Le pétrole flambe après des coupes choc de production

Publié le 03/04/2023 à 09:02

Le pétrole flambe après des coupes choc de production

Publié le 03/04/2023 à 09:02

Par AFP

L’OPEP+ a pris note lundi des ajustements volontaires de la production de plusieurs grands pays exportateurs de pétrole, annoncés dimanche, à la suite d’une réunion par visioconférence du Comité ministériel conjoint de suivi (JMMC) du groupe. (Photo: Getty Images)

Les prix du pétrole ont bondi lundi au lendemain de l’annonce surprise par plusieurs grands pays exportateurs d’une réduction drastique dès mai de leur production, dans le but de faire remonter les cours après la récente chute.

Au total, huit des 23 membres de l’OPEP+, qui réunit l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses partenaires, sont concernés, avec au premier rang l’Arabie saoudite.

L’alliance a pris note lundi de ces « ajustements volontaires » de production, à l’issue d’une réunion technique par visioconférence (JMMC) prévue de longue date. À l’unisson de ses membres, elle a assuré qu’il s’agissait « d’une mesure de précaution visant à soutenir la stabilité du marché pétrolier ».

Mais pour les analystes, il s’agit surtout d’engranger « des revenus » supplémentaires, a commenté dans une note Jorge Leon, de Rystad Energy.

Ces coupes montrent que l’OPEP+ fera tout pour « défendre un prix plancher bien supérieur à 80 dollars le baril », dit-il, sans se soucier des critiques des États-Unis et autres pays consommateurs, inquiets de l’inflation galopante.

Les cours du brut sont en effet tombés en mars au plus bas en plus d’un an, « un niveau inacceptable pour les membres de l’OPEP+ », explique à l’AFP Ibrahim al-Ghitani, expert du marché pétrolier, basé aux Émirats.

Ils avaient subi le contrecoup de la crise bancaire aux États-Unis, qui a éloigné les investisseurs des matières premières et autres actifs à risque, plus volatils.

Réductions réelles 

Après cette action concertée des gros producteurs d’or noir, la réaction des marchés a été immédiate: les deux références mondiales ont décollé d’environ 8% en début de séance, renouant avec leur niveau d’avant les tumultes du secteur bancaire.

Vers 15 h GMT , le Brent de la mer du Nord, référence européenne du brut, grimpait de 5,31% à 84,13 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI, bondissait de 5,38% à 79,74 dollars le baril.

Des deux côtés de l’Atlantique, les cours étaient en bonne voie pour signer leurs plus fortes hausses quotidiennes depuis les envolées des premières semaines de l’invasion russe de l’Ukraine, en mars 2022.

L’Irak, l’Algérie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Oman, le Kazakhstan, le Koweït et le Gabon vont donc procéder à partir du mois prochain à d’importantes réductions, et ce jusqu’à fin 2023. Elles vont de 500 000 barils par jour (bpj) pour Riyad à 8000 bpj pour Libreville.

Moscou a pour sa part prolongé sa mesure de réduction de 500 000 bpj jusqu’à fin 2023.

Au total, le volume laissé sous terre sera « d’environ 1,66 million de barils quotidiens », a précisé l’OPEP+.

« La plupart des réductions seront effectuées par des pays qui produisent au niveau ou au-dessus des quotas » fixés, ce qui implique « des réductions réelles de l’offre » et un resserrement du marché, ont souligné les analystes de DNB.

D’autres pays pourraient également « annoncer leurs propres coupes s’ils le jugent (…) nécessaire », selon le vice-premier ministre chargé de l’Énergie Alexandre Novak, interrogé par la télévision russe Rossiya 24 

« C’est leur affaire »

Et contrairement aux mesures similaires prises par l’OPEP+ devant la pandémie ou les craintes de récession, cette fois la demande mondiale de pétrole augmente: la Chine, le pays le plus gourmand en or noir, rouvre son économie après avoir levé les restrictions sanitaires.

Cette annonce vient s’ajouter à ce qui avait déjà été décidé en octobre, à savoir une baisse du volume de deux millions de bpj. Il s’agissait alors de la plus importante réduction depuis l’émergence du Covid-19.

C’est un nouveau revers pour Washington, qui plaide pour une ouverture des robinets d’or noir afin de contenir les prix, estime Caroline Bain, de Capital Economics.

D’un point de vue géopolitique, ces réductions témoignent en outre « du soutien du groupe à la Russie », qui bénéficiera ainsi de meilleurs prix pour compenser l’impact des sanctions occidentales.

Le Kremlin a défendu lundi une décision prise « dans l’intérêt » du marché mondial, pour maintenir les cours « au bon niveau », selon le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

« Que les autres pays soient satisfaits ou pas, c’est leur affaire », a-t-il déclaré à la presse.

 

 

Sur le même sujet

Bourse: les gagnants et les perdants du 26 avril

Mis à jour le 26/04/2024 | LesAffaires.com et La Presse Canadienne

Voici les titres d'entreprises qui ont le plus marqué l'indice S&P/TSX aujourd'hui.

Les titres boursiers qui ont retenu l'attention cette semaine

26/04/2024 | Lesaffaires.com et Refinitiv

Voici les titres boursiers et rapports d'analystes qui ont retenu l'attention cette semaine.

À la une

Compétitivité: Biden pourrait aider nos entreprises

26/04/2024 | François Normand

ANALYSE. S'il est réélu, Biden veut porter le taux d'impôt des sociétés de 21 à 28%, alors qu'il est de 15% au Canada.

Et si les Américains changeaient d’avis?

26/04/2024 | John Plassard

EXPERT INVITÉ. Environ 4 électeurs sur 10 âgés de 18 à 34 ans déclarent qu’ils pourraient changer leur vote.

L’inflation rebondit en mars aux États-Unis

Mis à jour le 26/04/2024 | AFP

L’inflation est repartie à la hausse en mars aux États-Unis, à 2,7% sur un an contre 2,5% en février.