Ordre des ingénieurs: des radiations qui plombent la trésorerie


Édition du 26 Avril 2014

Ordre des ingénieurs: des radiations qui plombent la trésorerie


Édition du 26 Avril 2014

Photo: iStock

Près de 1 000 membres de l'Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) ont été radiés l'an dernier parce qu'ils ne se s'étaient pas conformés à un règlement relatif à la formation continue adopté par l'ordre professionnel il y a plus de deux ans.

«Au total, 1 079 personnes ont été radiées. À la suite de leur radiation, une centaine d'ingénieurs se sont conformés au nouveau règlement» et ont finalement pu être réintégrés, explique Stéphane Bilodeau, président de l'OIQ.

Cette vague de radiations plombe la trésorerie de l'OIQ, qui perd l'équivalent de «près de 500 000 $ en cotisations», concède le président. Chaque membre paie une cotisation annuelle avoisinant les 500 $.

Les membres de l'Ordre avaient deux ans pour se conformer au règlement, entré en vigueur en avril 2011, qui oblige les ingénieurs québécois à accumuler un minimum de 30 heures de formation continue sur deux ans.

L'OIQ est l'un des seuls ordres à avoir tardé à amender son code professionnel pour y intégrer de la formation continue obligatoire. En adoptant une telle mesure, il était prévisible qu'il perde certains membres qui approchent de la retraite ou qui travaillent dans d'autres secteurs, note Stéphane Bilodeau. Il admet que le «chiffre est significatif», même s'il ne représente que 1,5 % des quelque 60 000 membres de l'OIQ.

Quant à ceux qui ne s'y sont pas conformés, ils devront se soumettre à des mesures de «rattrapage» s'ils veulent recouvrer leur titre. «Nous ne pouvons pas arrêter d'être ingénieurs et le redevenir quand bon nous semble en se disant qu'on prend un ''break'' pendant quelques années.»

Le nombre de radiations n'inquiète pas outre mesure les représentants d'autres regroupements d'ingénieurs. «Le règlement a amené les entreprises à organiser les formations d'une façon plus formelle», indique Johanne Desrocher, pdg de l'Association des ingénieurs-conseils du Québec.

Yves Lavoie, président du Réseau des ingénieurs du Québec (RIQ), ajoute que «le décrochage est probablement plus présent chez les diplômés en ingénierie qui ne pratiquent pas en ingénierie et pour lesquels le titre n'est pas requis dans leurs fonctions professionnelles».

L'offre de formations du RIQ est passée de 13 cours en 2008 à «maintenant plus de 250 cours», précise-t-il.

Hausse des coûts d'enquête

La perte de revenu associé à la réduction du nombre d'ingénieurs arrive à un bien mauvais moment. À la suite des révélations relatives aux cas de corruption et de collusion chez certains membres, l'Ordre a considérablement augmenté ses dépenses afin de faire le ménage au sein de la profession. Entre 2009 et 2014, il y a eu une augmentation de 522 % du nombre d'enquêtes de toutes sortes ouvertes au Bureau du syndic. Plus de 800 enquêtes sont actuellement en cours, dont quelque 140 portent sur des affaires de collusion et de corruption et quelque 400 sur des allégations de contributions politiques illégales. L'OIQ a dû renforcer son équipe d'enquête qui est passée de 15 à près de 35 employés au cours des cinq dernières années. Du coup, le budget consacré à ces activités a augmenté de 240 % depuis cinq ans.

La condamnation, début avril, de l'entreprise Énerstat, contrôlée par Stéphane Bilodeau, à rembourser 1,1 million de dollars à Siemens Canada, est aussi de nature à ébranler l'Ordre des ingénieurs du Québec. Toutefois, Stéphane Bilodeau, comme il l'a dit à La Presse, ne voit pas de conflit entre son rôle dans ce litige et ses fonctions de président de l'Ordre.

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