Desjardins Courtage en ligne élimine les commissions sur les transactions d’actions

Publié le 13/09/2021 à 08:26

Desjardins Courtage en ligne élimine les commissions sur les transactions d’actions

Publié le 13/09/2021 à 08:26

Par La Presse Canadienne

Le courtier à escompte associé au Mouvement Desjardins élimine les commissions sur les transactions d’actions et de fonds négociés en Bourse. (Photo: La Presse Canadienne)

Les clients de Desjardins Courtage en ligne (DCL) ne paient plus de commissions sur les transactions d’actions depuis lundi matin. L’annonce pourrait avoir un effet boule de neige chez les principaux courtiers à escompte du pays, maintenant que la coopérative et Banque Nationale Courtage direct (BNCD) ont adopté la gratuité. 

Le courtier à escompte associé au Mouvement Desjardins élimine les commissions sur les transactions d’actions et de fonds négociés en Bourse (FNB) canadiens et américains échangés sur son site web ou son application mobile. 

La tendance vers la gratuité des frais de transaction était très forte, dit Marjorie Minet, vice-présidente, Services-conseils en gestion de patrimoine chez Desjardins, en entrevue. Elle souligne que les frais de transactions suivent une tendance baissière constante depuis plus de 20 ans sur le web. Depuis 2019, la gratuité des transactions est chose faite pour la grande majorité des courtiers à escompte aux États-Unis. «Tout tendait vers cette évolution-là, tout simplement.»

Banque Nationale Courtage direct (BNCD) a été le premier courtier à escompte associé à une grande banque canadienne à faire une annonce similaire le 23 août dernier. Au Canada, Wealthsimple, dont Power Corporation est le principal actionnaire, proposait déjà le courtage sans commission et sans solde minimal dans le compte.

Des experts interrogés par La Presse Canadienne anticipaient que les grandes institutions financières finiraient par emboîter le pas à BNDC. Les frais de transaction chez les concurrents affiliés à des banques oscillent entre 5 $ et 10 $ la transaction.

«Plusieurs courtiers américains offrent les transactions gratuites depuis un bon bout de temps, et comme le marché canadien est habituellement à la traîne de quelques années par rapport au marché américain, ce n’est qu’une question de temps avant que la plupart des courtiers à escompte offrent les transactions gratuites», commentait Jean-Philippe Tarte, maître d’enseignement à HEC Montréal.

Chez Desjardins, on affirme ne pas avoir senti un effet de vague qui l’aurait forcé à suivre BNCD. «J’ai suivi le nombre de courriels et appels qu’on recevait et j’ai été surprise par leur faible nombre, raconte Mme Minet. J’ai senti beaucoup de confiance que de toute façon on ferait ce qu’il y avait de mieux [pour nos clients].»

La vice-présidente ne veut pas dévoiler les sommes auxquelles renonce Desjardins en abolissant les commissions. Elle assure toutefois que le courtier à escompte n’ira pas créer de nouveaux frais pour compenser l’absence de commission. 

Gabriel Dechaine, l’analyste spécialisé du secteur bancaire de la Financière Banque Nationale, estime que les commissions représentent entre 1% et 4,2% des bénéfices des six grandes banques canadiennes.

 

Popularité du courtage à escompte

L’annonce survient tandis que le courtage en ligne connaît un engouement sans précédent durant la pandémie. De juillet 2020 à juillet 2021, le nombre de nouveaux clients a bondi de 14% chez Desjardins Courtage en ligne. 

Durant les six premiers mois de l’année, près de 23 000 personnes ont suivi au moins un des 120 webinaires offerts par Desjardins afin de se familiariser avec la plateforme et les valeurs mobilières échangées en Bourse.

L’engouement a été marqué chez les 18 à 30 ans, qui font leur premier pas à la Bourse. Le nombre de clients dans cette tranche d’âge a bondi de 16,7% entre août 2020 et août 2021. 

D’ailleurs, 31% de ses clients utilisent exclusivement le mobile pour accéder à leur compte de courtage. Environ 25% des transactions sont effectuées via le mobile. 

L’intensité est quelque peu retombée depuis les pics d’activités, mais la demande demeure forte, constate Mme Minet. «On est encore à deux fois le volume d’activité habituelle.»

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