Protéger les courtiers de la violence physique et sexuelle

Publié le 16/02/2016 à 16:45

Protéger les courtiers de la violence physique et sexuelle

Publié le 16/02/2016 à 16:45

Par Matthieu Charest

L’agence immobilière Via Capitale va dévoiler d’ici quelques jours l’application Courtier 911. Il s’agit d’une application mobile toute simple, qui permet de lancer des alertes à son réseau en cas de danger imminent posé par des clients. Un problème trop fréquent et qui passe trop souvent sous le radar.

«Les femmes [courtières] sont souvent doublement victimes, explique David Martin, président et chef de la direction de Via Capitale. Leurs photo sont partout, elles sont connues dans leurs secteurs d’activités et, trop souvent, ne portent pas plainte si elles sont victimes d’un abus parce qu’elles ne veulent pas être stigmatisées».

Il est impossible de quantifier les abus dont sont victimes les courtiers. Il n’existe pas de statistiques au Québec à ce sujet, assure le président. «Et c’est le seul endroit en Amérique du Nord où nous n’avons pas de données à ce sujet».

Or, les gens qui travaillent à l’extérieur et plus tard le soir font face à plus de risques, selon le Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail.

Des histoires d’horreur

«Je me rappelle d’un cas dans un bureau où je travaillais. Un homme avait appelé à plusieurs reprises pour que nos agentes viennent évaluer sa propriété. Mais c’était un exhibitionniste qui voulait surtout se déshabiller devant nos courtières», raconte Michelle Demange, directrice services aux franchisés et de l’analyse du marché chez Via Capitale.

Et ce n’est pas que les femmes, «il y a aussi des hommes qui se sont fait agresser», ajoute-t-elle, sans compter tout ce qui s’est déjà produit aux États-Unis, dont plusieurs meurtres et plusieurs agressions sexuelles sur des courtiers.

Comment ça fonctionne

Développée au Québec, l’application regroupe plusieurs fonctions. Prendre des photos des plaques d’adresses ou d’immatriculations, par exemple. Mais surtout, Courtier 911 permet d’envoyer des messages textes déjà écrits, «je suis en danger» ou «je suis à X adresse» à son réseau, tout en partageant sa position géographique. L’app offre également un raccourci pour alerter les services d‘urgences.

«C’est bien important d’ouvrir l’outil avant chaque visite et de désactiver la fonction de verrouillage de son téléphone avant, précise Mme Demange. Et on le dit au client qu’on a cet outil-là, ce n’est pas gênant».

Protocole en place

L’agence a également développé une marche à suivre en cas d’alerte. La documentation sera partagée sans frais aux Remax, Royal LePage et toutes les autres bannières de ce monde qui en feront la demande.

Ce protocole permettra d’expliquer comment utiliser l’application, comment partager l’information avec son réseau (conjoints, collègues, etc.) et que faire dans une situation de danger imminent.

Les courtiers de Via Capitale auront accès gratuitement à l’application. Les agents des autres bannières pourront aussi se la procurer pour environ 10$.

«On ne fera un sou avec ça, précise David Martin, président et chef de la direction. La moitié des profits iront à la Grande guignolée des médias, et l’autre, à payer les coûts de l’application».

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