Cargojet: tenter d'attraper un couteau qui tombe

Publié le 20/10/2023 à 11:30

Cargojet: tenter d'attraper un couteau qui tombe

Publié le 20/10/2023 à 11:30

Par Jean Gagnon
Un avion de Cargojet

La tendance à la baisse sur le titre de Cargojet dure depuis trois ans. (Photo: 123RF)

La BOUSSOLE BOURSIÈRE est une rubrique qui traite d’un événement marquant et de son effet sur le marché boursier en s’appuyant sur l’analyse d’experts. Cette analyse pourra être autant fondamentale que technique.


(Illustration: Camille Charbonneau)


Après avoir été un titre chouchou des investisseurs durant les 6 à 9 premiers mois après le début de la pandémie, l’action de Cargojet, une entreprise aérienne spécialisée dans les vols réguliers cargo basée à Mississauga, s’est engagée dans une tendance à la baisse qui dure depuis trois ans. Cette déroute a fait passer le cours de l’action de 240$ à 86$. Et celui-ci ne montre pour l’instant aucun signe de renversement.

En langage boursier, on dit qu’acheter un tel titre équivaut à tenter d’attraper un couteau qui tombe. Un exercice qui comporte évidemment certains dangers.

L’image que projette le graphique des fluctuations hebdomadaires du cours de l’action est sans équivoque, explique Monica Rizk, analyste technique senior pour les publications Phases & Cycles. Le titre se retrouve à nouveau sous sa moyenne mobile de 10 semaines (ligne noire), et chaque tentative de passer et de s’installer au-dessus de celle-ci depuis plus de 3 ans a été vaine. Sa moyenne mobile de 40 semaines (ligne grise) qui est le reflet de sa tendance à long terme s’est quant à elle inversée il y a plus de 2 ans, et elle chute rapidement depuis.

Conclusion: jamais depuis le 3e trimestre 2021 les investisseurs ne se sont présentés en nombre suffisant pour insuffler au titre un mouvement haussier valable. Pourquoi en serait-il autrement maintenant, se questionne l’analyste? D’autant plus qu’elle ne perçoit aucun niveau de support pouvant freiner la baisse du titre.

 

Le marché du transport de fret viendra-t-il à la rescousse?

Pourtant, on peut percevoir certains signes de stabilisation au niveau des marchés finaux du transporteur, fait valoir Cameron Doerksen, analyste à la Financière Banque Nationale. Entre autres, l’Association du transport aérien international (IATA) estimait que la demande mondiale pour le fret aérien était à la hausse de 1,5% au mois d’août comparativement à l’année dernière, soit la première hausse depuis février 2022.

Toutefois, la capacité des transporteurs était toujours en hausse de 12,2% sur l’année précédente, ce qui indique une offre nettement excédentaire, souligne l’analyste. Néanmoins, si les conditions des marchés se stabilisent, la chute du titre devrait être limitée à partir du niveau actuel, selon lui. On pourrait alors s’approcher d’un point d’inflexion positif du sentiment des investisseurs envers le titre et une reprise pourrait s’amorcer durant la première moitié de l’année 2024, croit-il.

Cameron Doerksen prévoit que les résultats des quelques prochains trimestres continueront d’être mitigés, ce qui justifie son opinion plutôt neutre à court terme sur le titre. Il réduit en conséquence ses prévisions de revenus et de bénéfices pour le reste de l’année 2023 et pour 2024 étant donné que les volumes de marchandises transportées pourraient être faibles pour encore un bon moment, selon lui.

Sur la base de certains multiples d’évaluation, le titre peut sembler bon marché. Il se négocie actuellement à 7 fois la valeur de l’entreprise sur le bénéfice avant intérêts, impôts et amortissement (BAIIA) de 2024. Cela se compare à une moyenne historique de 11,3 fois, note l’analyste. Malgré cela, ce multiple pour le titre du transporteur aérien canadien est légèrement supérieur à celui de ses concurrents qui est de 6,7 fois. Pour fin de comparaison, notons que celui de UPS est de 9,6 fois et celui de FedEx de 6,5 fois.

 

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