Ce que Christian Dubé a compris de la communication

Publié le 07/04/2022 à 09:00

Ce que Christian Dubé a compris de la communication

Publié le 07/04/2022 à 09:00

Parce qu’il s’est approprié efficacement sa triple fonction de ministre, gestionnaire et communicateur, Christian Dubé a rehaussé grandement son rayonnement public et sa réputation. (Photo: CHUM)

BLOGUE INVITÉ. Qu’arriverait-il aujourd’hui si Christian Dubé devenait le patron de votre PME? De votre commerce de détail ? De votre organisme sans but lucratif? De vos usines?

Il ferait des changements importants, audacieux, et profitables. Exactement comme il le fait en politique.

Parce qu’il s’est approprié efficacement sa triple fonction de ministre, gestionnaire et communicateur, il a rehaussé grandement son rayonnement public et sa réputation. Et vous pourriez faire tout autant.

Au quotidien, il démontre que les décisions qui sont prises de façon réfléchie – non pas sur le coup de l’émotion – ont un impact sur les réputations des organisations, des entreprises, des marques et des personnalités.

Christian Dubé est assurément l’un des meilleurs ministres de l’actuel gouvernement du Québec. Et, le jour où il voudra faire autre chose, il pourrait très bien devenir un formateur à succès dans tous les domaines de la gestion !

Je précise que je ne connais le ministre Dubé qu’à travers les médias. Et, puisque ce blogue porte sur l’évaluation des réputations, je ne m’aventurerai pas dans les dédales de la lourde et complexe bureaucratie du « mammouth » – le surnom souvent donné au ministère de la Santé et des Services sociaux qu’il dirige.

Voici quelques-unes de ses leçons de gestion :

 

D’abord, un ministre

Allons au-delà de l’évidence du titre: Christian Dubé a lu attentivement – puis, intégré – la description du rôle de ministre. En voici un extrait :

«Le ministre, à titre de chef du ministère, possède de larges pouvoirs administratifs par l'autorité qu'il incarne auprès de ses fonctionnaires et les diverses compétences qui lui sont confiées par les lois, notamment la loi constitutive de son ministère.»

Normal, direz-vous ?

Tous les ministres n’ont pas cette compréhension… Lors de la Commission Gomery, qui a porté sur le scandale des commandites du gouvernement du Canada, le ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, feu Alfonso Gagliano, avait déclaré : « Un ministre ne gère pas son ministère: il n'a ni le temps ni la liberté d'agir ».

Il n’y a sans doute personne au ministère de la Santé et des Services sociaux à se demander qui est le véritable patron…

 

Ensuite, un gestionnaire

À peine arrivé à la Santé, le ministre Dubé a annoncé ses couleurs : il allait consacrer la moitié de ses énergies à la pandémie, et l’autre à l’analyse et à la transformation d’une structure reconnue pour être sclérosée et d’une autre époque.

Rapidement, il a eu recours à une approche de gestion éprouvée sur le terrain :


D’ABORD OBSERVER ET ÉCOUTER. PUIS, ANALYSER ET PRENDRE LES DÉCISIONS APPROPRIÉES. ENSUITE, MESURER LES RÉSULTATS ET… PRENDRE D’AUTRES DÉCISIONS!

 

La « recette Dubé » comprend trois autres ingrédients clés :

 

  • l’humilité de considérer ce qui a été recommandé dans le passé ;
  • une recherche approfondie – entre autres pour connaitre les meilleures pratiques, ici et ailleurs ;
  • une approche « pratico-pratique », loin des images-choc qui distraient et qui sont très souvent inapplicables.

 

Rappelons-nous la méthode Toyota qu’avait voulu implanter un ancien ministre de la Santé, Yves Bolduc, pour réformer le système de santé…

En entrevue avec la journaliste Véronique Prince de Radio-Canada il y a quelques semaines – il préparait les esprits en vue du dévoilement de son plan d’action survenu il y a quelques jours – le ministre Dubé déclarait :

« On connaît la recette pour améliorer le réseau. Moi, je ne veux pas que les Québécois soient déçus de la recette. Ils vont sûrement se dire : "Ben voyons donc! Il n’invente rien! […] C’est donc bien simple!" (…) Bon nombre de rapports ont été tablettés. Il pleut des recommandations depuis au moins 20 ans. Il y a bien des rapports où j’aurais pu juste changer la date, les republier et dire : "Comment ça se fait qu’on n’a pas fait ça?"»

Il a également insisté sur l’importance de moderniser les outils de gestion et d’implanter un mode d’analyse des données quantitatives et qualitatives.

 

Et aussi, un communicateur

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le ministre Christian Dubé communique! Beaucoup, et très efficacement. 

Au cours des deux derniers mois, son nom a été mentionné au moins 11 560 fois à la radio, à la télévision et dans les médias écrits !

Sur Twitter, le ministre Dubé parvient de temps à autre à obtenir une présence presque aussi importante que le premier ministre François Legault !

 

Même durant les circonstances les plus stressantes des dernières années, le ministre Dubé s’adresse calmement à la population québécoise à travers les médias sociaux et traditionnels. Son style est prévisible – avec lui, pas de mauvaises surprises : il est engagé, empathique, clair et concret dans ses explications. Et, lorsque la situation le permet, il pousse une pointe d’humour !

Le ministre et son personnel politique alimentent sa présence sur Twitter, où il compte plus de 70 000 abonnés.

Il a compris depuis longtemps que la gestion et la communication ne doivent faire qu’un.


TOUTE COMMUNICATION EFFICACE SE TROUVE AU CŒUR DE LA GESTION, ET VICE VERSA.

 

À retenir :

• S’imprégner des valeurs d’une organisation et bien comprendre les attentes des fonctions qui nous sont confiées contribueront assurément au succès de notre travail.

 

 

À propos de ce blogue

Pierre Gince a créé la firme de relations publiques Direction Communications stratégiques en 1994, puis la firme d’analyse et d’évaluation des médias Mesure Média en 2015 après avoir fait de l’analyse de presse dès 1996. Professionnel des communications depuis 1976, il a une vision entrepreneuriale qui met l’accent sur le professionnalisme, l’éthique et l’engagement. De son parcours professionnel, on retiendra qu’il a été journaliste en presse parlée et écrite (1976 à 1984), conseiller d’un ministre du gouvernement du Québec (1984 à 1985), conseiller au sein de trois cabinets de relations publiques (1986 à 1994) et chargé de cours et conférencier invité au Québec et à l’étranger depuis 2001. Agréé en relations publiques (ARP) depuis 1995, il est l’un des membres fondateurs de l’Alliance des cabinets de relations publiques du Québec (ACRPQ), dont il a assumé la présidence entre 2013 et 2016.Récipiendaire du Prix Or, Campagne globale, des Prix Excellence de la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP) en 2009, il a été président de l’édition 2011. Puis, de 2013 à 2021, responsable du volet stratégique de ce concours. En 2016, la SQPRP lui a remis le prestigieux Prix Yves-St-Amand afin de récompenser la façon dont il s’est distingué au cours de sa carrière, à la fois par ses activités professionnelles, son engagement, le partage de ses connaissances et l’avancement de la profession auquel il a contribué. Depuis 2010, il publie régulièrement des textes sur différentes problématiques de la communication dans Infopresse, Grenier Magazine et Mesure Média. Régulièrement, il commente dans les médias, l’actualité du point de vue de la réputation (notamment à Radio-Canada et au 98,5 FM). Co-auteur (avec Marie Grégoire) des livres «Robert Bourassa et nous» et «René Lévesque et nous», et co-auteur (avec Monique Giroux) de «Félix Leclerc et nous».

Pierre Gince

Blogues similaires

Laisser toute sa place à l'audace

Édition du 15 Juin 2022 | Marine Thomas

BILLET. «Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.»

Croître aussi vite que vos investisseurs le souhaitent?

18/08/2022 | Dominic Gagnon

BLOGUE INVITÉ. Les intérêts des investisseurs ne sont pas toujours les mêmes que ceux des entrepreneurs.

Un vecteur pour changer le monde: l'exemple d'Optel

22/03/2022 | Joanne Desjardins

BLOGUE INVITÉ. La RSE ne se limite pas à une déclaration d’intention.