Climat : impasse dénouée à Copenhague

Publié le 14/12/2009 à 14:14

Climat : impasse dénouée à Copenhague

Publié le 14/12/2009 à 14:14

Par lesaffaires.com

D'importantes dissensions demeurent entre les pays riches et pauvres sur les réductions d'émissions de gaz. Photo : Bloomberg

La conférence de Copenhague sur le climat a connu une journée difficile, la Chine, l'Inde et d'autres pays en développement ayant boycotté les négociations en exigeant que les pays riches revoient à la hausse leurs objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, avant de revenir à la table en fin de journée.

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De son côté, l'ancien vice-président américain Al Gore a averti que la banquise arctique risquait de disparaître complètement en été d'ici "cinq à sept ans".

Le boycottage des pays africains et d'autres nations en développement a bloqué les débats une bonne partie de la journée, alors que la conférence, qui réunit jusqu'à vendredi les délégués de 192 pays, entrait lundi dans sa deuxième semaine. Des séances de travail ont dû être annulées, retardant les efforts pour régler des questions techniques en vue d'un nouvel accord international sur la lutte contre le changement climatique.

"Je ne pense pas que les négociations s'effondrent, mais nous perdons du temps", a regretté Kim Carstensen, du Fonds mondial pour la nature (WWF). Les pays en développement veulent se faire entendre, a-t-elle ajouté.

Zia Hoque Mukta, un délégué du Bangladesh, a déclaré à l'Associated Press que les pays en développement avaient demandé à la présidente de la conférence, la Danoise Connie Hedegaard, de faire des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays riches la question prioritaire des négociations.

En fin d'après-midi, l'Union européenne a annoncé que les pays en développement avaient mis fin à leur boycottage et qu'une solution avait été trouvée dans leur différend avec les pays riches. Le porte-parole de l'UE pour l'environnement, Andreas Carlgren, a précisé que des négociations informelles avaient permis de sortir de l'impasse.

Les pays pauvres, soutenus par la Chine, redoutent que la conférence ne signe l'acte de décès du protocole de Kyoto, qui expirera en 2012. "Nous sommes en train d'assister à la mort du protocole de Kyoto", a déclaré l'Algérien Djemouai Kamel, représentant des pays africains.

C'est la deuxième fois que les pays africains perturbent les négociations sur le climat. Lors de la dernière réunion préparatoire à la conférence en novembre, le bloc africain avait imposé une suspension d'une journée jusqu'à ce que les pays riches acceptent d'exposer leurs plans pour réduire leurs émissions.

"Ils tentent de faire pression" avant l'arrivée du président américain Barack Obama et des autres dirigeants de la planète, qui vont converger à partir de mardi vers Copenhague, a expliqué Gustavo Silva-Chavez, du Fonds de défense de l'environnement.

Un délégué africain a précisé que les pays en développement ont décidé de bloquer les négociations lors d'une réunion quelques heures avant la reprise prévue des débats lundi. Il a précisé que les soutiens de la Chine, de l'Inde et d'un autre pays à cette initiative avaient été applaudis. Le plus haut responsable de l'ONU sur le climat, Yvo de Boer, a précisé que Mme Hedegaard avait tenu des consultations informelles avec des délégués pour "faire bouger les choses".

De son côté, l'ancien vice-président américain Al Gore a déclaré à la conférence que la banquise arctique pourrait disparaître durant la saison estivale dans quelques années. Certains modèles informatiques suggèrent qu'ôôil y a 75% de risques que l'ensemble de la calotte glaciaire du pôle Nord durant certains des mois d'été soient complètement libres de glace d'ici cinq à sept ans".

M. Gore, qui a reçu le prix Nobel de la paix pour son engagement en faveur du climat, a rejoint les ministres des Affaires étrangères de la Norvège et du Danemark pour présenter deux nouvelles études sur la fonte de la glace arctique.

En marge de la conférence, 3.000 défenseurs de la cause climatique ont manifesté devant le Parlement danois, dans le centre de Copenhague. La police a interpellé une vingtaine de personnes.

Dans le même temps, à Washington, la Maison Blanche a annoncé lundi un nouveau programme international visant à financer le développement des énergies vertes dans les pays pauvres. Ce plan s'élève à 350 millions de dollars sur cinq ans, dont 85 millions de dollars seront versés par les Etats-Unis, le reste venant de l'Australie, de la Grande-Bretagne, de la Norvège et de la Suisse, a précisé à Copenhague le secrétaire américain à l'Energie Stephen Chu.

La semaine s'annonce corsée

Le ministre britannique en charge du dossier climatique Ed Miliband a reconnu qu'il reste des sujets difficiles à résoudre en matière de financement et d'objectifs d'émissions de gaz, avant de trouver un accord d'ici à la fin du sommet de Copenhague vendredi.

D'importantes dissensions demeurent entre les pays riches et pauvres sur les réductions d'émissions de gaz et les aides à accorder aux pays en développement pour les pousser à adopter des énergies propres, et lutter contre le réchauffement climatique.

Ed Miliband a souligné qu'il lui appartenait, ainsi qu'à ses homologues, de combler ce fossé et "ne pas laisser tout" aux dirigeants internationaux qui arriveront mercredi pour les derniers jours du sommet.

Un projet d'accord de six pages a été diffusé vendredi à la conférence, où sont réunis depuis le 7 décembre les délégués de 192 pays. Le texte résume les principaux points négociés depuis deux ans en vue de conclure un nouvel accord sur la réduction des émissions en remplacement du protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Le document affirme que les émissions mondiales doivent être réduites de 50% à 95% d'ici 2050 et que les pays riches doivent baisser les leurs de 25% à 40% d'ici 2020 par rapport à 1990.

Le projet laisse cependant de côté les questions les plus difficiles, qui devraient être tranchées par les 110 chefs d'Etat et de gouvernement attendus à Copenhague la semaine prochaine: la réduction des émissions de GES et l'aide aux pays pauvres pour limiter ces rejets.

La quasi-totalité des manifestants arrêtés sont relâchés

La police danoise a par ailleurs relâché la quasi-totalité des 968 personnes arrêtées samedi en marge de la manifestation organisée dans les rues de Copenhague pour demander un accord ambitieux à la conférence sur le climat.

Seules 13 des 968 personnes interpellées restaient en détention dimanche, a indiqué la police. Trois d'entre elles -deux Danois et un Français- doivent être mises en examen pour violences sur policier.

Quelque 40 000 personnes, selon la police -100 000 selon les organisateurs- ont manifesté samedi dans les rues de Copenhague pour réclamer un accord contraignant destiné à lutter contre le changement climatique.

Des incidents avaient éclaté en marge de la manifestation, généralement pacifique, des jeunes gens vêtus de noir, en queue du cortège, jetant des pierres et projectiles divers contre les forces de l'ordre et des vitrines.

Selon Associated Press

 

 

 

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