Sortir la transition des cartons

Publié le 26/02/2024 à 10:05

Sortir la transition des cartons

Publié le 26/02/2024 à 10:05

Par Isabelle Delorme

Stéphane Germain, fondateur de GHGSat (Photo: courtoisie)

SCIENCE, RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT DURABLE. Les mots décarbonisation et économie circulaire s’invitent de plus en plus dans le vocabulaire des entreprises québécoises, conscientes des enjeux du développement durable. La recherche et l’innovation, en interne ou avec des partenaires, leur permettent de développer des outils pour mesurer et améliorer leur impact environnemental. Mais beaucoup d’entreprises réclament plus de soutien pour relever le défi de la durabilité.

Dans son Plan pour une économie verte en 2030, le gouvernement a annoncé soutenir l’innovation « pour que des solutions actuellement inexistantes soient conçues, en particulier pour le développement de nouveaux procédés industriels plus sobres en carbone ». Québec a notamment investi 80 millions de dollars (M$) dans le projet Elysis, une technologie développée par l’entreprise éponyme qui permet d’éliminer tous les gaz à effet de serre (GES) directement reliés à la production d’aluminium. 

Parmi les autres initiatives publiques pour stimuler l’innovation durable des entreprises, le programme Compétivert d’Investissement Québec — dont le slogan est « Plus productif, plus innovant, plus vert » — a investi plus de 700 M$ depuis deux ans pour soutenir 209 projets d’entreprises québécoises qui contribuent à décarboner notre économie. Optel, qui a mis au point des systèmes de traçabilité et de numérisation de la chaîne d’approvisionnement, fait partie de ces « champions verts ».

 

Des entreprises conscientes de leur effet

Selon le Baromètre de la transition des entreprises publié par Québec Net Positif en 2023, 81 % des entreprises québécoises du secteur manufacturier sont en accord avec le fait que les entreprises ont un rôle central à jouer dans la réduction des GES. « Les chefs d’entreprise sont sensibles, parfois même plus que la moyenne de la population, à la question environnementale », souligne Corinne Gendron, professeure titulaire au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale à l’Université du Québec à Montréal. 

Des entreprises générant des déchets importants, comme celles des secteurs minier ou forestier, investissent beaucoup dans la recherche et développement pour les revaloriser, observe pour sa part Stéphane Roche qui dirige l’Institut en environnement, développement et société de l’Université Laval (IEDS). « Le fabricant de produits de papier Emballages Kruger s’est par exemple réinventé pour se positionner aujourd’hui parmi les leaders dans la réutilisation des déchets de l’industrie forestière », indique-t-il. L’entreprise a annoncé investir plus de 30 M$ en 2023 pour faire de son usine de Place Turcot la première en Amérique du Nord à fabriquer du carton à imprégner 100 % recyclé.

 

Le défi financier 

La norme BNQ 21000 fournit un cadre de référence aux entreprises qui souhaitent réaliser une démarche de développement durable, mais la transition reste encore dans les cartons pour beaucoup. « L’adoption de technologies propres et de pratiques écoresponsables par les entreprises québécoises s’accélère, mais la majorité d’entre elles n’ont pas encore débuté leur passage à l’action », constatait Investissement Québec en avril 2023.

Dans une enquête réalisée par KPMG auprès de 505 entreprises canadiennes, plus de 8 répondants sur 10 ont indiqué utiliser les incitatifs gouvernementaux pour réduire leur empreinte environnementale. Mais pour rester concurrentiels, ils croient que le Canada devrait suivre le rythme des États-Unis avec des incitations fiscales et des crédits d’impôt à l’investissement supplémentaires pour leur permettre d’adopter des technologies et des sources d’énergie propres. 

La professeure Corinne Gendron déplore pour sa part une « vision tunnel » du gouvernement. « On a l’impression qu’il n’y en a que pour les changements climatiques. Des entreprises qui innovent pour répondre à d’autres enjeux tout aussi cruciaux pour notre survie, comme la biodiversité, risquent de devoir plaider davantage leur cause pour obtenir du soutien », craint-elle. 

Pour s’informer sur les aides fédérales en matière de technologies propres, les entreprises peuvent consulter le Carrefour de la croissance propre. Elles peuvent aussi se tourner vers des fonds comme Écoleader, Moins c’est plus, ou le Fonds économie circulaire qui finance de jeunes entreprises à hauteur de 250 000 $ à 2 M$.

L’IEDS travaille de son côté sur un sondage, première étape du projet Mouvement Entreprises Vertes Québec qui facilitera la collaboration entre les chercheurs et les PME de la région de Québec pour élaborer des outils sur mesure. « Ces entreprises subissent souvent des injonctions car elles s’insèrent dans une chaîne d’approvisionnement qui leur impose des contraintes, observe Stéphane Roche. Mais sans aide c’est compliqué pour elles. »

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