Une bouée nommée coop

Publié le 09/05/2009 à 00:00

Une bouée nommée coop

Publié le 09/05/2009 à 00:00

À Sainte-Rita, municipalité de 350 habitants à une trentaine de minutes de Trois-Pistoles, se sont mis en place Les BIOproduits de Sainte-Rita. Depuis deux ans, cette coopérative de 100 membres se veut "une façon de contrer la crise", selon sa responsable, Francine Ouellet.

L'organisme vise à créer des emplois et à procurer des revenus supplémentaires aux acériculteurs et aux agriculteurs. La coop effectue la cueillette en forêt des champignons sauvages, quenouilles et autres plantes. Elle procède à la plantation d'arbustes fruitiers sur des terres agricoles en friche et elle effectue la culture de plantes médicinales telles que le ginseng dans les érablières. Quatre emplois ont ainsi été créés. "Nous avons acquis un terrain au village et prévoyons construire un bâtiment qui sera à la fois un lieu de vente et une usine de transformation. Éventuellement, nous aurons un jardin avec des visites guidées pour les touristes", explique-t-elle.

Le modèle coopératif réussit bien au Bas-Saint-Laurent. "Non seulement les coopératives s'imposent dans les communautés dévitalisées, mais elles font aussi des miracles en milieu agricole", affirme Martin Gagnon, directeur général de la Coopérative de développement régional du Bas-Saint-Laurent-Côte-Nord, un organisme qui aide au démarrage de coopératives.

Marcelle Bouchard-d'Amours dirige le Centre local de développement des Basques, une des MRC les plus pauvres du Québec, qui peine à enrayer une terrible saignée démographique. En un demi-siècle, la population des Basques a fondu de 42 %. "Sur notre territoire, on trouve peu d'entreprises et notre pouvoir de taxation est faible. Le modèle coopératif nous convient. On donne de son temps pour faire grandir l'entreprise et on organise des campagnes de financement imaginatives pour trouver du capital", dit-elle.

Des agriculteurs aux ambulanciers

Situé à une trentaine de kilomètres de Rimouski, le village de Saint-Fabien abrite la première Coopérative d'utilisation de machinerie agricole (CUMA) fondée au Québec, en 1991. "Il suffit que trois producteurs agricoles aient besoin d'une machine, explique son trésorier, Réjean Briand. Ils paient 20 % du coût d'achat et la coop assume le reste. Cela évite, par exemple, qu'un semoir, utilisé deux ou trois jours par année, encombre le garage de chaque producteur agricole. Et cela permet de libérer du capital pour des achats plus productifs, comme des quotas ou la reprise de la ferme familiale."

Un autre domaine dans lequel les coopératives font parler d'elles : la fourniture de biomasse forestière, matière première servant au chauffage d'édifices municipaux, d'écoles et d'hôpitaux. "La loto éolienne en a déçu plus d'un. La biomasse est plus facile d'accès et demande moins de capital", commente Hélène Simard, pdg du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité.

C'est ainsi que la municipalité d'Amqui fait de la Coopérative forestière de la Matapédia son fournisseur de biomasse et gestionnaire de sa chaufferie municipale. "Cette coop dispose de la machinerie nécessaire pour la récolte de la biomasse, car cela fait naturellement partie de ses activités. Plus important encore, on a la certitude qu'avec elle, les retombées seront maximisées", affirme Antonin Michaud, commissaire industriel à la Ville d'Amqui.

"On veut garder nos entreprises. La Coopérative forestière de la Matapédia est formée de gens de la région et elle est moins susceptible qu'une entreprise privée de fermer ses portes ou de faire des licenciements en cas de difficultés économiques", dit-il.

L'aspect de la "patience financière plus grande" des coops convient aussi à la Coopérative des Paramédics du Grand-Portage. "Nous n'avons pas à répondre aux demandes d'actionnaires gourmands", note José Roy, président de cette coopérative d'ambulanciers de Rivière-du-Loup. "Les quelque 40 membres de la coop ne touchent jamais un pourcentage supérieur à 33 1/3 % des surplus. Nous n'avons aucune dette et nos ambulances sont achetées au comptant."

Les raisons invoquées : les membres versent 5 % de leur salaire brut à la capitalisation de la coop et, surtout, ils donnent généreusement de leur personne. "Quand on travaille pour soi, on trouve des façons de réduire les coûts et on s'investit davantage. En dehors de son travail de paramédical, chaque membre a des tâches supplémentaires, par exemple de s'occuper du bon état de la flotte et de son renouvellement."

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