Options d'achat couvertes: une stratégie habituellement prudente

Publié le 16/06/2023 à 11:20

Options d'achat couvertes: une stratégie habituellement prudente

Publié le 16/06/2023 à 11:20

Un investisseurs qui analyse un graphique

Plusieurs investisseurs individuels ignorent les particularités et risques liés à l'utilisation des options d’achat couvertes. (Photo: 123RF)

EXPERT INVITÉ. Au Canada particulièrement, l’utilisation des options d’achat couvertes (Covered call) est une stratégie populaire utilisée par de nombreux investisseurs afin de générer des revenus supplémentaires tout en limitant la volatilité de l’investissement. Malheureusement, plusieurs investisseurs individuels ignorent les particularités et risques de cette approche. Tentons d’y voir un peu plus clair.

Cette stratégie particulière combine l’achat d’actions et la vente simultanée d’options d’achat sur une partie de ces mêmes actions. Par exemple, un investisseur pourrait acheter des actions d’une entreprise et vendre des options d’achat sur ces mêmes actions, récoltant au passage une prime. La vente d’options d’achat accorde à l’acheteur externe le droit et non l’obligation d’acheter les actions à un prix déterminé pour une certaine période. Dans un environnement idéal, l’investisseur conserve la détention des actions et fait un profit supplémentaire avec la prime des options qu’il a vendues. Il y a donc création de revenus réguliers additionnels qui permettent de diminuer la volatilité de l’investissement.

Ainsi, la raison principale pour laquelle un investisseur pourrait être intéressé par cette approche est la réduction du risque. En effet, dans un marché baissier ou stable, l’option d’achat ne sera pas exercée et la prime devient alors du revenu additionnel. Il est donc intéressant de constater que c’est lorsque les marchés sont peu intéressants et même moribonds que cette stratégie est optimale.

Malheureusement, comme on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre en finance, cette stratégie limite le gain lors d’une hausse importante du prix de l’action. En effet, dans ce genre de situation, l’acheteur de l’option exercera celle-ci et l’investisseur sera alors dans l’obligation de vendre ses actions au prix d’exercice. Il y a donc renonciation d’une partie du gain potentiel. Ce qui n’est évidemment pas idéal si on s’attend à une forte appréciation du prix futur de l’actif sous-jacent.

Le Canada est une terre propice à cette approche puisque les principaux secteurs économiques sur nos marchés financiers sont les banques et les entreprises de services à la collectivité, historiquement stables en termes de variation de prix. Il s’est donc développé une offre de produits intéressante, notamment des fonds communs et fonds négociés en Bourse appliquant cette approche. Certains des plus importants sont:

 

• FNB Catégorie Revenu d'options d'achat couvertes sur banques canadiennes CI (CIC, 10,61$)

• Fonds d'actions canadiennes à faible volatilité QUBE RBC

• FNB BMO vente d’options d’achat couvertes de banques canadiennes (ZWB, 17,55$)

 

La période actuelle de taux d’intérêts plus élevés a un impact non négligeable sur la stratégie de vente d’options d’achat couvertes. En premier lieu, le prix de la prime est influencé par le taux d’intérêts prévu durant la période d’exercice. Ainsi, plus ce taux est élevé, plus la prime sera faible, ce qui a un impact négatif direct sur le revenu additionnel espéré par l’investisseur. Deuxièmement, si les taux sont élevés, ces investisseurs ont d’autres options disponibles pour générer le revenu additionnel espéré, sans nécessairement devoir renoncer à une portion de la hausse de l’action.

En fait, quoique relativement intrigante d’un point de vue théorique, cette stratégie n’est pas particulièrement intéressante dans l’environnement actuel. L’investisseur individuel ne devrait pas se laisser leurrer par le revenu additionnel qui est généré mensuellement mais bien par le rendement total à long terme de l’actif. De notre côté, nous évitons ce type de produit et ne le recommandons pas.

 

Blogues similaires

Encore trop tôt pour sauter dans l’arène

Édition du 14 Juin 2023 | Dominique Beauchamp

ANALYSE. Les banques canadiennes pourraient rester sur le banc des pénalités quelque temps encore.

Banque du Canada: jusqu'à cinq baisses de taux d'ici juin 2025

14/06/2024 | Denis Lalonde

BALADO. Les données américaines sur l’inflation pourraient conforter la Banque du Canada dans ses baisses de taux.

L'éloge de la lenteur

14/06/2024 | Philippe Leblanc

EXPERT INVITÉ. Même si on prend des vacances, nos sociétés n’arrêtent pas de travailler pour nous.