Industrie de l'aluminium: Cap sur le transport et les infrastructures


Édition du 07 Juin 2014

Industrie de l'aluminium: Cap sur le transport et les infrastructures


Édition du 07 Juin 2014

Plus d’aluminium entrera dans la construction du Ford F-150. Résultat : il pèsera 300 kilogrammes en moins

En plus du coût de l'énergie, les producteurs d'aluminium québécois souhaitent miser sur une diversification des débouchés, notamment du côté des transports et des infrastructures. Si l'utilisation de l'aluminium est de plus en plus prisée dans le transport terrestre, comme en fait foi la récente décision de Ford de fabriquer son robuste pick-up F-150 dans ce matériau, il n'en va pas de même pour les infrastructures.

«Le thème de notre effort de diversification des utilisations de l'aluminium, c'est de placer le bon matériau au bon endroit, dit Luc Roby, pdg de la Grappe industrielle de l'aluminium du Québec. Par exemple, peut-être que le béton est le meilleur matériau pour les piliers d'un pont, mais le coffrage, lui, pourrait contenir de l'aluminium.»

Des ingénieurs peu formés à l'utilisation de l'aluminium

Ce type d'utilisation se bute à un certain conservatisme de la part des ingénieurs civils et à une prudence, aussi grande que compréhensible, des principaux donneurs d'ouvrage que sont le ministère des Transports du Québec et les municipalités, peu habitués à utiliser ce matériau.

Selon Alain Desrochers, responsable scientifique, Centre de recherche sur l'aluminium - REGAL, le génie civil est relativement peu formé à l'utilisation de l'aluminium dans les infrastructures, contrairement à celles du béton, de l'acier ou même du bois. «Forcément, lorsque des projets se présentent, ils y vont avec ce qu'ils connaissent le mieux», dit-il. Même chose du côté du ministère des Transports, où l'emploi de l'aluminium ne fait pas partie de la culture.

Le coût un peu plus élevé de l'aluminium peut aussi en détourner certains. Un calcul sans vision à long terme, selon Luc Roby. «L'aluminium ne rouille pas, sa surface exige moins d'entretien, sa légèreté permet d'ajouter des structures, par exemple un toit sur un pont qui en assure l'étanchéité, illustre-t-il. À terme, l'utilisation de l'aluminium peut faire économiser jusqu'à un quart des coûts, et la durée de vie peut-être plus longue que les matériaux traditionnellement utilisés.»

Reste à l'industrie d'en convaincre les donneurs d'ouvrage. Une mission qui se situe tout en haut de la liste de ses priorités pour les prochaines années.

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