Diminution des bénéfices d'Hydro-Québec au 3T en raison de la réduction des exportations

Publié le 20/11/2023 à 11:19, mis à jour le 24/04/2024 à 10:55

Diminution des bénéfices d'Hydro-Québec au 3T en raison de la réduction des exportations

Publié le 20/11/2023 à 11:19, mis à jour le 24/04/2024 à 10:55

Par La Presse Canadienne

Pour les neuf premiers mois de l’année, Hydro−Québec affiche un bénéfice net de 3,05 milliards de dollars, une diminution de 554 M$ par rapport à l’an dernier. (Photo: La Presse Canadienne)

Le bénéfice net d’Hydro-Québec a fondu de plus de la moitié au troisième trimestre tandis que le temps sec a forcé la société d’État à réduire ses exportations.

Le bénéfice net d’Hydro-Québec atteint 363 millions de dollars (M$) au troisième trimestre, selon ses résultats publiés lundi. Il s’agit d’une diminution de 58% par rapport à la même période l’an dernier. 

Le volume de vente hors Québec a reculé de près de 64%, ou 6,8 térawattheures (TWh), pour s’établir à 4 TWh durant cette période, ce qui représente une occasion manquée de 557M$. 

Les conditions météorologiques ont été défavorables pour les grands réservoirs dans le nord du Québec. La couverture de neige était peu abondante à la fin de l’hiver, la crue printanière moins élevée que la normale et les précipitations estivales moins importantes dans la région.

Les difficultés de 2023 ne viennent pas de révéler un risque qu’Hydro-Québec puisse manquer d’électricité pour respecter ses grands contrats d’exportations avec New York et le Massachusetts, assure le chef de la direction financière, Jean-Hugues Lafleur, en conférence de presse.

Ce dernier a précisé que la société d’État prévoyait vendre environ 30 TWh annuellement hors Québec après l'entrée en vigueur des deux contrats. Avec les deux contrats qui représentent 20 TWh, cela procurerait une marge de manœuvre de 10 TWh pour les exportations sur le marché de gros. «On a vendu, sur les neuf premiers mois de l'année, 19 TWh. Donc, on aurait été en mesure de satisfaire à nos contrats», répond Jean-Hugues Lafleur.

Les réservoirs multiannuels d’Hydro-Québec lui permettent également de planifier sa production dans le temps en tenant compte des besoins énergétiques et des aléas de la météo, poursuit le dirigeant. «On planifie pour s'assurer qu'on va être capable de respecter nos engagements futurs, c'est toujours comme ça qu'on le fait: deux, trois ans d'avance. On a cet avantage-là.»

Il ajoute également qu’il ne manquera pas d’électricité au Québec. «En matière de gestion de risques, c'est quelque chose qu'on s'assure en tout temps, qu’il ne manquera pas d'énergie au Québec.»

À plus long terme, Hydro-Québec prévoit que les changements climatiques n’auront pas d’incidence défavorable durable sur l’hydraulicité. «Plus la température va se réchauffer, plus la température va être tempérée dans le nord du Québec, ce qui fait en sorte qu'il va y avoir plus d'apports d'eau, environ 10% de plus d'eau.»

«C'est malheureux, concède-t-il, mais les changements climatiques font en sorte qu'on devrait normalement bénéficier de plus, plus d'énergie.»

 

Une année 2022 exceptionnelle

Hydro-Québec a présenté les résultats 2023 sous un jour favorable, précisant que la comparaison se fait avec l’année 2022, une année «exceptionnelle».

Pour les neuf premiers mois de l’année 2023, Hydro-Québec affiche un bénéfice net de 3,05 milliards de dollars (G$), une diminution de 554M$ par rapport à l’an dernier.

L’année 2022 avait été marquée par un hiver froid. La société avait ainsi affiché un bénéfice net record pour la période comparable des neuf premiers mois de l’année. «Le bénéfice net des trois premiers trimestres a franchi 3G$ pour la deuxième fois seulement de l’histoire d’Hydro-Québec», nuance le chef des finances. 

Hydro-Québec précise également qu’elle a consacré 136M$ afin d’améliorer la qualité et la fiabilité du service au troisième trimestre. Ce montant atteint 436M$ depuis le début de l’année.

Au troisième trimestre, Hydro-Québec a émis pour 900M$ en obligation à un taux d’intérêt de 4,5 % à échéance en 2063. Malgré la hausse récente des taux d’intérêt sur les marchés mondiaux, le taux des nouvelles émissions reste inférieur à la moyenne des taux, soit «aux alentours de 5%», sur l’ensemble de la dette de la société d’État.

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