La double séduction de Tengiva

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Septembre 2021

La double séduction de Tengiva

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Septembre 2021

Par Emmanuel Martinez

Annie Cyr, cofondatrice de Tengiva (Photo: courtoisie)

APPROVISIONNEMENT. Faire plaisir à la fois aux entreprises qui achètent du textile et à leurs fournisseurs, c’est l’avantage concurrentiel sur lequel la jeune pousse Tengiva mise pour s’imposer à l’échelle mondiale. 

La plateforme québécoise lancée par Annie Cyr et Carlos Agudelo permet à des créateurs de mode de partout de voir, de tester et d’acheter des textiles qui sont déjà en stock auprès de fabricants situés en majorité en Asie, mais aussi ailleurs. 

«Pour les acheteurs, cela rend accessible en temps réel l’approvisionnement, explique la cofondatrice en entrevue à Les Affaires. On réduit de plusieurs mois l’acquisition de textile. Et les tissus que tu dois payer 8 mois à l’avance, cela fait mal aux flux de trésorerie». 

Annie Cyr sait de quoi elle parle puisqu’elle a œuvré durant une quinzaine d’années dans l’industrie du textile. Elle a constaté que les délais dans la chaîne d’approvisionnement constituaient un irritant majeur dans le domaine de la mode.  

«Cela prend un à trois mois pour recevoir les échantillons, explique-t-elle. Puis, si un tissu nous intéresse, un autre un à deux mois pour obtenir jusqu’à 50 mètres pour le tester sur un vêtement réel. Si cela nous plaît, il faut passer une commande pour une large quantité de tissu qui sera produite et expédiée de 5 à 8 mois plus tard. C’est long.» 

Avec son approche, qui consiste à mettre en relation les acheteurs avec des fournisseurs ayant déjà des tissus en stock, prêt à livrer, tous ces délais sont raccourcis. 

«Pour les jeunes entreprises en bas de 10 millions $ en revenu annuel, cela leur permet d’avoir accès à la matière première, ce qui est souvent difficile. Et de surcroît au prix du marché, précise-t-elle. En plus, avec les meilleurs fabricants du monde et sans avoir à voyager. Et on peut se charger du dédouanement, ce qui est super compliqué.» 

Les marques plus importantes y trouvent aussi leur compte, car Tengiva présélectionne les échantillons, les décrit en détail sur son site web et assure un certain contrôle de la qualité. Par conséquent, cela facilite la recherche des acheteurs qui peuvent les recevoir en une semaine.  

En sommes, les entreprises de mode pourront économiser avec Tengiva en réduisant le temps entre le développement et la vente du vêtement. Elles pourront ainsi mieux répondre aux tendances du moment et aux besoins des consommateurs. 

 

De l’or en réserve

L’offre de Tengiva est aussi séduisante pour les fournisseurs. 

«Pour eux, les coûts en développement des affaires pour être en mesure de vendre les textiles déjà produits sont trop élevés, explique Annie Cyr. Et leur spécialité, c’est la production, pas la vente. Cela ne vaut donc pas la peine. Mais avec notre solution clé en main, on veut les convaincre que leur inventaire, c’est de l’or qu’ils peuvent monétiser.» 

Tengiva a déjà 25 fournisseurs, mais elle en cherche davantage. Ces derniers ne déboursent rien pour offrir leurs textiles sur la plateforme. Seuls les acheteurs payent une commission. 

Les fournisseurs sont surtout en Chine, à Taiwan, au Pakistan, en Inde et en Turquie. Mais la PME québécoise espère en débusquer en Amérique latine où il y en a beaucoup qui sont prisés par les marques européennes. Les efforts seront mis à trouver des fournisseurs pour offrir la plus importante variété de tissus possibles. 

Le site de Tengiva lancé sous une nouvelle forme le 17 août dernier est disponible dans une trentaine de pays, un peu partout dans le monde, sauf en Afrique, pour des questions de logistiques. 

La plateforme est si prometteuse que la PME a été sélectionnée en septembre par Google pour son programme d’accélérateur Startups : Women Founders. C’est une des quatre entreprises canadiennes à avoir été choisie pour ce programme de mentorat et de soutien à de jeunes pousses dirigées par des femmes.

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