.

La technologie de la plateforme PolyWorks/Inspector offre aussi la possibilité de revérifier les données enregistrées à tout moment en cas de contestation.

«Par exemple, si on contestait la garde au sol d’une voiture six mois après un Grand Prix, comme nous avons une représentation exacte du véhicule au moment de la course, il serait possible de retourner faire les mesures et d’établir des constats», a noté M. Blais.

Si la FIA le désirait, cette technologie pourrait même lui servir à déterminer si le tracé des circuits est adapté aux voitures.

«PolyWorks est déjà utilisé sur des scènes d’accidents de la route. On peut faire le scan complet d’une zone et établir la distance de freinage et s’assurer que rien n’a été falsifié.

«Pourrait-on l’appliquer pour un circuit? Bien sûr, la technologie est prête à ça d’un point de vue logiciel. Mais je n’ai pas connaissance que la FIA voudrait aller dans cette direction.»

 

InnovMetric en quelques chiffres :

– Plus de 500 employés, dont 250 à Québec, et 13 filiales, dont 5 en Europe et 3 en Asie ;

- 18 700 clients dans 99 pays ;

– 98 des 100 plus grands fabricants à l’échelle mondiale utilisent PolyWorks ;

– 50% des revenus de la compagnie sont consacrés au soutien technique et à la recherche et au développement.

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