Bourse: toutes les occasions ne sont pas des achats

Publié le 21/01/2022 à 12:00

Bourse: toutes les occasions ne sont pas des achats

Publié le 21/01/2022 à 12:00

Un homme qui regarde un écran d'ordinateur

Même si l’on trouve un titre intéressant, il est encore loin d’être certain qu’on l’achète pour l’ajouter à nos portefeuilles sous gestion. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Une de mes grandes passions est de ratisser les marchés boursiers afin d’y trouver des occasions d’investissement. Il s’agit d’un travail de longue haleine souvent frustrant, mais combien valorisant lorsqu’on déniche enfin une belle occasion. En effet, dans un marché boursier bien évalué, il faut souvent analyser des centaines de titres potentiels avant d’en trouver un seul qui réponde à nos critères de sélection.

J’ai eu ce plaisir au cours des derniers jours. Après plusieurs semaines de recherche et des centaines d’heures de travail, j’ai enfin repéré un titre qui m'a semblé fort attrayant.

Or, même si l’on trouve un titre intéressant, il est encore loin d’être certain qu’on l’achète pour l’ajouter à nos portefeuilles sous gestion. Plusieurs facteurs sont à considérer avant de prendre cette décision. J’en partage quelques-uns avec vous:

 

- L’ajout du titre améliorerait-il la qualité et le potentiel de rendement de mon portefeuille?

Voilà, à mon avis, la question fondamentale à se poser lorsqu’on envisage l’acquisition d’un nouveau titre. Le titre en question devrait être sensiblement plus intéressant que le moins attrayant des titres du portefeuille existant. Si ce n’est pas le cas, mieux vaut ne rien faire.

 

- Est-ce que le titre ajoute à la diversification du portefeuille?

Dans le cas du titre identifié récemment, la société évolue dans la même industrie que l’une de nos sociétés en portefeuille. Considérant que notre portefeuille compte présentement 28 titres, en posséder deux dans le même secteur devient un enjeu au niveau de la diversification.

Idéalement, un nouveau titre devra être celui d’une société évoluant dans une industrie qui est absente du portefeuille existant.

 

- Le candidat peut-il remplacer un titre existant du portefeuille?

Il aurait été possible de vendre le titre du portefeuille pour nous permettre d’acheter le nouveau titre; nous y avons bien réfléchi.

 

Le hic est que le titre que nous aurions dû vendre fait partie du portefeuille depuis plusieurs années et a obtenu un fort rendement depuis qu’il a été acquis, ce qui implique des impôts à payer significatifs pour nombre de nos clients. À titre d’exemple, j’ai examiné le portefeuille d’un client spécifique afin de me faire une idée de l’enjeu des impôts. Pour ce client, le titre existant s’est apprécié de plus de 185% par rapport à sa valeur comptable (le titre est détenu dans un compte taxable); le vendre engendrerait un impôt sur gain réalisé substantiel.

De tels gains non réalisés et les impôts qu’ils impliquent ne sont pas nécessairement une raison pour ne pas vendre un titre existant, mais ils haussent sensiblement la barre au moment de le remplacer par un autre titre. Par exemple, dans notre évaluation du titre candidat, nous avons établi qu’il était sous-évalué d’un peu plus de 20% par le marché. Quant au titre existant, nous estimons qu’il est sous-évalué de près de 10%. Ces écarts de rendement justifient-ils une substitution?

Voyons voir en utilisant une base de 100$ pour les fins de calcul et un taux marginal d’imposition de 50%. La vente du titre existant aurait procuré un produit après impôt de près de 239$ (100$ investis au départ valent aujourd’hui 285$ [appréciation de 185 %] moins les impôts estimés de 46$ sur le gain de 185$ = 239$). En réinvestissant cette somme dans le nouveau titre et en obtenant le rendement espéré de 20%, on se retrouvera dans un an avec une valeur au marché de 287$ (incidemment, à peu près la valeur actuelle du titre existant). En revanche, si nous conservons nos actions du titre existant et qu’il obtient le rendement espéré de 10% au cours des 12 prochains mois, nous nous retrouverons avec une valeur de 313$.

J’ajouterais qu’il faut également tenir compte du fait que, en général, on connaît beaucoup mieux la société que l’on possède en portefeuille depuis plusieurs années que la nouvelle société convoitée. Au niveau de la prise de risque, il est souvent plus logique de conserver un titre que l’on connaît bien que d’acheter un nouveau titre moins bien connu.

Pour conclure, nous avons choisi de passer notre tour. Le titre candidat sera ajouté à notre liste de sociétés sous haute surveillance pour un achat potentiel dans le futur.

 

Philippe Le Blanc, CFA, MBA

Chef des placements chez COTE 100

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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