Communiquer en dessinant

Publié le 05/04/2013 à 00:00, mis à jour le 04/04/2013 à 15:20

Communiquer en dessinant

Publié le 05/04/2013 à 00:00, mis à jour le 04/04/2013 à 15:20

Par Premium

Vous avez l’impression de perdre votre temps à force de réunions décousues et de courriels fleuves ? Pour mettre un terme au brouhaha ambiant, rien de tel que les images.

Les courriels et les réunions accaparent en moyenne 60 % d’une journée de travail, et au moins un tiers de ce temps serait perdu. Alors, comment les entreprises peuvent-elles se prémunir contre la prolifération d’échanges improductifs ? Dans Blah Blah Blah: What To Do When Words Don’t Work (Penguin, novembre 2011), Dan ROAM propose de passer en mode de communication visuelle en associant des images aux mots. Cette forme de communication peut vous aider, même si vous détestez dessiner, à transmettre votre message plus efficacement et à mieux susciter l’adhésion à vos idées.###

Imprécisions, clichés, expressions à la mode, phrases toutes faites, jargon technique… La qualité la plus précieuse d’un écrivain est son « détecteur de blabla intégré », affirmait Ernest Hemingway. Un outil qui serait également précieux pour bon nombre de gestionnaires.

Pour tisser des liens et collaborer au-delà des frontières hiérarchiques, culturelles ou fonctionnelles, il faut des compétences solides en communication. Pour prendre plus de recul face aux informations reçues et envoyées, il est indispensable de savoir distinguer trois aspects de la communication : le message (la formulation du contenu), l’idée (le contenu essentiel du message), l’intention (l’effet désiré). En évaluant ces paramètres (voir le schéma du « Blabla-mètre »), un gestionnaire peut rapidement situer ses talents de communicateur sur une échelle qui va de l’excellent usage du discours, soit un message clair, vecteur d’une idée valide au service d’un effet juste, à un discours équivoque, soit un message trompeur, qui vise à empêcher ses destinataires de reconnaître une idée creuse, inutile ou nuisible. Cette évaluation est aussi le début d’une prise de conscience : bien souvent, les mots ne suffisent pas !

Cerner l’essentiel

Les mots s’articulent les uns aux autres par succession, dans des séquences qui admettent un début et une fin. Quant aux images, elles se présentent comme un tout simultané. Cette différence souligne l’importance de combiner la pensée verbale, qui autorise le détail, et la pensée visuelle, qui permet de cerner l’essentiel en un regard. Dan Roam insiste sur leur complémentarité : « Tant qu’elles sont dans un rapport d’équilibre, leur association permet de rendre compte du monde dans sa totalité ». Cependant, la communication visuelle est aujourd’hui sous-évaluée : dans la plupart des entreprises, seules les compétences verbales sont reconnues et valorisées. C’est ce qui explique que l’immense majorité des gestionnaires se concentrent presque exclusivement sur la qualité de leurs aptitudes verbales et négligent l’autre partie de l’équation communicationnelle : le cerveau visuel !

PASSER EN MODE DE COMMUNICATION VISUELLE

« Quand nous prononçons un mot, nous devrions dessiner une image ; quand nous entendons un mot, nous devrions voir une image », explique Dan Roam. Comment faire plus de place à la communication illustrée dans les échanges quotidiens ? Tout l’enjeu est de maîtriser quelques règles de « grammaire visuelle ».

• Apprendre les règles de la grammaire visuelle

Une idée peut être visualisée à l’aide d’un petit nombre d’éléments graphiques simples : il suffit pour cela de s’appuyer sur un ensemble de règles du langage visuel, comparables à celles de la syntaxe « classique ». Rassurez-vous, nul besoin d’être un expert pour le faire ! Dan Roam propose un récapitulatif qui permet d’établir rapidement les correspondances (voir le schéma « La grammaire visuelle »).

• Lutter contre ses croyances bloquantes

Une fois ces règles de base maîtrisées, il faut passer à la pratique. Un problème demeure : ni le système d’éducation, ni les entreprises ne valorisent la communication visuelle, et la plupart des gestionnaires doivent remettre en cause des croyances profondément ancrées :

• Croyance bloquante n° 1 : « Je ne sais pas dessiner ». La qualité artistique du dessin n’a aucune importance. Le but est de stimuler le cortex visuel en utilisant un symbole, quel qu’il soit, pour traduire une idée en images. « Des six composants de la grammaire visuelle, seuls les portraits peuvent être difficiles à dessiner, un simple mot encerclé fera l’affaire dans la plupart des cas. »

• Croyance bloquante n° 2 : « Certains concepts ne sont pas visuels ». Les idées développées en entreprise (concepts abstraits, sentiments intuitifs, arguments complexes…) ne se prêtent globalement pas à une traduction en image évidente. C’est justement là tout l’intérêt du dessin : la difficulté rencontrée pour élaborer une représentation graphique oblige à penser aux concepts d’une nouvelle manière, ce qui enrichit la compréhension et permet d’éliminer ou de clarifier les idées confuses.

MOBILISER SES ÉQUIPES EN IMAGES

« Ajouter des images aux mots permet d’amorcer la transition de l’idée abstraite à la pensée spécifique et concrète. Et donc de dépasser le stade du rêve pour passer à l’action. » Grâce à la combinaison des modes verbal et visuel, vos propres idées deviennent plus inspirantes et vous comprenez plus facilement celles des autres.

Soyons réalistes : les réunions interminables et les courriels fleuves ne disparaîtront pas pour autant. Remettre des images dans les échanges reste la meilleure solution pour mieux se faire entendre dans le brouhaha ambiant.

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