Malgré les mauvais chiffres de l’emploi de novembre, Biden assure que la reprise est «très forte»

Publié le 03/12/2021 à 10:47, mis à jour le 03/12/2021 à 13:14

Malgré les mauvais chiffres de l’emploi de novembre, Biden assure que la reprise est «très forte»

Publié le 03/12/2021 à 10:47, mis à jour le 03/12/2021 à 13:14

Par AFP

En novembre, les salaires moyens ont augmenté de 4,8% par rapport à il y a un an. (Photo: 123RF)

Washington — La reprise du marché du travail aux États-Unis est «très forte», a jugé vendredi Joe Biden, en dépit des créations d’emplois décevantes enregistrées en novembre et de l’arrivée du variant Omicron qui obscurcit les perspectives de la première économie du monde.

Le mois dernier, 210 000 emplois seulement ont été créés contre 525 000 attendus par les économistes. Les plus optimistes anticipaient même plus de 700 000 emplois créés.

«Les Américains sont de retour au travail et la reprise de l’emploi est très forte», a pourtant déclaré l’hôte de la Maison-Blanche.

Plusieurs secteurs ont enregistré des pertes d’emplois comme celui des ventes au détail, dont les magasins de vêtements (-18 000) ou le secteur automobile (-10 000), montre le rapport du département du Travail publié vendredi.

«L’emploi a augmenté de 18,5 millions de postes depuis avril 2020» quand l’activité économique paralysée par la pandémie de Covid-19 avait mis au chômage des millions de personnes, souligne le ministère dans un communiqué.

Mais il est toujours inférieur de 3,9 millions par rapport à son niveau de février 2020, ajoute-t-il.

La ministre du Commerce Gina Raimondo avait plus tôt tempéré ces mauvais chiffres sur CNBC, soulignant que « l’économie est fondamentalement solide » : «Les employeurs embauchent et les salariés réintègrent le marché du travail». 

«C’est le meilleur rapport (sur l’emploi) que nous ayons vu cette année », avait-elle même estimé, relevant que « plus de personnes sont dans la population active et les salaires sont en hausse». 

Les économistes s’attendaient à une reprise généralisée, en particulier pour le secteur des loisirs et de l’hôtellerie, qui a été le plus durement touché par la pandémie. 

 

Hausse des salaires et inflation

Mais ce dernier reste très dépendant de l’évolution de la pandémie et a finalement peu embauché le mois dernier (+23 000) quand les cas de Covid-19 ont rebondi.

Dans l’automobile, la grève des salariés du fabricant américain de tracteurs John Deere a pesé, aboutissant à la suppression de 10 000 emplois dans le secteur manufacturier qui seront de retour dans les chiffres de décembre puisque le conflit social est terminé.

L’un des problèmes affectant le marché du travail reste l’éducation et la garde des enfants. 

Les écoles restent pénalisées par le manque d’enseignants et de personnel périscolaire au point que certaines ont été contraintes de fermer plus tôt pendant les vacances de Thanksgiving. 

Le taux de chômage a néanmoins baissé et ce, plus que prévu, tombant à 4,2% (-0,4 point de pourcentage) essentiellement pour des raisons techniques puisque le mode de calcul est différent de celui des créations d’emplois. 

Joe Biden a, lui, mis en avant une plus grande participation au marché du travail.

La part des personnes travaillant ou cherchant du travail a en effet légèrement augmenté passant de 61,6% en octobre à 61,8% en novembre, suggérant que les augmentations de salaire commencent à attirer.

Le président américain a également pointé la baisse du chômage des minorités, en particulier des Afro-Américains, même si à 6,7%, il est encore très supérieur à celui des blancs (3,7%).

Son principal conseiller économique, Brian Deese, a renchéri sur Twitter, en avançant que le plan de sauvetage américain de l’administration Biden avait conduit « à la plus forte reprise de l’emploi de l’histoire moderne ».

En octobre, l’économie américaine avait semblé rebondir après un ralentissement estival causé par le variant Delta et des perturbations de la chaîne d’approvisionnement.

Désormais, le variant Omicron représente une nouvelle menace pour l’économie alors que les incertitudes sont grandes sur sa dangerosité réelle et son éventuelle résistance aux vaccins.

Quand bien même il provoquerait des symptômes modérés, une nouvelle vague de cas dans le pays freinerait la fréquentation des restaurants, des magasins ainsi que les voyages, ce qui pèserait sur la consommation, moteur historique de la croissance américaine.

La peur de tomber malade a en effet été un obstacle persistant à la reprise du marché du travail aux États-Unis. 

Face à la forte demande des consommateurs, les employeurs se heurtent depuis des mois à la pénurie de main-d’œuvre en particulier pour les métiers les plus exposés au public et au risque d’infection. Ils se sont ainsi résolus à augmenter les salaires, à accorder davantage de primes et avantages sociaux.

En novembre, les salaires moyens ont augmenté de 4,8% par rapport à il y a un an. Mais cette hausse des rémunérations ne compense pas celle des prix qui est supérieure.

«Les employés des hôtels et des restaurants ont vu leurs salaires grimper de 13% cette année», s’est toutefois félicité Joe Biden. 

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