Six Cinquième: construire des portes pour ceux qui suivront

Publié le 25/08/2023 à 16:10

Six Cinquième: construire des portes pour ceux qui suivront

Publié le 25/08/2023 à 16:10

Par Jade Trudelle

Ash Phillips et Miro Laflaga ont fondé l’agence Six Cinquième en 2020 (photo: Lian Benoit).

L’agence de consultation de marques Six Cinquième travaille avec des entreprises de renom au Québec, mais aussi à Hollywood.

Fondé en 2020 par Ash Phillips et de Miro Laflaga, un couple aussi bien en affaires dans la vie, cette PME a pour mission de créer un milieu propice pour l’épanouissement des noirs dans une industrie dans laquelle ils ne se sentaient pas vraiment à leur place.

 

«On travaille avec des organismes, des compagnies et des entrepreneurs puis on les aide à définir leur vision», affirme la cofondatrice, Ash Phillips.  

  

«Plus précisément, on tente d'identifier la vision de leur entreprise pour la communiquer. À l’interne, c’est plus la stratégie et l’alignement des équipes. Puis à l’externe, c’est la communication visuelle et le design», décrit-elle.


 

Anciennement pigistes dans le domaine de la direction artistique et du design, ils ont eu la chance de rencontrer des créateurs vraiment talentueux. Toutefois, ils n’ont jamais poursuivi ça comme carrière parce qu’ils n’ont jamais senti une représentation de la communauté noire dans ce domaine à Montréal, explique le cofondateur, Miro Laflaga.  

  

«Avec Six Cinquième, on veut donner une opportunité à d’autres Noirs de travailler sur des projets fun, même si c’est leur première fois», ajoute-t-il.  


 

Des projets d’envergure

   

Leur projet le plus notoire reste la collaboration avec l’entreprise Westbrook, fondée en autres par le comédien américain Will Smith et sa femme Jada Pinket Smith. 

 

Après une publication dans le magazine américain «Adweek» en 2021, l’entreprise a été remarquée par ces géants d’Hollywood. «Ils voulaient une perspective globale, mentionne Miro Laflaga. C’est là qu’ils ont vu le travail, qu’est-ce qu’on fait. Ils ont entendu parler de nous et ils nous ont contactés pour parler du projet», explique l’entrepreneur. 

 

La boite de cinéma californienne à l’origine des films «King Richard» et «Red Table Talks» a revampé son image de marque grâce à la PME montréalaise. Un projet d’envergure mondiale pour le duo créatif.  


 

Être un modèle, à Montréal, mais aussi à l’étranger 

 

Six Cinquième a récemment collaboré avec Le Centre pour les Canadien.ne.s afro-descendant.e.s pour aligner leur vison. Les deux créateurs ont travaillé pour concevoir une identité de marque à cette institution de la communauté noire afin de lui redonner confiance. Un projet qualifié de «vraiment cool» par Ash Phillips en raison du patrimoine historique de cette organisation. 

 

L’entreprise souhaite également croitre davantage aux États-Unis et percer ailleurs à l’étranger. D’ailleurs, les deux dirigeants participeront en septembre à titre de conférenciers à l’événement TechBBQ au Danemark. 

 

Les entrepreneurs souhaitent montrer qu’il y a quelque chose de spécial à Montréal. «La créativité vient de ton expérience vécue, précise Ash Phillips. En tant que Montréalais, on vit tellement dans la diversité que ça rajoute de la valeur à notre créativité et à nos idées». 

 

Selon le duo, cette valeur, qui ne se retrouve pas nécessairement aux États-Unis, constitue un attrait pour des clients qui viennent de l’extérieur du Québec ou du Canada. 


 

Une banque à l’écoute de la réalité 

 

Victime de stigmatisations dans le milieu bancaire auprès des personnes racisées dans le passé, Six Cinquième s’est tournée vers la Banque de Montréal (BMO) et son programme pour les entrepreneurs noirs pour se financer.

«Auparavant, j’étais avec une autre banque et j’avais beaucoup de difficultés, même quand je faisais des dépôts pour des montants. La façon dans laquelle ils interagissaient avec moi, ce n’était pas vraiment cool. Avec BMO, c’est plus ouvert. Ils me traitent vraiment comme une personne», raconte Miro Laflaga. 

Grâce à ce programme de la BMO, la PME a réussi à obtenir une marge de crédit.  «Ce n’était même pas une option avant en raison de la spécificité de notre entreprise, qui était totalement autofinancée», précise-t-elle.

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