Un trésor convoité à Thetford Mines


Édition du 25 Janvier 2014

Un trésor convoité à Thetford Mines


Édition du 25 Janvier 2014

Roger Demers et ses frères Serge et Michel sont les propriétaires de l'une des plus belles collections de voitures du monde. Photo: Valérie Lesage

Pourra-t-on garder au Québec l'une des plus belles collections de voitures du monde, constituée depuis 100 ans par une famille de Thetford Mines ? Ministres, maires et gens d'affaires tentent de trouver une solution pour conserver et mettre en valeur ce joyau méconnu ici, mais convoité jusqu'au Moyen-Orient.

Drummondville, Québec, Montréal et d'autres villes canadiennes sont intéressées. Dans la capitale, l'animateur de radio Sylvain Bouchard a invité une délégation de gens d'affaires à visiter la collection le 3 février. Parmi eux, Pierre-Michel Bouchard, pdg du Centre des Congrès de Québec, Jacques Tanguay, d'Ameublements Tanguay, et Claude Rousseau, le président des Remparts.

«S'il n'y a pas d'entente d'ici le 15 février, nous sommes invités par un roi qui veut acheter toute la collection, dit Roger Demers, 53 ans, qui en est le propriétaire avec ses frères Serge et Michel. Mais nous ne voulons pas vendre pour les sous et souhaitons que ça reste au Québec. Pour nous, c'est important qu'on garde le patrimoine. Les grandes familles ont toujours laissé quelque chose à la société, et c'est ce qu'on veut faire.»

La collection, qui compte plus de 500 automobiles, vaut quelques milliards de dollars. Elle rassemble tous les modèles de Cadillac de 1903 à 1976. La série des Lamborghini depuis 1963. La Vector de Michael Jackson, un modèle unique au monde. La Jaguar d'Elton John. La Bugatti de Jean-Paul Riopelle. La première voiture de course d'Enzo Ferrari, une Alfa Romeo de 1921. La Rolls-Royce Silver Ghost, une des plus chères du monde, avec sièges en daim et portes en bois de rose. La Ferrari 250 GTO, produite à 36 exemplaires et dont la valeur actuelle frôle les 75 M$.

«À 15-16 ans, mon père m'a dit : ta limite est le ciel. On peut bâtir de grandes choses quand on ne se met pas de limites», raconte Roger Demers, qui a fait sa première acquisition à 17 ans, une Cadillac Eldorado payée 425 $.

C'est le grand-père Auguste Demers, un géologue qui travaillait pour les riches familles anglaises exploitant les mines d'amiante de Thetford Mines, qui a lancé la collection. Il rachetait à petit prix les voitures de luxe de ces familles toujours à l'affût de la dernière tendance. Les deux générations suivantes, actives dans l'immobilier et les couvre-planchers, ont continué, avec le flair d'acheter les voitures de vedettes de leur vivant, lorsqu'elles étaient accessibles.

La collection, qui compte plus de 500 automobiles, vaut quelques milliards de dollars. Photo: Valérie Lesage

Plus lucratif que l'art

Aujourd'hui, un tel ensemble serait impossible à constituer, croit M. Demers, parce que les automobiles de collection sont devenues une valeur refuge. Selon le Financial Times, leur valeur a grimpé de 395 % depuis 2002, ce qui en fait le meilleur outil de placement, bien au-delà de la progression de 195 % du marché de l'art.

Cette appréciation fait craindre aux Demers une mésentente des générations suivantes quant à l'avenir de la collection. C'est pourquoi le moment est venu pour eux d'assurer sa pérennité au pays, avec le soutien politique.

«Si on vend à un autre pays, l'histoire de la collection perdra beaucoup d'importance. On veut que la collection reste ici pour faire grandir le Québec et le Canada», explique M. Demers, qui cite en exemple la Cité de l'automobile de Mulhouse, en France, laquelle présente la collection des frères Schlumpf. Selon la ville choisie, le potentiel de visiteurs annuels varierait de 400 000 à 1 000 000, disent les études, tenues secrètes.

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