Un avocat en immigration pour éviter les dérapages

Publié le 17/12/2022 à 15:13

Un avocat en immigration pour éviter les dérapages

Publié le 17/12/2022 à 15:13

Les avocats en immigration appuient la venue de travailleurs et d’étudiants internationaux, afin qu’ils ne se perdent pas dans les dédales administratifs de nos processus d’immigration. (Photo: 123RF)

Les avocats en immigration appuient la venue de travailleurs et d’étudiants internationaux, afin qu’ils ne se perdent pas dans les dédales administratifs de nos processus d’immigration. Une expertise qui doit être constamment mise à jour.

L’avocate en immigration du cabinet Immetis Services Juridiques, Me Natacha Mignon, est arrivée au Québec en 2008 en provenance de la France. Elle a d’abord travaillé en litige commercial, mais en raison de son statut d’immigrante, son cabinet lui donnait régulièrement des dossiers dans ce domaine. Elle a commencé à s’y consacrer principalement entre 2011 et 2017. Cette année-là, elle a fondé le cabinet Immetis.

«J’ai aimé ce domaine et j’y ai rapidement vu un gros potentiel de développement, raconte-t-elle. Quand je disais que je pratiquais en litige commercial, ça suscitait peu de réactions chez les gens. Mais lorsque je disais que je travaillais en droit de l’immigration, beaucoup de personnes me posaient des questions. Je sentais qu’il y avait un besoin.»

Ses clients sont généralement des entreprises qui souhaitent embaucher des travailleurs étrangers. «Mais nous devons aussi entretenir un lien étroit avec le candidat à l’immigration, pour obtenir les informations nécessaires pour faire avancer le processus», explique l’avocate.

 

Des mandats à intensité variable

De son côté, Me Nadia Barrou se spécialise dans le droit à l’immigration depuis 25 ans. Son cabinet boutique emploie une équipe de 16 personnes composée d'avocats, de consultants et de parajuristes. Environ les deux tiers de ses mandats concernent des demandes de permis de travail. «Le rôle que nous jouons auprès des entreprises varie considérablement selon les attentes de nos clients», précise-t-elle.

Certains d’entre eux lui achètent un service clé en main, mais d’autres au contraire effectuent eux-mêmes les démarches et lui proposent de les valider. Entre les deux, on retrouve des entreprises qui recherchent de la formation pour mieux comprendre les subtilités des programmes gouvernementaux, qui d’ailleurs changent souvent.

Enfin, des employeurs l’appellent en début de parcours pour une simple consultation. Ils veulent embaucher à l’étranger et désirent en savoir plus sur les différentes possibilités qui s’offrent à eux.

«Je recommanderais aux entreprises à tout le moins d’obtenir une consultation avant de se lancer, car ils risquent sans cela de rater des opportunités de se simplifier la vie, ou encore de commettre des erreurs coûteuses», avance Me Barrou.

Elle rappelle, par exemple, qu’il existe plus de 100 catégories et sous-catégories de permis de travail, pour lesquelles les coûts et les délais peuvent varier grandement.

Plusieurs critères viennent modifier l’horizon des possibles: pays d’origine et âge du candidat, poste et salaire offerts, niveau de qualification requis, rareté de la main-d’œuvre, etc. Dans certains cas, on peut obtenir une dispense de l’Étude d’impact sur le marché du travail ou encore d’embaucher sans afficher le poste au Québec au préalable. Cela peut sauver des semaines, voire des mois de délais.

 

Évolution constante

Le marché de l’immigration économique connaît une grande croissance et son cabinet suit. On y retrouve de plus en plus d’avocats depuis dix ans et elle continue d’en chercher d’autres.

Me Barrou constate en outre que le milieu attire des gens qui ne sont ni avocats ni consultants et qui tentent de profiter de la manne sans détenir les compétences pour bien effectuer leur travail.

Elle se rappelle aussi l’époque bénie où une avocate pouvait téléphoner à un agent de l’immigration pour lui parler directement. «C’est fini ça!», regrette-t-elle. Elle ajoute que le droit à l’immigration évolue sans cesse et que les interprétations des agents peuvent également changer au fil du temps, ce qui complique leur travail.

«Il y a une part d’arbitraire, estime-t-elle. Si vous venez de France ou d’Allemagne, vous êtes presque sûr d’obtenir votre permis de travail ou d’étude. Mais si vous venez d’Afrique ou du Moyen-Orient, c’est beaucoup plus aléatoire.»

De son côté, Me Mignon constate que les travailleurs temporaires qui occupent des emplois peu qualifiés peinent à décrocher leur résidence permanente. Idem pour les anglophones qui ne maîtrisent pas suffisamment la langue de Molière. Les employeurs doivent aussi parfois composer avec leurs propres limites internes.

«Les PME ont généralement plus de flexibilité pour procéder à ce type d’embauche comparativement aux grandes sociétés dont les employés sont syndiqués, illustre-t-elle. Celles-ci doivent d’abord s’entendre avec les syndicats.» En contrepartie, ces entreprises disposent plus fréquemment d’expertise à l’interne pour conduire les processus de recrutement à l’étranger.

Me Mignon ajoute que le rôle de l’avocate consiste souvent à gérer les attentes et à donner un portrait honnête des possibilités qui s’offrent aux entreprises ou à leurs candidats et des délais et risques que leurs démarches comportent.

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