Commerce en ligne: la CAQ veut taxer les biens étrangers

Publié le 25/03/2021 à 16:27

Commerce en ligne: la CAQ veut taxer les biens étrangers

Publié le 25/03/2021 à 16:27

Par La Presse Canadienne
Eric Girard

Le ministre des Finances du Québec, Eric Girard (Photo: Jérôme Lavallée)

BUDGET. La popularité du commerce en ligne a monté en flèche depuis un an et le gouvernement Legault souhaite que la taxe de vente du Québec (TVQ) soit prélevée sur des biens corporels commandés depuis l’étranger et qui transitent en territoire canadien par des entrepôts de compagnies comme Amazon.

Dans son budget déposé jeudi, le ministre des Finances, Eric Girard, a indiqué que Québec harmonisera, pour le 1er juillet, son régime avec des annonces fédérales effectuées l’automne dernier à cet effet ainsi qu’à l’égard des plateformes de location de logements en ligne comme Airbnb.

À (re)lire: Tous les détails sur le 3e budget du gouvernement Legault

Sur cinq ans, ces mesures devraient permettre à l’État québécois d’obtenir 810,5 millions $, dont environ 98 millions $ au cours de l’exercice 2021−2022. 

La TVQ doit être perçue sur les biens incorporels, par exemple des services numériques offerts par les géants du web, depuis 2019, une mesure qui a permis à Revenu Québec de récolter plus de 215 millions $ en date du 31 décembre dernier. 

«Les résultats des efforts déployés à l’égard de la perception de la taxe relativement aux biens corporels en provenance de l’étranger sont plus mitigés», souligne le budget Girard.

Un projet−pilote avait été mis de l’avant avec l’Agence des services frontaliers du Canada au centre de tri de Postes Canada situé à Montréal, mais il n’a pas donné les «résultats attendus» lorsqu’il a pris fin en octobre 2019.

Puisque le modèle d’affaires des géants du web a changé, ces derniers acheminent les biens commandés dans des entrepôts et sites de distribution qu’ils exploitent. Les livraisons sont donc de moins en moins effectuées par des services comme Postes Canada.

«Les règles fiscales actuelles font que ni le fournisseur étranger ni la plateforme numérique n’ont de responsabilité à l’égard de la perception de la TVQ ou de la TPS sur ces transactions», rappelle le document.

Le porte−parole de l’opposition officielle en matière d’économie, Carlos Leitao, a estimé, en point de presse, qu’il s’agissait d’une «bonne idée», en ajoutant que le gouvernement Legault allait dans la «bonne direction».

C’est lorsqu’il était ministre des Finances dans le gouvernement libéral de Philippe Couillard que Québec avait décidé d’assujettir les fournisseurs étrangers de biens incorporels à la TVQ.

Par ailleurs, le gouvernement Legault a décidé que la taxe compensatoire des institutions financières qui font des affaires au Québec ne sera plus abolie à compter du 1er avril 2024, comme cela était auparavant prévu. 

Celles−ci devront «poursuivre leur contribution au financement des services publics», est−il expliqué dans le budget Girard. Une somme de 546 millions $ devrait ainsi être récupérée par l’État en 2024−2025 et 2025−2026.

La taxe compensatoire concerne les salaires versés par des institutions comme les banques, une caisse d’épargne et de crédit et une société qui effectue le commerce de valeurs mobilières.

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