3 questions sur l'épargne-retraite du soliste


Édition de Mars 2015

3 questions sur l'épargne-retraite du soliste


Édition de Mars 2015

Pour établir une solide stratégie d'épargne-retraite, un travailleur indépendant doit faire des choix cruciaux entre plusieurs options. Il doit donc se poser les bonnes questions, et surtout y apporter les bonnes réponses.

1. QUAND COMMENCER ?

Tôt ! «La plus grave erreur qu'un travailleur autonome puisse faire est de ne pas établir une stratégie d'épargne-retraite dès qu'il se lance à son compte, prévient Maud Salomon, conseillère en sécurité financière rattachée à Mica Capital. Ne pouvant compter sur les cotisations d'un employeur, il doit commencer tôt, et épargner plus.»

Combien de plus ? On entend souvent dire qu'un salarié devrait investir 10 % de son salaire annuel net dans sa retraite. Maud Salomon croit qu'un travailleur autonome a intérêt à viser plus haut, parfois jusqu'à 20, voire 25 % après impôt.

Les travailleurs autonomes ont tout intérêt à ne pas compter sur les régimes publics pour maintenir leur niveau de vie. La planificatrice financière et fiscaliste Josée Jeffrey, de Focus Retraite et Fiscalité, s'est livrée à un calcul rapide pour examiner la situation d'un travailleur de 35 ans dont le revenu net en 2014 serait de 52 500 dollars et qui souhaiterait disposer d'un revenu brut de 63 991 dollars à la retraite, qu'il prendra à 65 ans. Les régimes publics québécois et canadiens lui procureront 36 230 dollars. Pour combler la différence, il devra investir annuellement au moins 15 % de son revenu net d'entreprise, et espérer que le rendement ne chutera pas au-dessous de 4 %.

2. COTISER OU NON À LA RÉGIE DES RENTES DU QUÉBEC ?

Les salariés et ceux qui déclarent un revenu d'entreprise doivent cotiser à la Régie des rentes du Québec (RRQ). En retour, ils auront droit à une rente viagère indexée à leur retraite. En 2011, 256 000 travailleurs indépendants, soit 7 % des cotisants, contribuaient à ce régime de retraite public.

«Cotiser à ce régime coûte toutefois plus cher au travailleur autonome, puisqu'il doit aussi verser la part de l'employeur», rappelle Pierre Turgeon, porte-parole de la RRQ. Pour un revenu de 53 600 dollars (le revenu maximal pour lequel on doit cotiser en 2015), le travailleur autonome devra verser 5 260 dollars, par rapport à 2 630 dollars pour le salarié. La part de l'employeur (la moitié de la cotisation totale) est toutefois déductible du revenu imposable au provincial et au fédéral. Le fédéral accorde aussi un crédit d'impôt non remboursable calculé à partir de la «part de l'employé» de la cotisation.

Si vous avez incorporé vos activités et que vous vous versez des dividendes plutôt qu'un salaire, vous n'avez pas à cotiser à la RRQ. Bonne idée ? Pas nécessairement. Mathieu Huot, fiscaliste et planificateur financier à la Financière des professionnels, suggère de se verser en salaire au moins le montant qui donne droit à la cotisation maximale au Régime des rentes du Québec (53 600 dollars en 2015), de manière à s'assurer d'obtenir la rente. «L'idéal est de répartir les risques en contribuant à la RRQ, ainsi qu'à un REER et à un CELI», explique-t-il. Les fonds sont investis dans des instruments de placement différents, ce qui protège des mauvaises performances et répartit la charge fiscale.

3. REER OU RRI ?

Un travailleur incorporé qui gagne un revenu de plus de 75 000 dollars par an peut mettre sur pied un Régime de retraite individuel (RRI) par l'intermédiaire de sa société. Il s'agit d'un régime de pension à prestations déterminées - le montant de la rente est connu d'avance - dont les cotisations sont déductibles d'impôt. Le plafond de cotisation y est plus élevé que dans un REER, ce qui permet d'accumuler une épargne plus importante. Il s'agit toutefois d'un régime complexe, qui exige l'intervention d'un actuaire pour calculer les contributions requises pour garantir la rente. Cela occasionne des frais d'actuaire pouvant dépasser 2 500 dollars pour la mise en place du régime et de l'acte de fiducie, en plus de frais d'administration de 400 dollars par an et de 900 dollars aux trois ans pour l'évaluation actuarielle.

Nathalie Bachand, actuaire et planificatrice financière chez Bachand Lafleur, groupe conseil, cite l'exemple d'un actionnaire de société de 50 ans qui se verserait un salaire permettant de maximiser ses REER chaque année (en 2014, un tel salaire était de 138 500 dollars au minimum). S'il mettait en place un RRI, ses cotisations maximales déductibles d'impôt seraient beaucoup plus élevées que dans un REER. Contrairement aux contributions permises au REER, les cotisations permises au RRI augmentent en fonction de l'âge du participant. En règle générale, c'est vers 40 ans que les deux lignes se croisent. Ensuite, le RRI devient plus intéressant que le REER en ce qui a trait à vos droits de contribution. C'est donc une bonne idée de favoriser le REER en début de carrière, puis de passer au RRI vers 40 ou 45 ans. D'autant plus qu'on pourra transférer dans le RRI les sommes accumulées jusque-là dans son REER.

Cotisation maximale au REER et au RRI

2015

REER: 18 % du salaire (cotisation maximale : 24 930 $)

RRI: 22,52 % du salaire (cotisation maximale : 31 747 $)

2016

REER: 18 % du salaire (cotisation maximale : 25 370 $)

RRI: 22,95 % du salaire (cotisation maximale : 34 128 $)

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