Ukraine: les forces russes à proximité d'une importante centrale nucléaire

Publié le 28/02/2022 à 08:30, mis à jour le 28/02/2022 à 15:34

Ukraine: les forces russes à proximité d'une importante centrale nucléaire

Publié le 28/02/2022 à 08:30, mis à jour le 28/02/2022 à 15:34

Le président russe Vladimir Poutine a été suspendu de son statut de président honoraire et ambassadeur de la fédération. (Photo: 123RF)

Ce texte regroupe toutes les réactions depuis l'invasion de la Russie en Ukraine. Il sera mis à jour au courant de la journée. Pour retrouver toute notre couverture sur le conflit, c'est ici. 

 

15h33 | Les forces armées russes se trouvent à proximité de la plus grande centrale nucléaire d’Ukraine, a rapporté lundi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), réitérant sa «vive préoccupation» au cinquième jour de la guerre.

Pour l’heure, les six réacteurs du site de Zaporizhzhia (est) sont « en sécurité », selon les informations reçues par le gendarme onusien du nucléaire, régulièrement informé des développements sur le terrain par les autorités ukrainiennes.

Les troupes russes « opèrent près de la centrale », mais n’ont en pas pris le contrôle à ce stade, précise l’AIEA.

Son directeur général Rafael Grossi a une nouvelle fois mis en garde « contre toute action qui pourrait menacer la sécurité » des sites nucléaires du pays. 

Une réunion du Conseil des gouverneurs est prévue mercredi à Vienne, siège de l’agence, pour discuter des « risques réels » posés par le conflit.

L’Ukraine dispose de quatre centrales en activité, qui fournissent environ la moitié de l’électricité, et de plusieurs dépôts de déchets radioactifs, dont celui de Tchernobyl, lieu de la pire catastrophe nucléaire de l’histoire en 1986.

«Un accident pourrait avoir de graves conséquences pour la santé publique et l’environnement», a insisté Rafael Grossi, soulignant aussi « l’importance » que les équipes en place continuent de travailler normalement et «puissent se reposer».

Sur le site de Tchernobyl, tombé aux mains des Russes, le chef d’équipe n’a pas été remplacé depuis le 24 février, a noté l’Agence.

L’AIEA avait par ailleurs signalé dimanche deux incidents survenus dans des dépôts de déchets, dont l’un à Kiev touché par des missiles. «Il n’a toutefois pas été fait état de dommages au bâtiment ou d’émissions radioactives», avait indiqué l’instance onusienne.

 

 

Ankara — La Turquie a interdit le passage du Bosphore et du détroit des Dardanelles à tous les bâtiments de guerre, qu'ils soient de pays «riverains ou non de la mer Noire», a annoncé lundi soir le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu.

«Nous avons prévenu les pays riverains, ou pas de ne pas faire passer de navires de guerre par la mer Noire. (…) Nous appliquons à la lettre les dispositions de la Convention de Montreux», qui confie depuis 1936 à Ankara la gestion de ces deux voies maritimes, a indiqué le ministre.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait précisé juste auparavant la position de la Turquie, membre de l'OTAN: «N'abandonner ni la Russie ni l'Ukraine», et ne pas «céder non plus sur les intérêts nationaux» de la Turquie.

«Nous avons décidé d'utiliser la Convention de Montreux de manière à empêcher l’escalade de la crise», avait justifié le chef de l'État turc à l'issue de la réunion de son cabinet.

Kiev a demandé à Ankara au premier jour du conflit que la Turquie, son alliée, empêche le passage des bâtiments russes — ce qu'elle s'est refusée à faire.

Le traité de Montreux garantit la libre circulation sur ces deux voies, mais accorde à la Turquie (article 19) le droit de bloquer les navires de guerre dans le détroit en temps de conflit, sauf s'ils doivent regagner leurs bases et sauf si elle se sent menacée.

Ce texte s'applique non seulement aux belligérants, mais à tous, a prévenu lundi soir le ministre.

La Turquie navigue sur une voie étroite entre l'Ukraine, son alliée, à laquelle elle a vendu des drones de combats utilisés contre les chars russes, et la Russie dont elle dépend pour ses approvisionnements en gaz et en céréales notamment.

Le chef de l'État turc a cependant répété lundi qu'il considère «l’attaque de la Russie sur le territoire ukrainien comme inacceptable» et a «salué la lutte du gouvernement et du peuple ukrainiens».

Dans ce contexte, a-t-il ajouté sans toutefois citer la Russie, «le fait que les pays qui sont à l'origine du problème siègent dans les instances d'arbitrage aux Nations unies rend les choses inextricables».

La Russie présidait en février le Conseil de sécurité de l'ONU, dont elle est un des cinq membres permanents avec les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et la Chine. Cette dernière s'est abstenue la semaine dernière, refusant de voter la résolution dénonçant l'offensive de Moscou en Ukraine.

 

La France rend les trains gratuits pour les réfugiés ukrainiens

14h16 | Paris — La France va autoriser les réfugiés ukrainiens à circuler gratuitement à bord des trains longue distance, a annoncé lundi le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari. «Le drame qui frappe l'Ukraine nous touche tous.

Le groupe SNCF et les cheminots sont solidaires avec les réfugiés ukrainiens. Comme nos homologues européens, nous leur permettrons de circuler gratuitement en France à bord des TGV et Intercités», a confirmé le PDG du groupe public, Jean-Pierre Farandou, sur Twitter. La Pologne, l'Allemagne et l'Autriche, notamment, ont déjà pris de telles mesures.

Évoquant la situation en Ukraine, «il a été demandé notamment de sécuriser la route du sud, qui permet par exemple de rejoindre la Moldavie, pour que ceux qui veulent quitter Kiev puissent le faire en toute sécurité», a relevé Jean-Baptiste Djebbari.

 

Shell se retire de ses projets en Russie

14h14 | Londres — Le géant britannique des hydrocarbures Shell a annoncé lundi se séparer de ses parts dans plusieurs projets communs avec le groupe russe Gazprom en Russie, en raison de l'invasion russe en Ukraine, suivant l'exemple de son compatriote BP.

Comme ce dernier, Shell avait maintenu bon an mal an ces deux dernières décennies une présence en Russie malgré les tensions géopolitiques croissantes, essuyant parfois des revers, mais conservant des relations cordiales avec les autorités. Il avait ainsi investi dans le controversé gazoduc Nord Stream 2, dont il compte désormais se délester.

«Nous sommes choqués par les pertes de vies humaines en Ukraine, que nous déplorons, résultant d'un acte insensé d'agression militaire qui menace la sécurité européenne», a-t-il déclaré.

Au total, les parts de Shell valaient fin 2021 trois milliards de dollars américains et avaient généré un bénéfice ajusté de 700 M$ US l'an dernier. Leur cession aura un impact financier, conduisant à des dépréciations dans les comptes, a prévenu le groupe.

Ces parts comprenaient notamment la participation de 27,5% de l'entreprise dans le gigantesque projet gazier Sakhaline-2 dans l'Extrême-Orient russe, sur une île proche du Japon, où avait été ouverte la première unité de production de gaz naturel liquéfié en Russie.

Les autres projets concernés sont les gisements sibériens de Salym et Guydan, dans lesquels Shell détenait 50%.

Le groupe ajoute compter mettre fin à son investissement dans le gazoduc Nord Stream 2, construit, mais abandonné par l'Allemagne et sanctionné par les États-Unis. Il avait financé jusqu'à 10% des 9,5 milliards d'euros qu'avait coûté le projet.

 

Lactalis et Verallia suspendent temporairement des activités en Ukraine

14h05 | Paris — Les groupes français Lactalis et Verallia ont annoncé lundi suspendre temporairement des activités en Ukraine, face à l'invasion du pays par la Russie. Sur trois sites de production en Ukraine, le géant laitier Lactalis a indiqué avoir mis en arrêt celui de Mykolaïv (port du sud du pays) «en raison des zones de combat à proximité».

Par ailleurs, «l'activité sur nos sites de Shostka et Pavlograd est ralentie, ces sites ne recevant plus qu'un à trois camions de lait par jour», ajoute le groupe dans un communiqué. Selon Lactalis, 30 à 40% de la collecte sont assurés actuellement en Ukraine.

Le groupe a précisé qu'il relacerait les activités temporairement suspendues «dès que la livraison de lait reprendrait également», précise un porte-parole.

Lactalis redoute par ailleurs que «certaines pénuries», affectant notamment la soude dédiée aux nettoyages, puissent «compromettre» l'activité.

De son côté, le groupe d'emballages en verre Verallia a «décidé de suspendre temporairement sa production en Ukraine, tout en maintenant les deux fours de l'usine en température».

 

Manaco adopte les sanctions de l'UE

14h04 | Marseille — La Principauté de Monaco «a adopté et mis en œuvre sans délai» le gel des avoirs et les sanctions économiques de l'Union européenne contre la Russie, a annoncé lundi le cabinet du Prince Albert dans un communiqué.

«Conformément à ses engagements internationaux, la Principauté a adopté et mis en œuvre, sans délai, des procédures de gel de fonds et de sanctions économiques identiques à celles prises par la plupart des États européens», a-t-il indiqué dans une première déclaration officielle depuis le début de l'invasion russe en Ukraine jeudi.

Le prince «condamne fermement» cette invasion et «soutient les appels en faveur d’un cessez-le-feu immédiat», précise le communiqué.

La principauté considère «que les désaccords et les conflits doivent être résolus par la seule voie du dialogue et de la diplomatie», poursuit ce texte.

Monaco, deuxième État le plus petit du monde, accueille quelque 750 résidents russes. L'AS Monaco, l'équipe de Ligue 1 de football, est ainsi la propriété du Russe Dmitri Rybolovlev. De même l'actionnaire majoritaire et président de l'AS Monaco basketball, le club de ProA, est russe: Aleksej Fedoricsev a succédé fin janvier à la tête du club à l'Ukrainien Sergey Dyadechko, qui est désormais vice-président.

Monaco entretient de longue date des relations étroites avec la Russie, les premiers traités et accords commerciaux et politiques conclus entre l'Empire russe et la principauté datant du XIXe siècle. Au niveau culturel également, à l'image des ballets russes Diaghilev qui se sont établis à Monte-Carlo au début du XXe siècle.

 

À la page suivante, exclusion de la Russie du Mondial 2022.

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