Stéfane Marion: une préférence pour le Canada et l'international

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Janvier 2020

Stéfane Marion: une préférence pour le Canada et l'international

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Édition du 22 Janvier 2020

Par Stéphane Rolland
2020

Stéfane Marion (Photo: courtoisie)

OÙ INVESTIR EN 2020. Le dollar américain devrait perdre un peu de tonus en raison de la dissipation de l’incertitude économique, anticipe Stéfane Marion, économiste en chef de la Banque Nationale. Cette prévision a un impact sur les secteurs que le stratège surpondère.

L’accalmie des tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis combinée aux politiques monétaires accommodantes engendrent un contexte favorable aux actions, selon l’économiste qui surpondère légèrement les actions canadiennes par rapport à la Bourse américaine. « La dépréciation du dollar américain supporte le prix des matières premières, commente M. Marion. C’est une composante importante du TSX, alors ça peut lui donner un petit coup de main pour les secteurs plus cycliques, qui performent généralement bien en fin de cycle. »

Le stratège surpondère également les banques canadiennes. Il note que la courbe des taux d’intérêt est rendue positive aux États-Unis et la courbe canadienne tend à suivre la même tendance. « Ce n’est qu’une question de temps avant que la courbe redevienne positive entre le « 2 ans » et le « 10 ans » au Canada. C’est quelque chose de bon pour les marges des banques, à moins d’une détérioration du marché de l’emploi, mais ce n’est pas ce que nous prévoyons. Nous pensons que l’économie canadienne va tenir le coup. »

Le S&P/TSX a beau s’échanger à un multiple plus bas que le S&P 500, M. Marion ne voit pas l’indice canadien effectuer un rattrapage à cet égard et croit que l’évaluation demeurera stable. Ce sera donc la hausse prévue du bénéfice par action d’environ 5 % et les dividendes qui procureront un rendement aux investisseurs. Il émet une cible de 17 900 points.

Dans le même ordre d’idée, l’économiste surpondère légèrement les actions des pays développés et des pays émergents. Dans les deux régions, les évaluations sont moins élevées et la dépréciation du dollar américain amplifie cet effet, précise-t-il.

Malgré une légère sous-pondération par rapport à son indice de référence, M. Marion croit que le marché haussier au sud de la frontière a encore des jambes. Il croit que l’indice peut se rendre à 3 330 points et que les bénéfices peuvent augmenter de 9 %.

« Je ne trouve pas ces prévisions trop ambitieuses, répond M. Marion. Le stimulus monétaire permet d’envisager que les entreprises continueront à racheter leurs actions, ce qui contribue à l’augmentation du bénéfice par action. De plus, la dépréciation du dollar américain entraîne une appréciation des revenus internationaux, qui représentent près de 43 % des revenus des entreprises du S&P 500. Peut-être qu’on ne finira pas à 9 %, ce sera peut-être 6 % ou 5 %, mais je serais étonné que nous n’ayons pas un rebond. »

L’évaluation du S&P 500 demeure relativement élevée, mais dans un contexte économique favorable, le stratège n’exclut pas que le multiple puisse se rendre à 19 fois. « Au-delà de ça, j’aurais besoin d’un choc de productivité qui nous laisserait entrevoir un bénéfice beaucoup plus grand », tranche-t-il. 

Un optimisme conditionnel

Pour que la Bourse performe bien avec une évaluation stable, une augmentation des bénéfices devra inévitablement être au rendez-vous. En début d’année, les investisseurs devront recevoir des signaux que la croissance des bénéfices est de retour, concède M. Marion. « Actuellement, on est en territoire neutre entre les révisions positives et négatives des prévisions des bénéfices par les analystes. Il faudra qu’il y ait plus de révisions positives.

Quel serait le principal risque aux prévisions de M. Marion, qui anticipe des rendements positifs en 2020, mais plus modérés que l’an dernier ? Que les taux d’intérêt des obligations 10 ans du gouvernement américain remontent plus rapidement que prévu, répond-il. « Lorsque le “10 ans” a franchi les 3 % en 2018, ça a été une source de pression sur les actifs. Si on remonte rapidement au-dessus des 2,5 %, ça pourrait devenir taxant pour l’économie et la Bourse. »

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