Le manque de productivité nuit à votre entreprise

Publié le 28/09/2023 à 16:40

Le manque de productivité nuit à votre entreprise

Publié le 28/09/2023 à 16:40

Un trop grand nombre d’entreprises québécoises tardent encore à investir dans des technologies de pointe qui leur permettraient d’accroître leur efficacité. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Encouragés par les efforts du gouvernement et de plusieurs entreprises — pour entre autres remédier au problème de pénurie de main-d’œuvre —, plus de 145 000 immigrants sont venus s’installer au pays au cours des trois premiers mois de l’année, soit un nombre record pour un seul trimestre. Le gouvernement fédéral souhaite même accueillir 500 000 nouveaux arrivants par année au pays d’ici 2025, après en avoir reçu près de 440 000 en 2022. Au Québec, bon nombre d’employeurs et d’organismes de développement économique souhaitent aussi attirer plus d’immigrants pour augmenter leur bassin de travailleurs. Mais ce n’est pas la seule solution à leurs problèmes, alors que le manque de productivité nuit aussi grandement aux entreprises. 

Si la capacité d’accueil des immigrants fait régulièrement les manchettes, une chose est sûre: le Québec manque de travailleurs. Et, vieillissement oblige, la situation n’ira pas en s’améliorant. Les baby-boomers sont arrivés à l’âge de la retraite et quelque 65 000 personnes auront quitté le marché du travail cette année. Or, pour chaque personne qui part à la retraite, le Québec compte seulement sur 11 jeunes travailleurs sous la barre des 25 ans pour les remplacer, comparativement à 26 au début des années 1990. L’écart est immense. 

Mais la croissance à long terme des entreprises, et par conséquent celle de l’économie québécoise, ne doit pas dépendre seulement de l’afflux de nouveaux arrivants qui augmentent la main-d’œuvre disponible. Elle repose aussi principalement sur des gains de productivité, ce que les entreprises d’ici ont encore et toujours tendance à négliger.

 

Un retard à combler

Dans le contexte actuel, il devient en effet de plus en plus important et urgent pour les entreprises de se lancer dans des projets d’automatisation et de robotisation afin d’augmenter encore plus leur efficacité. Ce faisant, elles réduiront par le fait même leur besoin en main-d’œuvre. 

L’amélioration de la productivité, rappelons-le, ne s’obtient pas en travaillant plus, mais plutôt en travaillant mieux et plus intelligemment. C’est en offrant à ses employés de meilleurs processus et équipements de travail qu’une entreprise améliore grandement l’ensemble de ses opérations et son efficacité. Plusieurs entreprises québécoises ont même réussi à développer de nouveaux produits ou services, voire à accéder à de nouveaux marchés, grâce à l’amélioration de leur productivité. 

Pourtant, malgré ce constat, un trop grand nombre d’entreprises québécoises tardent encore à investir dans des technologies de pointe qui leur permettraient d’accroître leur efficacité. Voilà pourquoi l’économie québécoise et canadienne est toujours à la traîne en matière de productivité, comparativement aux États-Unis et aux autres pays membres de l’OCDE. Pire: non seulement le Québec accuse-t-il depuis très longtemps un retard par rapport aux autres économies avancées, mais cet écart se creuse encore davantage de jour en jour. 

La situation est entre autres attribuable au fait que pendant de très nombreuses années, les entreprises d’ici ont pu compter sur une main-d’œuvre abondante et à bon marché. Leurs dirigeants ne voyaient donc pas la nécessité ni l’urgence d’investir dans la transformation numérique de leur entreprise. Or, le manque de travailleurs devrait maintenant les inciter à faire ce virage…

 

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À propos de ce blogue

Pierre Cléroux est vice-président à la recherche et économiste en chef de la Banque de développement du Canada.

Pierre Cléroux

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