O My Load: laver plus pour laver moins

Publié le 01/11/2023 à 12:00

O My Load: laver plus pour laver moins

Publié le 01/11/2023 à 12:00

Par Dominique Talbot

Jessica Lahaie et Sébastien Témoin cherchaient une solution pour laver moins. Et ils l’ont trouvée: laver plus, beaucoup plus. (Photos: courtoisie)

Pour tout l’automne, Les Affaires vous présente SOLUTION START-UP, une rubrique dédiée aux jeunes entreprises innovantes du Québec. Vous découvrirez des entreprises qui ont franchi l’étape de l’«accélération». C’est un rendez-vous chaque semaine, tous les mercredis à 12h.

SOLUTION START-UP. «Le lavage, c’est un peu comme les mauvaises herbes. Ça vous poursuit tout le temps.» Avec quatre enfants à la maison, Sébastien Témoin et Jessica Lahaie cherchaient une solution pour laver moins. Et ils l’ont trouvée: laver plus, beaucoup plus.

Ces deux anciens gestionnaires du milieu de la santé à l’horaire bien chargé, se sont dit que tant qu’à chercher une solution pour alléger leur charge mentale, aussi bien le faire pour tout le monde. Et ils se sont mis à penser à la solution qu’ils pouvaient apporter. 

C’est là qu’est née O my load, qui, dans les mots de Sébastien Témoin, est «un service d’entretien textile durable. On vient se substituer, remplacer la laveuse et le nettoyeur à sec. Vous êtes chez vous, vous téléchargez l’application, vous pouvez réserver nos services, on vient récupérer vos textiles [en camion électrique]. Ça, c’est vraiment le volet simplicité. On peut tout prendre.»

Une solution qui entre en concurrence directe avec l’industrie du nettoyage à sec, qui, selon les entrepreneurs, «est vieillissante». Et qu’ils ont voulu écologique. «En fouillant, on s’est rendu compte que l’industrie du nettoyage à sec n’était pas si propre que ça», dit Sébastien Témoin, qui rappelle que cette façon de faire utilise un solvant, le perchloroéthylène, qui pose des risques pour la santé. D’ailleurs, cet hydrocarbure halogéné est réglementé au Canada depuis 2003 dans ce secteur d’activité. 

Pascale Allaert, «meilleur ouvrier de France» en entretien textile (Photo: courtoisie)

«On voulait de la simplicité, de l’écologie. Et même si on n’y connaissait rien dans l’entretien textile, on voulait être au top. Alors on est allé chercher notre troisième actionnaire, Pascale Allaert.» Pourquoi elle? Parce que cette dernière est reconnue de l’autre côté de l’Atlantique comme «meilleur ouvrier de France» en entretien textile.

«Ce qu’on vient amener, c’est ce qu’on appelle l’aquanettoyage. On va injecter des lessives biodégradables en premier bain. L’eau pénètre la fibre. Mais ça prend plus de formation pour aller chercher un vêtement parfait. C’est pour ça qu’on est allé chercher Pascale», explique Sébastien Témoin. 

En plus de techniques de nettoyage qui excluent les solvants, O My load a importé d’Europe des machines qui filtrent 98% des 700 000 à 1 000 000 de microparticules de plastique qui se détachent des vêtements lors de chaque lessive, surtout du polyester, un dérivé du pétrole. 

«Et ça part dans le Saint-Laurent, qui est l’un des fleuves les plus pollués au monde en ce qui a trait à ces microplastiques», dit Sébastien Témoin. 

 

Grandes ambitions

O my load n’est en opération que depuis un mois, mais ses propriétaires voient grand. «On pense doubler le chiffre d’affaires chaque année pour les trois premières années», dit Sébastien Témoin.

En chiffres, cela se traduit par des revenus estimés de 300 000$ en 2024, de 600 000$ en 2025 et de 1M$ en 2026. 

Pour le moment, c’est avec les entreprises que la start-up réussit à faire tourner ses machines à plein régime. Surtout avec les petits hôtels, délaissés par les blanchisseries industrielles durant la pandémie de COVID-19. 

«Il y a un besoin dans ce milieu. Pendant la pandémie, beaucoup de blanchisseries se sont tournées vers le milieu hospitalier. La COVID-19 est passée mais elles y sont restées. […] Les petits hôtels ne sont pas bien servis par les plus grandes blanchisseries. Car ils sont trop petits. Alors que pour nous, ils sont gros», explique Sébastien Témoin.

Et dès le début de l’année 2024, d’autres contrats récemment signés entreront en vigueur. Notamment avec des bureaux d’avocats et d’autres secteurs, comme les assurances, qui ont décidé d’offrir le service à leurs employés. «[Par exemple] une compagnie d’assurances va commencer à utiliser nos services. Ils vont prendre 56 sacs par mois, car ils ont 56 employés. Donc ils vont offrir un sac de 20 livres (trois à quatre brassées) de lessive par mois à leurs employés.»

«C’est pour réduire leur charge mentale, mais aussi pour faire un effort environnemental. À la fin de l’année, on peut donner un bilan à nos clients. […] Chaque cinq brassées à la maison, c’est l’équivalent d’une carte bancaire qui est rejetée dans les eaux en raison des microparticules de plastique», rappelle-t-il

En se servant de l’application, les clients peuvent donc commander les services d’O my load, qui vient chercher les vêtements en camion électrique, pour ensuite les retourner lavés, séchés, pressés et pliés. Pour le moment, seulement le service aux entreprises est offert dans l’île de Montréal. Sur la Rive-Nord, où la jeune start-up à ses quartiers, à Boisbriand plus précisément, le service aux particuliers est aussi offert, en plus de celui aux entreprises. 

Et cette application mise au point par l’entreprise, en plus de passer des commandes, permet de suivre en temps réel l’heure d’arrivée de la personne responsable de la cueillette des vêtements et autres textiles. 

«C’était important pour nous, car on veut faire gagner du temps aux gens. On ne pouvait pas le reprendre en leur disant que nous serions là entre 8h et 14h. 

«Le temps des gens est extrêmement précieux pour moi. Je ne vais pas commencer à leur en enlever en faisant mes livraisons. […] Vous avez les prêts-à-manger, nous on arrive avec le prêt-à-ranger.»

Sur le même sujet

Ne sous-estimez pas la grande valeur des travailleurs expérimentés

Édition du 21 Février 2024 | Jenny Ouellette

EXPERTE INVITÉE. En ce 95e de «Les Affaires», il est temps de souligner un pilier crucial du Québec.

Restaurateurs, vous laissez de l'argent sur la table!

EXPERT INVITÉ. «C'est non seulement une question économique, c'est aussi une question d'expérience client.»

À la une

L'actif de la Caisse de dépôt et placement du Québec en hausse de 32 milliards de dollars

Mis à jour il y a 40 minutes | Dominique Talbot

Selon la direction, l’année 2023 a été marquée par une forte volatilité.

Charles Emond: «Si on investit uniquement dans les actifs verts, on ne pourra pas améliorer les actifs polluants.»

Édition du 24 Janvier 2024 | François Normand

Il partage sa vision et ses perspectives économiques en 2024, en incluant les occasions et les risques pour la CDPQ.

Le mandat de Charles Emond renouvelé pour cinq ans

07/02/2024 | Dominique Talbot

Le mandat prend effet aujourd’hui et se terminera le 6 février 2029.